GÉRARD, ADÈLE
- GÉRARD, après un silence.
Votre mère a désiré que je vous fisse mes adieux...
ADÈLE
J’aurais mieux aimé que vous fussiez parti sans me voir.
Vous ne deviez vous attendre cependant à aucun reproche de ma part.
ADÈLE
Je les mérite tous. •
GÉRARD
Je ne puis donc plus douter?...
ADÈLE, l'arrêtant.
Vous croyez donc?...
CÉRARD. .
Ne venez-vous pas vous-même de me dire à l’insfant...
ADÈLE,,
Ah oui! croyez tout... Adieu!
Eh bien... c’est étrange... Je ne doutais pas avant que vous Tussiez là... je ne dautais pas avant de vous avoir*vue... et depuis que vous m’affirmez vous-même...
ADÈLE
Adieu, monsieur Gérard !
GÉRA RD
Je ne sais, mais il s'élève ici de toutes parts, depuis que vous êtes entrée, quelque chose qui me dit... mille choses qui repoussent, qui démentent vos paroles... C’est .impossible, me dit votre front toujours calme... C’est impossible, me disent VOS regards toujours purs... (il Jjrond lentement le voile et la cooronne déposés sur la table.) C’est impossible! me crient ce voile nuptial et cette couronne candide et blanche. Que vous eussiez été belle!... que vous eussiez été touchante sous cette gaze sainte et sous ces fleurs bénies!
* ADÈLE, émue.
Bienheureuse, aussi.
GÉRARD
N’est-ce pas, Adèle?
ADÈLE
Oh oui!
GÉRARD
Et l'encens montant avec la prière et nous enveloppant tous les deux dans un nuage pour nous placer entre la lerrc et le ciel...
ADÈLE, dans l’extase.
Oh! mon âme!
Et tous les deux tombant à genoux, pour prendre Dieu à témoin de l’union éternelle de nos cœurs... (Adèle tombe \ genoux.
Lambert entre par la porte de dro.tc et s’arrête.) Et VOtl'C père étendant