‹ La famille Le Compte DupréChapitre 53 sur 88 · LA FAMILLE PICOTÉ DE BELESTRE · texte numérisé non relu

LA FAMILLE PICOTÉ DE BELESTRE

Pierre Picoté de Belestre était déjà à Montréal en 1659. L’abbé Paillon dit de ce brave, dans son Histoire de la colonie française :

(1) Les noms de ses enfants ont été donnés plus haut.

'' Après M. Dupuis, Thomme de la colonie le plus propre au métier des armes était peutêtre M. Picoté de Belestre qui commandait les travailleurs à la maison Sainte-Marie. Le 6 mai 1662, cinquante Iroquois étant venus pour en surprendre quelques-uns M. de Belestre, au bruit de la fusillade, s’élance à leur poursuite et les oblige à se retirer pricipitamment dans les bois.”

M. Picoté de Belestre décéda à Montréal le 30 janvier 1679.

De son mariage avec Marie Pars, contracté en France quelques années avant son départ pour la Nouvelle-France, il eut sept enfants:

1° Périnne Picoté de Belestre, née en France, mariée à Montréal, le 2 septembre 1664, à Michel Gk)defroy de Linctot, fils de Jean-Baptiste Godefroy de Linctot et de Marie Le Neuf. Elle décéda aux Trois-Rivières le 19 décembre 1723 (1).

2° Hélène Picoté de Belestre, née en France, mariée à Montréal, le 23 août 1676, à Antoine Lafrenaye de Brucy, lieutenant au régiment d’Auvergne, puis, à Lachine, le 20 novembre 1686, à Jean-Baptiste Céloron de Blainville, lieutenant dans les troupes du détachement de la marine. Décédé à Montréal le 23 novembre 1701 (2).

3° Françoise Picoté de Belestre, née en France, et mariée, à Montréal, le 7 janvier 1687,

(1) Sur les descendants de Michel Godefroy de Linctot^ consulter la Famille Godefroy de Tonnancour, de Pierre- Georges Roy.

(2) Sur les descendants de Jean-Baptiste Céloron de Blainville, consulter la Famille Céloron de Blainville, de Pierre-Georges Roy.

à Jacques Maleray de la Afolerie, lieutenant dans les troupes de la colonie. Après la mort de son mari, tué à bord de la Seine, en 1704, elle passa en France où elle hérita de son oncle, Pierre Picoté de Belestre, médecin renommé de Paris.

4° Jeanne-Geneviève Picoté de Belestre née à Montréal le 3 janvier 1667. Pierre Lemoyne d'Iberville, notre g’rand héros national, brisa son existence. Elle décéda à rHôtel-Dieu de Montréal, où elle était dame pensionnaire depuis près de trente ans, le 2 juin 1721.

5° Gabriel Picoté de Belestre né à Montréal le 28 août 1670. Décédé au même endroit le 5 juillet 1674.

6° Marie-Anne Picoté de Belestre née à Montréal le 9 février 1673, et mariée au même endroit, le 17 février 1689, à Alphonse de Tonty, baron de Paludy, officier dans les troupes. Elle décéda à ùlontréal le 11 septembre 1714 (1).

7° François-AIarie Picoté de Belestre, le continuateur de la lignée.

François-Marie Picoté de Belestre né à 5 Montréal le 5 février 1677, entra dans les troupes du détachement de la marine. Le gouverneur de Vaudreuil disait de M. Picoté de Belestre, en 1722:

Le sieur de Belestre, â^é de 45 ans. Il a très bien servi, mais il est devenu un peu infirme. Cependant, il est toujours de bonne vie, «le bonnes moeurs et de bonne volonté.

(1) M, de Tonty se remaria à Marie- Anne de La Margrue et décéda au Détroit le 10 novembre 1727. Il avait eu plusieurs enfants mais cette famiUe est éteinte depuis plus d’un siècle.

Il décéda au Détroit le 9 octobre 1729. Marié en premières noces à Anne-Françoise Bouthier (24 août 1709) qui décéda le 25 septembre 1710 sans lui laisser d’enfants, il épousa en secondes noces, à Montréal, le 27 mai 1714, Marie-Catherine Trotier, veuve de Jean Cuillerier. Elle décéda à Lachine le 26 février 1731. De ce second mariag'e étaient nés deux enfants :

1° Marie-Anne Picoté de Belestre née en 1714 et mariée, à Montréal, le 4 décembre 1736, à Louis-Césaire Da^neau dit Douville, sieur de Quindre, officier dans les troupes. Elle décéda au Détroit le 5 mai 1756.

2° François-Marie Picoté de Belestre qui continua la lignée.

François-Marie Picoté de Belestre, né en 1719, jeta beaucoup de lustre sur sa famille. Officier dans les troupes du détachement de la marine, il fut commandant à la rivière Saint- Joseph puis au Détroit qu’il eut la douleur de rendre aux Ang’lais, en 1760. Il avait été fait chevalier de Saint-Louis en 1759. Sous le régime ang-lais, M. Picoté de Belestre fut un des défenseurs du fort Saint-Jean. Les Anglais le récompensèrent de sa fidélité en le nommant conseiller lé^^islatif (17 août 1775), puis ^rand V03^er de la province de Québec (F"’ mai 1776). M. Picoté de Belestre décéda à Montréal le 8 mai 1793.

M. Picoté de Belestre avait épousé à Montréal, le 28 juillet 1738, Marie- Anne Nivard Saint-Dizier qui décéda le 16 octobre 1750. En secondes noces, encore à Montréal, le 29 janvier 1753, il épousa Marie-Anne Ma^an.

Du premier mariage de M. Picoté de Belestre naquirent cinq enfants :

1° François-Louis Picoté de Belestre, le continuateur de la lignée.

2° Marie- Joseph Picoté de Belestre né à Montréal le 18 mars 1741.

3° Etienne Picoté de Belestre né à Montréal le 15 septembre 1742. Décédé à Long-ueuil le 18 mars 1745.

4° François-Xavier Picoté de Belestre né à Montréal le 2 décembre 1743. Décédé au Sault-au-Récollet le 11 juin 1744.

5° Marie-Anne Picoté de Belestre née à Montréal le 10 septembre 1746. Mariée au major Angus McDonnell.

6° Marie-Archange Picoté de Belestre née à Montréal le 9 juin 1748. Décédée au même endroit le 20 août 1748.

François-Louis Picoté de Belestre, né à Montréal le 11 avril 1739, obtint une enseigne en second dans les troupes du détachement de la marine, en 1756. Peu de temps après, il passait dans les troupes de la Louisiane. Il finit par s’établir dans ce pays. Le 3 avril 1762, M. Picoté de Belestre épousa, au fort de Chartres, J’oachine Coulon de Villiers, fille de François 'Coulon de Villiers, capitaine dans les troupes de la marine et chevalier de Saint-Louis, et de feue Elisabeth de Saint-Ange.

De ce mariage naquirent neuf enfants dont quatre garçons. Ceux-ci, dit-on, ont perpétué le nom de Picoté de Belestre en Louisiane jusqu’aux premières années du siècle dernier.

LA FAMILLE DECHARNAY

On a écrit de Charnay et Decharnay. Cet-

te dernière orthographe est celle dont se servaient tous les membres de cette famille.

Jean-Baptiste Decharnay était né en 1727 à Saint-Martin, diocèse de Lang-res. Il était fils de Didier Decharnay, avocat ducal, et de Elisabeth Noirot.

En quelle qualité Decharnay vint-il dans la colonie ? Probablement comme soldat dans les troupes du détachement de la marine. Son engagement terminé, il s’établit à Québec comme praticien. Les avocats n’étaient pas admis à plaider devant le Conseil Supérieur ni devant les autres tribunaux inférieurs de la colonie. Les parties, le plus souvent, plaidaient leurs causes elles-mêmes. Les praticiens préparaient les procédures et quand les plaideurs avaient peur de parler devant les tribunaux les praticiens avaient la permission de les suppléer.

Le 29 décembre 1755, l’intendant Bigot accordait une commission de notaire royal en la Prévôté de Québec à M. Decharnay. L’enquête de vie et mœurs accoutumées faite sur le compte de M. Decharnay a été conservée. Le premier témoin entendu, Claude Louet, notaire royal, déposa qu’il connaissait le sieur Decharnay pour honorable homme et de bonnes mœurs. L’autre témoin, aussi notaire, déposa que le sieur Decharnay était un honnête homme, de bonnes mœurs et de religion catholique. C’est sur ces deux témoignages que le lieutenant-général de la Prévôté de Québec admit M. Decharnay à sa charge de notaire.

M. Decharnay exerça sa profession pendant quatre ans seulement. Au printemps de 1759, malade, il se retira au Cap Saint-Ignace, où il décéda le 7 avril 1760.

Il avait épousé, à Québec, le 7 janvier 1755, Marie-Louise Pa^é, fille de Joseph Pag'é de Quercy ou Carcy, marchand, et de Marie- Renée Frérot.

M. Decharnay avait quelques économies, sa femme lui apporta une dot. Ils appliquèrent leur petite fortune à l’acquisition d’un bien seigneurial. Le 22 novembre 1757, M. Decharnay achetait de François Gag'non et de Marie-Catherine Morel de la Duranta3^e, sa femme, un cinquième de la seig:neurie de Kamouraska pour le prix de 2,773 livres. Le 20 janvier 1758, M. ‘Decharnay devenait propriétaire d’un autre cinquième de la même seigneurie. Il achetait la part d’André Morel de la Durantaye pour la somme de 843 livres. Encore le même jour, l’habile notaire achetait un autre cinquième de la même seigneurie de Kamouraska qui appartenait à Charles Morel de la Durantaye. Il paya une somme de 2,773 livres pour ce cinquième. Après la mort de son mari, madame Decharnay continua à acheter les portions de cette belle seigneurie que les Morel de la Durantaye n’avaient pas le talent de faire valoir. Le 8 mai 1765, elle achetait les parts de Brigitte Morel de la Durantaye et de François La Chaussée de la Durantaye. Cinq ans plus tard, le 9 mars 1770, elle complétait son acquisition en achetant la part d’Ignace Morel de la Durantaye.

Madame Decharnay, sans être riche, grâce à son sens des affaires, à son économie, était devenue propriétaire d’une des plus belles seigneuries de la région de Québec. La seigneuresse Decharnay décéda à Québec le 29 mars 1690, à l’âge de 62 ans.

Du mariag-e de Jean-Baptiste Decharnay et de Marie-Louise Pa^é de Quercy étaient nés quatre enfants :

V Marie-Louise Decharnay née à Québec le 12 octobre 1755. Décédée en bas âge.

2° Marie-Louise-Renée Decharnay née à Québec le 8 décembre 1756. Elle fut mariée en premières noces, à Kamouraska, le 18 décembre 1780, à Jean-Baptiste Magnan, député grandvoyer du district de Québec ( 1 ) , et, en secondes noces, encore à Kamouraska le 26 septembre 1785, à Paschal-Jacques Taché, ancien bourgeois de la Compagnie des Postes du Roi. Madame Decharnay qui avait beaucoup d’affection pour son gendre, M. Taché, lui donna sa seigneurie de Kamouraska par acte du 12 janvier 1790. M. Taché, en retour, s’engagea à lui payer une rente viagère de 3,000 livres de 200 coppes égales à 125 livres d’argent courant de la Province.

S'* Louis-Didier Decharnay né à Québec le 7 avril 1758. Décédé en bas âge.

4° Elisabeth de Verville Decharnay née à . . . le . . . 1760. Elle décéda à Québec le 23 janvier 1788, et fut inhumée dans la cathédrale. Le notaire Nicolas-Gaspard Boisseau parle de cette jeune fille dans ses Mémoires. Il nous apprend qu’elle décéda à son onzième jour de picote. Son cercueil, dit-il, était couronné de fleurs et M^^®® Frémont et de Lanaudière, ses amies, portaient les coins du drap mortuaire. Boisseau risque même les vers détestables suivants sur M“® Decharnay :

(1) Décédé à Kamouraska le 25 novembre 1782,

Chers lecteurs, ce papier fut choisi Pour publier la grande extorsion De mort que Verville Decharnay a pris Dont ici est la moindre notion !

Car si elle eut eu à la proportion De sa vertu, un juste monument.

Tout Québec elle aurait entièrement Pour son cercueil et le fleuve Saint-Laurent Ne fut que fleurs, et le clair firmament Lui aurait servi de flambeaux ardents.

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