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LE FIEF SAINT-DENYS

Le 12 mai 1679, le gouverneur de Frontenac et l'intendant Dnchesneau concédaient à Nicolas Juchereau de Saint-Denys, pour et au nom de Joseph Juchereau son fils, âgé de six ans, à titre de fief et seigneurie, avec haute, moyenne et basse justice, les terres qui sont le long du fleuve Saint-Laurent du côté du sud, entre celles des sieurs de la Durantaye (Kamouraska) et de la Bouteillerie (Rivière-Ouelle), contenant une

, (1) Voyea page 149.

lîeue de front ou environ avec quatre lieues de profondeur. (1)

Cette concession fut ratifiée par le Roi Tannée suivante.

Joseph Juchereau mourut sans s'être marié le 11 novembre 1694, et le fief Saint-Denys resta à sa mëre

A la mort de cette dernière, en 1714, il passa entre les mains de son petit-fils, Joseph-Charles Juchereau de Saint-Denys, qui alla s'établir à Saint-Domingue et devint membre du Conseil Supérieur de cette colonie. 11 en était encore le propriétaire en 1743. Le 23 septembre de cette année, l'intendant Hocquart condamne tous ses censitaires à lui exhiber leurs titres pardevant M. Boucault de Godefus, notaire.

C'est de lui que Antoine-Juchereau Dachesnay acquit le fief SaintrDenys.

A sa mort, le 12 juin 1772, le fief Saint-Denys passa à ses deux fih Antoine et Marie-Eustache. Ce dernier, par acte de cession consenti le 8 avril 1775 devant Mtre Philippe-Emilien Pélisson, à Chambly (France), céda ses droits à son frëre pour la somme de douze mille livres.

Le 16 décembre 1806, par la mort de l'honorable Antoine Juchereau Duchesnay, le fief et seigneurie de Saint-Denys se trouva divisé comme suit : 1^5 au docteur François Blanchet, époux de Catherine-Henry Juchereau Duchesnay ; l25 au chevalier Jean- Baptiste Juchereau Duchesnay ; 1^5 à l'honorable Gabriel- Elzéar Taschereau, époux de Louise-Françoise Juchereau Duchesnay ; 1}5 à Michel-Louis Juchereau Duchesnay ; et enfin Ijô à Antoine-Louis Juchereau Duchesnay.

En 1809, le docteur Blanchet avait acheté Us parts des quatre autres héritiers, de sorte qu'il se trouvait le seul propriétaire du fief Saint-Denys.

Le docteur Blanchet mourut à Québee le 24 juin 1830. Par son testament fait la veille devant Mtre C.

(1) Insinuations du Conseil Supérieur^ Cahier B., folio 36»

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D. Planté il léguait ses biens à ses quatre enfants, savoir : 1. Catherine-Henriette (Mme Chaffei-s) avec substitution î\ ses enfants ; 2. Françoise-Julie-IIerraine (Mme Iludon) ; 3. Françoîse-Hélène-Fanny (Mme Poulin) ; 4. Antoine-Fmnçois- Denis Blanchet.

En septembre 18il, les 4^5 du fief Saint-Denys furent vendus par le shérif de' Québec, en vertu d'un bref émané à Québec, le 8 mai 1831, à la poursuite de D. Taylor and sons, de Londres, pharmaciens, contre les biens do Catherine- Henry Juchereau Duchesnay, veuve ÎBlanchet. Celle-ci racheta.

Le docteur Antoine- François-Denis Blanchet mourut célibataire le 19 novembre 1845. Par son testament reçu le 13 dii même mois par Mtre Defoy il donnait Tueufruit de ses biens à Mme Poulin, sa sœur, pour à sa mort la propriété être divisée entre les enfants de ses deux sœurs Mmes Poulin et Hudon, et Mlle Henriette Chaffers, sa nièce. Lors de sa mort M. Blanchet était propriétaire indivis de la moitié du fief Paint-Denys, et Mmes Poulin, Hudon et Mlle Chafters étaient propriétaires indivis pour chacune un tiers de Vautre moitié.

Par la mort du docteur Blanchet, donc,Mme Ptmlin se trouva usufruitière de la moitié du fief sa vie durant et l'autre moitié se divisa entre elle-même, Mmo Hudon et Mlle Chaffers (plus tard Mme Lévy). Il en fut ainsi de 1845 jusqu'à la mort de Mme Hudon décédée intestat à la Kivière-du-IiOup le 9 février 18t52. Sa part, c'est-à-dire le 1/6 indivis, passa alors à ses enfants: Ernest Hudon, Emile IJudon, Denis Hudon, Horace Hudon, Juliana Hudon. Cette dernière mariée à M. Bertrand et M. l'abbé Ernest Hudon seuls ont gardé leurs parts.

Mme Poulin est décédée à Rimouski le 2 septembre 1883 léguant le l^B dont elle était propriétaire à ses deux fils, Denis Poulin (maintenant décédé et représenté par sa seule enfant Françoise Poulin) et Alphonse Poulin (également décédé et représenté par sa veuve).

Par la mort de Mme Poulin, la demie indivise dont elle jouissait s'est divisie entre les cinq héritiers Hudon, Mme L^vy, et ses deux fils, et Denis et Alphonse Poulin. Mme Lévy est décédée à Montréal le 20 novembre 1900. nommant son fils, M. H. E. Lévy, son exécuteur testamentaire.

lies propriétaires actuels du fief Saint-Denys sont : M. II. E. Lévy, es-qualité, pour 1^6 ; Mme Alphonse Poulin, pour 1^12 et^l 16 ; Mlle Françoise Poulin, pour I2I2 et I2I6 ; Mme Bertrand, pour 1^30 et Ijlô ; M. l'abbé Ernest Iludon, pour 1/30 et 1;16; le séminaire de Québec, pour SjSO et 3^16.

LA SEIGNEURFE DE GAUDARVILLE (1)

Le 8 février 1652, Jean de Lauzon, gouverneur de la Nouvelle-France, concédait à son fils, Louis* de Lauzon, déjà seigneur de la Citiëre et de Lauzon, l'espace compris entre les bornes suivantes : au sud, le chemin qui va de Québec au Ciip Rouge ; à l'est, Sillery ; et à l'ouest, la rivière du Cap Rouge. Cette concession avait environ 45 arpents do front sur quatre lieues de profondeur.

Le chemin de Québec au Cap Rouge séparait la nouvelle concession des fermes déjà exploitées par Antoine Martin dit Montpellier, Nicolas Chaîgncau, Pierre Qareman, François Boulé, Riné Mézeré, Charles Gtiutier dit Boisverdour, Guillaume Boisset, Pierre Gallet, Jacques Archambault, Nicolas Pinel et Etienne Dumetz. Le 15 novembre 1653, toutes ces terres étaient annexées à la concession do M. de Lauzon.

Parmi les motifs de ces vastes concessions, les actes font mention de la volonté bien arrêtée du dit Louis de Lauzon " de s'habituer en la Nouvelle-France et de faire défricher, déserter et ensuite habiter le plus de familles qu'il lui serait possible afin de peupler cette vaste province, et de la fortifier contre ceux qui la

(1) Voyez page 215.

voudraient attaquer, aussi la résolution du dit seigneur de Qaudarville de construire quelques redoutes pour défendre ces lieux exposés, par l'éloigneraent de tout secours, aux irruptions des Iroquois et menacés d'un abandon complet par la tnortou la captivité de quelques-uns de ceux qui s'y étaient établis et la désertion des autres. "

Louis de Lauzon donna à son fief le nom de Qaudarville en mémoire de sa mère Marie Gaudard.

Le premier seigneur de Gaudarville épousa, le 5 octobre 1655, Marie-Catherine Nau, fille de feu Jacques Nau de Fossembault et de Catherine Granger. Il périt en 1659, en revenant en canot de l'île d'Orléans. Il avait eu deux enfants mais ils moururent au berceau. Sa veuve, deux mois et demi après sa fin tragique^ épousa Jean-Baptiste Peuvret du Mesnu, qui devint plus tard greflier en chef du Conseil Souverain.

Ija succession de Louis de Lançon était restée grevée d'une rente de quatre cents livres en faveur de Marie-Catherine Nau. Pour s'en libérer, Charles de Lauzon-Charny céda à celle-ci, le 6 février 1662, le fief de Champigny dans l'île d'Orléans, dix arpents de terre sur le ('ap aux Diamants, et la seigneurie de Gaudarville.

Peuvret du Mesnu eut cinq enfants : Denis, mort au berceau ; Claude- Armand, qui se noya en 1686 ; Marie- Catherine mariée en 1683 à Ignace Juchereau Duchesnay ; Jeanne et Alexandre, qui se maria à Geneviève Bouteville, puis à Marie-Anne Gauthier.

Alexandre Peuvret du Mesnu, successeur de son père décédé greffier en chef du Conseil Souverain, hérita des deux tiers de la seigneurie de Gaudarville et acquit en 1701, l'autre tiers qui était échu à sa sœur, Marie-Catherine Peuvret, épouse d'Ignace Juchereau Duchesnay, seigneur de Beauport.

Du second mariage de Alexandre Peuvret du Mesnu naquirent deux enfants, Marie- Anne et Alexandre- Joseph. Ils héritèrent de la seigneurie de Gaudarville,

Alexandre-Joseph pour les 223, et Marie-Anne pour Tautre l^S.

Alexandre-Joseph Peuvret du Mesnu alla s'ëtahlir à Saint-Domingue. Il y mourut avant 1731, et la seigneurie do Gaudarville devint en entier la propriété do sa sœur.

On ignore la date de la mort de Marie- Anne Peuvret du Mesnu. Les archives de Beauport où elle demeurait sont muettes à son sujet. Elle était décédée en 1767, puisque, à cette date, Antoine Juchereau Duchesnay, fils d'Ignace Juchereau Duchesnay et de Marie- Catherine Peuvret du Mesnu, était seigneur de Gaudarville.

A la mort de celui-ci, en 1772, la seigneurie de Gaudarville passa à ses deux fils, Antoine et Marie-Eustache. Celui-ci, le 8 avril 1775, abandonna tous ses droits à son frère qui se trouva le seul propriétaire de Gaudarville.

Par son testament fait à Beauport, le 24 décembre 1802,rhonorable Antoine Juchereau Duchesnay légua sa seigneurie de Gaudarville à son fils Michel-Louis.

Michel-Louis Juchereau Duchesnay mourut le 17 août 1838, laissant Gaudarville à son fils aîné Thonorable Edouard-Louis- Antoine-Charles Juchereau Duchesnay.

A la mort de ce dernier arrivée le 10 septembre 1886, la seigneurie de Gaudarville passa à son fils, Arthur Juchereau Duchesnay, le seigneur actuel. (1)

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