L\ SEIGNEJRIE DE MAUR OU SAINT- AUGUSTIN
Le 18 septembre 1647, le gouverneur de Montmagny concédait à Jean Jueher^aii, sieur de Maur, ** cinquante arpents de terres situées le long du fleuve Saint-Laurent, proche Québec. " C'est la eeigneurie de Maur ou Saint- Augustin. La Compagnie de la Nouvelle-France ratifia cette concession le 29 mars 1649. Juchereau de Maur fut mis en possession de sa seigneurie par le gouverneur d'Ailleboust, le 9 avril 1660. (2)
Jean Juchereau, sieur de Maur, mourut à Beauport le 7 février 1672.
Jean Juchereau de Maur, sieur delà Ferté, son fils aîné, hérita de la seigneurie de Maur ou Saint- Augustin. Il mourut le 16 novembre 1685. Il laissa sa seigneurie à f-on fils I^aul-Augustin Juchereau de Maur. Celui ci périt dans Tautomnje de 1714, dans le i.aufrage du Saivt-Jérome sur l'île de Sable.
Il ne s'était pas marié et légua ses biens, y compris la seigneurie de Maur, à son neveu François Aubert, sieur de Maur et do Mille- Vaches. Ce dernier fut le quatrième propriétaire de la seigneurie de Maur.
François Aubert, bieur do Maur et de Mille- Vache?, fut comme son père conseiller au Conseil Souverain. Il périt dans le naufrage du Chameau^ sur l'île Royale y Cap Breton ) , dans la nuit du 27 au 28 août 1725.
Le i2 septembre 1734, la seigneurie de Maur ou Saint-Augustin était adjugée pour le prix de 19,000 livres aux religieuses de l'Hôtet-DieU; de Québec, qui l'avaient saisie sur dame Marie-Thérèse Gayon de la Lande, veuve de François^Aubert, au nom et comme mère et tutrice de Pititte-François Aubert, son fils mineur, héritier. Il était dû, sur cette propriété, plus de 10,000 livres aux religieuses de TIIÔtel-Dieu, qui
(1) Voyez page 15.
(2) On a écrit do Maur, de Maui'e, Des Maures, de Morct Maur est la véritable orlhographo,
sa
étaient créancièree privilégiées. Par la sentence iVealjudi cation, elles étaient obligées de payer la balance d;: prix d'achat aux héritiers du premier seigneur, Jean Juchereau, sieur de Maur.
De ce jour, la seigneurie de Maur ou Saint- Auguàtin prit le nom de Seigneurie des pauvres. Les religieuses de l'Hôtel-Dieu adressèrent, peu après leur acquisition, une supplique à Sa Majesté la priant de leur faire remise, en faveur des pauvres, des droits revenant à lr« couronne. Le roi accéda à cette demande par son brevet du 21 mars 1735.
L'Hôtel-Dieu de Québec garda la seigneurie de Maur ou Saint-Augustin (Seigneurie des pauvres) pendant 134 ans. La loi seigneuriale qui abolisiait les lods et ventes en les remplaçant par une indemnité payée par le gouvernement, en^gea les dames del'IIôtel-Dieu à vendre leur seigneurie. M. J.-Docile Brousseau s'en porta acquéreur, le 8 avril 1868, pour la somme de $4000. M. Brousseau avait déjà acheté, le 8 mai 1860, le moulin banal pour la somme de $2,200.
La seigneurie de Maur ou Saint- Augustin est, depuis le 14 mai 1887, la propriété de M. Arthur Juchereau Duchesnay, descendant direct du premier seigneur Jean Juchereau, sieur de Itfaur. Il est le septième seigneur de Maur ou Saint-Augustin.