ALLIE
Mais non, ma fille, ce n’est pas bien nécessaire. Pourquoi ton père, qui va à Fontainebleau pour affaires...
ADÈLE
Et pour mon mariage.
JULIE
N’est-ce pas une affaire?...
ADÈLE
Mais non, c’est un plaisir...
JULIE, s asseyant à gauche.
Tu as raison; mais enfin, pourquoi, pour quel motif ton père se dérangerait-il pour aller chez monsieur de Grandval?
ADÈLE
Pour quel motif?... Ah! maman, monsieur de Grandval, qui a été si bon, si attentir, si complaisant pour vous et pour moi tout le temps que nous avons passé chez mon oncle! monsieur de Grandval, qui nous a invitées à toutes les grandes fêles qu’il a données cet été à son château de Blancménil , ces charmantes fêtes que vous paraissiez tant aimer! ( Elle
s'assied près de sa mère.)
JULIE
Oui, je les aime, c’est vrai, ma fille, mais beaucoup plus pour vous que pour moi. Je suis fière et ravie, mon Adèle, de vous voir la plus gracieuse, la mieux parée de toutes ces l'êtes, qui ne valent pas pour moi une de vos bonnes caresses, quand vous venez me remercier, au milieu du bal, de vous y avoir conduite. Vous ne savez pas, Adèle, ce qu’il y a de suave et de bon... vous le saurez aussi dans quelques années... à voir la joie s’épanouir, comme une belle rose, sur