ACTE I
GÉRARD
Oui.
JULIE
Louis, portez ce carton au salon et posez-le sur la table auprès de la corbeille de mariage.
ADÈLE
Nous irons admirer tout cela dans la soirée.
LAMBERT
Mais est -ce que je n'entends pas les grelots de la diligence ?
Oui.
JULIE
Oh ! elle est encore loin ! (a pari.) Elle n'arrivera donc jamais !
LAMBERT
Pas très-loin. (11 «c lève.) Le moment de vous quitter approche. Tenez ! je crois que vous feriez bien aussi de vous retirer. L’air est très-frais dans ce pavillon, (ils se lèvent.)
ADÈLE
Mais non, mon père; il est très-doux, au contraire.
LAMBERT
Et parce qu’il est si doux, au lieu de te retirer, tu aimerais beaucoup mieux, je gage, aller te promener avec Gérard dans la grande allée des tilleuls?
ADÈLE
Mais... oui... A moins que monsieur Gérard ne craigne l’air
du SOir. (Lis Domestiques enlèvent la table.)
GÉRARD, ironiquement.
Je le crains beaucoup, mademoiselle, pour mon ophthalmie et pour mon rhumatisme.
LAMBERT, s’adi estant à Adèle et a Gérard.
Allons, futurs époux, on vous permet jusqu’à dix heures la grande allée des tilleuls... N’est-ce pas, Julie?
JULI E
Tout ce que vous faites est bien. .
Cette fois, les grelots de la diligence ne sont pas loin.
" Gérard, Adèle, Lambert, Julie.
ADELE , voulant retenir Lambert.
Non... encore un instant !
LAMBERT, en mettant son paletot, sa casquette et tes gants.
Impossible ! je n'ai que le temps de vous embrasser, et je vous embrasse. Adieu, ma femme, (u embrasse juite.)
JULIE
Adieu, mon ami.
LAMBERT
Adieu, Adèle, (il l'embrasse.)
ADÈLE
Adieu, excellent père!... Quatre jours seulement, entendezvous ! j'ai votre billet .
LAMBERT, lui serraut la main.
Adieu, Gérard.
GÉRARD, lui mettant les pistolets dans les mains.
Tu les oubliais.
LAMBERT. '
Voyons, donne, puisque tu y tiens tant! (u glisse les pistolets dans sa poche.) Tu crains toujours... toujours ton corbeau?
GÉRARD
Toujours mon corbeau.