OHARLOTTE-FRANÇOISE JUCHEREAU DE SAINT-DENYS
Née à Québec le 1er février 1660.
Mariée, à Beauport, le 17 décembre 1680, à François Viennay-Pachot, marchand, natif du bourg d'Oy- Ban, paroisse Saint-Laurent du Lac, évêché de Grenoble, veuf de Jeanne Avamy.
M. Viennay-Fachot mourut à Québec le 2 septembre 1698, et fut inhumé dans Féglise paroissiale. (1)
Le 25 février 1702, madame veuve Viennay Pachot achetait de François Berthelot, écuyer, conseiller et secrétaire du Roi, l'île et comté de Saint- Laurent (île d'Orléans). Le prix d'achat était de 41,333 livres, monnaie de France, équivalant à 31,000 livres, monnaie canadienne. 4,000 livres furent payées comptant. Les 27,000 livres restant devaient être payées comme suit : 6,000 livres sitôt le retour, en France, des vaisseaux du Canada, en 1702, et les autres 21,000 livres
(1) M. Viennay-Pacbot était marchand forain. Le 24 avril 1681, le Conseil Supérieur do Québec lui aecordait les privilèges dont jouissaient les autres habitants du pays.
en sept versements égaux de 3,000 livres par année, à compter du 1er janvier 1703. En même temps, M. Berthelot transportait à Charlotte-Françoise Juchereau, veuve Viennay-Pachot, toutes les sommes à lui dues sur Tîle, pour la considération de 4,800 livres qu'elle s'obligeait de payer au cours de l'année 1702. Le fief de l'île d'Orléans passa donc à madame Viennay-Pachot qui commença à prendre le titre de comtesse de Saint-Laurent. De nombreux différents survinrent entre celle-ci et l'ancien propriétaire de l'île d'Orléans. Le Conseil Supérieur et le Conseil d'Etat eurent, à plusieurs reprises, à s'occuper de leurs difficultés. (1)
L'année même de cette importante acquisition, à Québec, le 11 novembre 1702, après quatre années de veuvage, Charlotte-Françoise Juchereau de Saint- Denys devint la femme de François de la Forest, capitaine d'un détachement des troupes de la marine.
M. de la Forest était arrivé dans la Nouvelle- France en 1684. Il fut un des principaux lieutenants de la Salle dans les pays d'en haut. C'est lui qui construisit le fort Saint-Louis dans le pays des Illinois. Il en fut le premier commandant. Il fut ensuite gouverneur du fort de Cataracoui, puis, en septembre 1710, commandant de Détroit. Le Père de Charlevoix dit qu'il était fort honnête homme, bon officier, et qu'il servit très bien le roi en Amérique. (2)
n) Sur ces procès célèbres on peut consulter une ëtude de Ignotus dans la Presse des 5 et 19 avril 1902.
(2) Histoire et description générale de la Nouvelle- France, tome premier, page 465. M. Benjamin Suite qui a patiem^ ment amass<^ une foule de notes sur M. de la Forest dit que ce n'est pas lui qui accompagna d'Iberville à la baie d'Hudson en 1695.
Ar. de la Forcpt mourut h Québec le 15 octobre 1714, et fut inhumé dans répclise paroissiale.
Madame de la Forcst, qui avait coîàtinué à se faire appeler comtesse de Saint-Laurent/lécéda à Québec le 28 décembre 1732, et fut inhumée dans l'église paroissînlc le surlendemain.
Do son premier marlasre étaient nés seize enfants : I. Jacques Frajiçois ; II Nicolas : III Joachim ; IV Snzanne-Jeaîine ; V Marie-Charlotte ; VI Marie-Fran» çoise ; VII Jacquos-Françoi.îi ; VIIT Ignaye-Jean ; IX François-Charles ; X Louis-Madeleine; XC Michelle- Gabriello; XII Marie-Charlotte ; XIIF Madeleine ; XIV Jean-Daniel-Marie ; XV Marie- Josette ; XVI Marie- Anne.