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LA FAMILLE BABY

La souche primitive des Baby au Canada est Jacques Baby — on écrivait alors Babie — serg-ent dans la compag-nie de Saint-Ours, au régiment de Carignan. Arrivé ici en 1665, il obtint son congé au départ du régiment de Carignan pour la France.

Issu de race noble, Jacques Baby était le fils de Jehan Baby, originaire de Banville, et d’Isabeau Robin. Il était né à Montelon, commune de révêché d’Agens.

Baby s’établit à Champlain. Il devait avoir certains moyens puisque dès 1669 on le voit déjà propriétaire de trois ou quatre terres à Champlain, Gentilly et la Baie-du-Febvre.

En 1670, Baby épousait Jehanne Dandonneau, fille de Pierre Dandonneau, sieur Du Sablé, seigneur de Tîle Dupaz.

Après son mariage, tout en s’occupant du défrichement de ses terres, Jacques Baby se mit à faire la traite des pelleteries. Son commerce s’étendait dans les régions de l’Ouest, sur les bords du lac Michigan et dans les environs de la baie des Puants (Green Bay).

Jacques Baby décéda prématurément à Champlain le 28 juillet 1688. Il n’avait que cinquante-cinq ans.

Douze enfants étaient nés du mariag’e de Jacques Baby et de Jehanne Dandonneau, sept g-arçons et cinq filles.

Les fils moururent presque tous en bas â^e ou sans postérité. Les filles firent de belles alliances.

Raymond Baby, enfant posthume de Jacques Baby, fut le seul continuateur de la lig;née au Canada. Sa postérité se divise en deux branches distinctes, celle du Haut-Canada et celle du Bas-Canada. Les deux rameaux ont fourni des hommes remarquables.

Mentionnons parmi les Baby du Haut- Canada qui ont laissé un nom : Jacques Duperon Baby, un ^rand et riche négociant dont Parkman a parlé à plusieurs reprises dans ses ouvrages; Jacques Baby fils, qui fut aussi négociant et colonel de milice; William Louis Baby, etc., etc.

Parmi les Baby du Bas-Canada ou de la province de Québec, il convient de citer Thonorable François Baby, conseiller exécutif et conseiller lég'islatif ; Thonorable François-Xavier Baby, conseiller lég’islatif, peut-être le plus grand entrepreneur de son temps; rhonorable juge Baby, qui fut ministre du Revenu de l’Intérieur; Michel-Guillaume Baby, député, etc., etc.

En résumé, les Baby ont joué de beaux rôles sous le régime français au Canada, et, sous le régime anglais, ils ont continué à faire honneur à leur religion et à leur race et dans la province d’Ontario et dans celle de Québec ( 1 ) .

(1) P.-B. Casgrain, Mémorial des familles Casgrain, Bahy et Perrault.

LA FAMILLE SELBY

Cette famille est orig'inaire du Northumberland, en Ang-leterre. Après un brillant cours d'études en France, M. George Selby, chef de cette famille, passa au Canada où, pendant plus d’un demi-siècle, il ne cessa de jouir de l’estime et de la confiance publique. Grand, bien fait de sa personne, mais surtout charitable et bon catholique, il avait toutes les qualités qu’on aime à retrouver dans un homme de l’art.

Son fils, William Dunbar Selby, non moins remarquable par les dons précieux dont Dieu s’était plu à l’orner, embrassa la même profession que son père. Il semblait devoir fournir une longue carrière, lorsque, le 3 février 1829, il fut ravi à l’affection de sa famille et de ses nombreux amis, n’ayant encore que quarantedeux ans. Il avait épousé, en 1815, Marg-uerite Baby, troisième fille de l’honorable François Baby, de Québec.

Après la mort de son mari, le premier qui ait été enterré dans la nouvelle ég'lise paroissiale de Montréal, madame Selby alla demeurer avec son beau-père qui résidait, rue Saint-Paul (Montréal) là où a été élevé depuis le Marché Bonsecours. Ce noble vieillard étant venu à mourir en 1835, madame Selby passa en Europe avec ses filles.

A Londres, où le souvenir de son père et de son oncle, l’honorable Charles de Lanaudière, vivait encore, elle fut reçue par Guillaume IV avec la plus rare distinction. Invitée à toutes les fêtes de la cour, et même à Windsor, il ne tint qu’à elle d’obtenir les titres et d’unir son sort à celui d’un lord ang-lais.

De Londres, madame Sel’by se rendit à Paris, où elle ne fut pas moins bien accueillie par le monarque français: “ Il ne faut pas, madame, lui dit Louis-Philippe, que le séjour que vous avez fait en Angleterre vous fasse oublier que la France est la patrie de vos ancêtres ’b C’est alors que madame Selby reçut une lettre, de la main même de la reine Adélaïde, qui lui faisait part de la mort de son époux, Guillaume

Passant ensuite à Rome, madame Selby fut admise en audience par Grégoire XVI qui voulut que Marie, la plus jeune de ses filles, fit sa première communion et reçut la confirmation des mains du cardinal Odeschalchi, ce qui eut lieu en présence du comte de Praslin, de la princesse Sophie, dame de l’impératrice de Russie, et d’une foule de nobles invités.

Lorsque madame Selby revint au Canada, le pays était en insurrection. En des circonstances aussi délicates, sa conduite fut celle d’un ange de paix et de conciliation. De son mariage elle avait eu huit enfants, quatre garçons et quatre filles ( 1 ).

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