AULNAIES
( Qrakdb-Ansb )
- Le 1er avril 1656,1e gouverneur de Lauzon concédait à Nicolas Juchereau, écuyer, sienr de Saint-Denys, trois lieues de front sur le fleuve Saint-Laurent, du côté du sud, au lieu appelé par les Sauvages Eamouraska, à prendre les dites trois lieues de front à commencer une lieue au-dessus de la pointe du sud-ouest en montant et deux lieues en descendant au nord-est, et deux lieues de profondeur dans les terres avec toutes les îles etbattures qui se rencontrent vis-à-vis de la dite étendue. (2}
En 1765, Antoine Juchereau Duchesnay, seigneur de Beauport, était propriétaire de la seigneurie de Saint-Roch des Aulnaies ou de la Grande Anse.
Elle passa ensuite à son fils.
Par son testament olographe faH à Beauport le 24 décembre 1802, l'honorable Antoine Juchereau Duchesnay donnait la seigneurie de Saint-Roch des Aulnaies a son fils, Jean-Baptiste. S'il mourait sans enfants, elle devait retourner à ses deux frëres, Antoine-Louis et Michel-Louis.
L'honorable Jean-Baptiste Duchesnay mourut le 12 janvier 1833. Il ne laissait pas d'enfants.
L'honorable M. Amable Dionne se rendit acquéreur de la seigneurie de Saint-Roch des Aulnaies en 1833 et en 1887.
A sa mort, sa seigneurie passa à son fils, Paschal- Amable Dionne.
Le 2 février 1894, le docteur J. B. Blouin, agissant en qualité d'exécuteur testamentaire de sa défunte épouse, Holmina Dionne, et comme procureur des autres héritiers de feu Paschal- Amable Dionne, ven-
(1) Voyez page 86.
(2) Cahiers éC intendance^ Nos 10 à 17, folio 665.
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dait la seijçneurie de Saint-Roch des Aulnaics à Arthur Miville Déchêne pour la somme de |8000.
Par son testament reçu par le notaire Dupont le 14 mars 1901, l'honorable sénateur Déchêne a légué sa seigneurie à son fils, Arthur Miville Déchêne.
DENIS.J()SEPH JUCHEREAU DELAFERTE (I)
En 1688, M. Juchereau de la Ferté était commandant du poste de Michillimakinac. Le baron de La Houtan en parle dans une de ses lettres.
" Le 18 d'avril, écrit-il, nous arrivâmes à Michillimakinac. La première chose que les Hurons de notre troupe firent ce fut de tenir conseil sur la destination de leur quatorze prisonniers iroquois. Ils en partagèrent douze entre eux ; ils firent présent des deux autres, du treizième à M. de Juchereau, commandant du lieu, et du dernier aux Outaouais. Qui vous donnerait à deviner, monsieur, qui de ces deux esclaves avait eu le meilleur sort, vous gageriez cent contre un que ce fut celui de M. de Juchereau. En effet, le bon sens dicte qu'un officier français et chrétien doit être plus humain que des Sauvages. Vous vous trompez fort, néanmoins. M. de Juchereau n'eut pas plutôt reçu son Iroquois qu'il se donna le joli divertissement de le faire fusiller, au lieu que les Outaouais accordèrent la vie au leur. " (2)
Plus loin, le baron de La Hontan revient encore sur cette exécution d'un Iroquois. Ecrivant de Michillimakinac, il dit :
" Il s'est passé ici une histoire digne de votre curiosité. Ce parti de Hurons dont je vous ai parlé, ayant fait présent d'un esclave iroquois à M. de Juchereau, pour lors commandant des coureurs de bois, cet officier le fit fusiller tout d'abord. Le rusé manœuvre avait son but dans cette cruelle exécution, et il n'y a que
(1) Voyez page 54.
(2) Voyages dans V Amérique septentrionale, édition de 1706, tome premier, page 141.
moi qai le sache, parce qne je suis le meilleur de ses amis. Je ne vous dévoilerai point ici ce mystère, une lettre n'est pas assez sûre ; mais si j'ai le plaisir de voxkB voir l'année prochaine vous saurez tout. Cependant notre homme a sagement fait pour son profit de ne m'apprendre le mal que lorsqu'il n'y avait plus de remède, car il n'y a amitié qui tienne, j'en aurais donné avis à M. de Denonville. " (1)