LA FAMILLE CHARLY SAINT-ANGE
Il faut lire Téloge que fait le savant abbé Paillon d^André Charly, qui vint s'établir à Montréal vers 1651. ‘‘La famille Charly, ditil, était Tune des plus saintes familles qui se fussent dévouées à l'œuvre du Canada. André Charly, recommandable par sa religion et par sa parfaite intégrité, était venu de la paroisse de Saint-Gervais, à Paris ; et cette circonstance doit faire présumer qu'il avait été déterminé à passer dans la Nouvelle-France par les conseils de M. le baron de Renty, l'un des premiers associés de Montréal, qui exerçait son zèle apostolique principalement sur cette paroisse de la capitale. "
M. Paillon n'est pas moins flatteur pour Marie DuMesnil qu'André Charly choisit pour épouse (9 novembre 1654) : “ Le plus bel éloge que nous puissions faire de Marie Du Mesnil, écrit-il, c'est de dire que M. Le Royer de La Dauversière l'avait jugée très propre à porter l'esprit chrétien à Villemarie. Car ce fut lui qui l'engagea à prendre ce parti, et qui, dans ce dessein, la remit en 1653 à M. de Maisonneuve, à La Flèche, lorsque celui-ci se disposait à l'embarquement. Marie Du Mesnil eut l'avantage de faire la traversée avec la Sœur Bourgeoys, et de connaître dès lors cette sainte fille. L'année suivante, M. de Maisonneuve ayant jugé à
propos de permettre aux colons de contracter des mariag’es, elle épousa André Charly. ’’
M. et Mme Charly Saint-Ange furent l’exemple et l’édification de la colonie naissante de Montréal.
M. Charly Saint- Ange décéda à Montréal le 6 février 1688.
Du mariage d’André Charly et de Marie Du Mesnil étaient nés sept enfants, trois fils et quatre filles.
Le fils aîné mourut au berceau, le deuxième, Jean-Baptiste, continua la lignée et le troisième, Pierre, entra dans les troupes, passa à la Louisiane et y fonda une famille. En 1721, c’est M. Charly Saint-Ange qui commandait l’escorte qui accompagna le célèbre Père de Charlevoix à travers la Louisiane. Un des fils de M. Charly Saint-Ange fut tué en même temps que le Père Sénat par les Chicachas, en 1736.
Quant aux filles de M. et Mme Charly Saint-Ange, une seule se maria, Elisabeth. Son mari, M. Montenon de Larue, fut tué par les Iroquois, et la veuve alla rejoindre, au couvent, ses trois sœurs religieuses de la Congrégation Notre-Dame. L’une des sœurs Charly Saint- Ange fut supérieure générale de sa congrégation de 1708 à 1711, puis de 1717 à 1719.
Jean-Baptiste Charly Saint- Ange, qui continua la lignée, fut marchand bourgeois, marguillier de Notre-Dame de Montréal et colonel des milices du gouvernement de Montréal. Il décéda à Québec le 9 novembre 1728.
Marié à Charlotte Le Compte Dupré puis à Catherine d’Ailleboust de Manthet, M. Saint- Ange, eut huit enfants de ses deux mariages.
Jacques, Taîné, fut, comme son père, margnillier de Notre-Dame de Montréal, et l’un des nég'ociants importants de la métropole. Il décéda en 1746. De son mariag'e avec Thérèse Charest il avait eu plusieurs enfants dont l’une devint la femme d’un membre du Conseil Supérieur, Thomas-Marie Cu^net.
Louis, autre fils de Jean-Baptiste Charly Saint-Ange, se mit également dans le commerce. Marié avec Ursule Godefroy de Tonnancour, il eut plusieurs enfants dont quelques-uns moururent en bas âge.
Jean-Baptiste-François Charly, né du second mariage de Jean-Baptiste Charly Saint- Ange, fut ce brave officier qui se rendit célèbre pendant la dernière campagne de la Conquête sous le nom de M. de Charly. Après la prise de Québec, M. Charly passa en France d’où il fut envoyé à l’île de Gorée comme major des troupes. Il mourut chevalier de Saint-Louis. Sa veuve, Louise de Beaujeu, se remaria à Denis-Nicolas Foucault, qui avait joué un beau rôle à la Louisiane. Elle décéda à Tours en 1823.
La famille Charly Saint-Ange, croyonsnous, est éteinte en Canada comme en France.