‹ La famille Juchereau DuchesnayChapitre 34 sur 126 · IV. Louise- Anni-Thérèsb Juchereau db Saint-Dkxys · texte numérisé non relu

IV. Louise- Anni-Thérèsb Juchereau db Saint-Dkxys

Née à Montréal le 21 octobre 1699.

''C'était en 1717 ; Télite de la société de Montréal confondue avec le bon peuple se pressait dans l'église principale, où un prédicateur en chaire faisait retentir ces divines et profondes paroles : *' Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son âme ? " Cette sentence qui convertit autrefois saint François- Xavier, impressionnait diversement cette réunion de fidèles. Pour quelques uns, c'était comme un trait de lumière qui traverse l'esprit sans y laisser de trace ; pour d'autres, c'était un coup de foudre, dont le terrible efibrt brise et renverse tous les obstacles, et de pauvres pécheurs, heureusement réveillés de leur léthargie mortelle, sortaient du lieu saint en se frappant la poitrine : pour d'autres encore, la lumineuse sentence était une manifestation sensible de la volonté de Dieu, qui les appelait à une vie plus parfaite par un dégagement complet du monde et de ses vanités. Du nombre de ces derniers fut Louise-Anne-Thérëse Juchereau de Saint-Denys. Fidèle à la grâce, elle demanda l'entrée du noviciat des Ursulines, et reçut l'habit de l'ordre au mois d'octobre de la même année, 1717.

"La vocation de Louise- Anne-Thérèse Juchereau de Saint-Denys fut évidemment l'ouvrage de Dieu, qui

donne à qui il lui plaît, ces inspirations fortes et entraînantes qui attachent inviolablement à la pratique des conseils évan^éliques. Placée par sa naissance au milieu d'une aristocratie qui s'entourait de gloire par ses faits d'armes, et qui jouissait du présent sans trop 83 préoccuper de l'avenir, mademoiselle Juchereau de S lint-Deuys partagea cette insouciance, et dès ses jeunes années elle aima beaucoup le monde. Durant son séjour au pensionnat, elle avait montré de la piété ; son cœur naturellement bon et sensible, se laissait impressionner des profondes vérités de notre sainte Religion. Mais à peine son éducation fut-elle terminée, qu'on lui fit franchir le pas glissant qui sépare la jeune élève de CCS réunions du soir, à la fois si attrayantes aux jeunes imaginations et si dangereuses à leur cœur.

"Madame veuve Charles Juchereau de Saint-Denys, mëre de la jeune Louise-Anne-Thérës3, avait épousé en secondes noces M. Louis«Liénard de Beaujeu, et comme les beaux-pères affectueux sont moins rares en ce monde que les tendres belles-mères, ce gentilhomme fat pour les enfants de sa femme un véritable second père, et il ne contribua pas peu à faire aimer sa maison au cercle brillant qui la fréquentait. La jeune Louisc- Anne-Thérèse ne fut que trop sensible aux hommages qu'elle reçut alors. Tout en elle semblait être fait pour plaire : une figure intéressante et douce, des grâces naïves et fraîches, un cœur généreux et expansif, un esprit vif et enjoué. " Ce fut, dit notre Récit, une conquête de la grâce, et elle ne se fit religieuse que pour assurer son salut "

'*Vers la fin du noviciat de la sœur Saint- Antoine, madame de Beaujeu vint elle-même terminer les arrangements avec la Communauté, avant de "livrer à Dieu sa fille chérie, " Cette femme vraiment chrétienne ne

•e consolait de cet immense sacrifice, que dans la pensée du bonheur qu'allait goûter sa chëre Louîse- Anne-Thérèse au service du meilleur des maîtres.

"Après sa profession, sœur Louise-Anne-Thérèse de Saint-Antoine avança d'un pas rapide dans la voie de la perfection religieuse, et elle trouvait dans son exactitude même à toutes les observances communes la première récompense de sa ferveur, par les célestes consolations dont Dieu inondait son âme. Dévouée autant par goût que par devoir à l'instruction de la jeunesse, elle y fit preuve d'une capacité remarquable et se montra en tout une véritable et parfaite religieuse.

"Il semblait qu'une voix secrète l'eut avertie que sa vie au monastère s'écoulerait trop vite au grédesea sœurs, car elle était avare de ses moindres moments, et telle fut son application aux saints exercices de la prière et du recueillement, qu'en peu d'années elle amassa des trésors immenses pour l'éternité. En contemplant cette vie exemplaire de la vertueuse fille de sa sœur Thérèse, quel bonheur ne devait pas éprouver la mère Mîgeon de la Nativité ! Selon l'ordre de la nature, la nièce chérie devait survivre à sa bonne tante "mais Dieu, dît le Récit, avait d'autres vues sur cette âme privilégiée ; il voulut abréger son exil sur la terre et hâter le moment de la récompense. " Sœur Saint- Antoine fut emportée en quelques jours d'une fluxion de poitrine, dont elle fut atteinte dans sa trentetroisième année. Elle mourut le 7 octobre 1732, dans la quinzième année de sa vie religieuse. " (1)

(1) Les Ursulines de Québec^ depuis leur établissement jusqu'à nos jours, tome second, pages 230 et seq.

V. Philippe Juchbrbau dk Saint-Dbnys Né à Montréal le 11 août 1702.

Décédé à Varennes le 19 mai 1703, il fut inhumé clans le cimetière do cette paroisse.

Le continuateur de la lignée.

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