LA FAMILLE TARIEU DE LANAUDIÈRE
C’est le régiment de Cari^nan qui nous a donné le premier Tarieu de Lanaudière établi en terre canadienne. En effet, Thomas-Xavier Tarieu de Lanou^uère ou Lanoudière était enseig’ne dans la compagnie de Saint-Ours du réf^^iment de Carig-nan. Le 29 octobre 1672, l’intendant Talon concédait à M. de Lanaudière une superbe seigneurie sur la rive nord du Saint-Laurent, à vin^t lieues de Québec. C’est Sainte-Anne de la Pérade. Le nouveau seig'neur ne ])ut mettre son domaine en pleine valeur car il décéda six ans plus tard, à Québec, en mai 1678. De son mariage avec Marquer ite-Renée Denys de la Ronde (16 octobre 1672), M. De Lanaudière laissa trois enfants. Une fut religieuse ursuline à Québec, l’autre mourut acci-
dentellement, et le troisième continua la lig'née des Lanaudière.
Pierre-Thomas Tarieu de la Pérade, né à Québec le 11 septembre 1677, entra comme officier dans les troupes du détachement de la marine. On voit son nom mentionné dans différentes expéditions contre les Sauvag’es ou les Anglais. C’est ce M,. de la Pérade qui épousa Madeleine de Verchères qui était entrée dans l’histoire même avant son mariage. Madame de la Pérade décéda à Sainte- Anne de la Pérade le 8 août 1747 et son mari décéda au même endroit, le 25 janvier 1757. Ils avaient eu cinq enfants:
1° Marguerite-Marie- Anne Tarieu de Lanaudière qui fut mariée à Richard Testu de la Richardière, ensuite à Antoine Coulon de Villiers, et, enfin, au médecin du roi Jean-François Gaultier.
2° Charles-François-Xavier Tarieu de Lanaudière continua la lignée.
3° Louis- Joseph Tarieu de Lanaudière, qui décéda en bas âge.
4° Marie-Madeleine Tarieu de Lanaudière, qui décéda en bas âge.
5° Jean-Baptiste-Léon Tarieu de Lanaudière, qui, connu sous le titre de chevalier de la Pérade, fut mortellement blessé â la bataille de la Monongahéla et décéda le 9 juillet 1755.
Celui qui continua la lignée, Charles-François-Xavier Tarieu de Lanaudière, naquit le 4 novembre 1710. Officier dans les troupes de la marine, M. de Lanaudière prit part â toutes les batailles de la fin du régime français. Il accepta le régime anglais et devint conseiller législatif sous lord Dorchester. Il décéda â Québec le F’’
février 1776. Marié à Louise-Geneviève de Boishébert puis à Marie-Catherine Lemoyne de Lon^ueuil, M. de Lanaudière eut plusieurs enfants :
1° Charles-Louis Tarieu de Lanaudière.
C’est le célèbre chevalier de Lanaudière, qui se disting-ua en 1775. Son père disait de lui: — Si je mettais mon fils dans une balance et dans une autre Tor qu’il m’a coûté avant de recevoir sa légitime, il l’emporterait de beaucoup. M. de Lanaudière décéda conseiller législatif le 2 octobre 1811. De son mariag'e avec Geneviève- Elisabeth-Louise de Lacorne, il avait eu trois enfants mais aucun ne perpétua son nom.
2° Nicolas- Antoine Tarieu de Lanaudière, décédé en bas âg'e.
3° Thomas Tarieu de Lanaudière, décédé en bas â^e.
4° Roch Tarieu de Lanaudière, décédé en bas âg-e.
5° Roch Tarieu de Lanaudière, décédé en bas âg*e.
6° Anonyme.
7° Anonyme.
8° Marie-Anne Tarieu de Lanaudière, qui devint l’épouse de l’honorable François Baby.
9° Marie- Agathe Tarieu de Lanaudière, décédée en bas âge.
10° Marie-Catherine Tarieu de Lanaudière, qui devint l’épouse de l’honorable Ig'nace Aubert de Gaspé.
11° Marie-Louise Tarieu de Lanaudière, décédée non mariée le 4 avril 1842.
12° Charles-Gaspard Tarieu de Lanaudière, le continuateur de la lignée.
13° Xavier-Roch Tarieu de Lanaudière, décédé non marié le 5 février 1813.
14° Antoine-Ovide Tarieu de Lanaudière qui se maria avec M”® d’Estimauville et mourut sans enfant.
15° Pierre-Charles Tarieu de Lanaudière, mort en bas âge.
16° Agathe Tarieu de Lanaudière, décédée non mariée le 24 février 1838.
17° Charlotte-Marguerite Tarieu de Lanaudière, décédée non mariée le 17 novembre
Charles-Gaspard Tarieu de Lanaudière, qui continua la lignée, fut député de Warwick à la Chambre d’ Assemblée de 1796 à 1808. Il décéda au manoir de Lavaltrie le 7 juin 1812. Marié à Suzanne-Antoinette de Lavaltrie, il eut trois enfants. Marie-Charlotte devint la femme de rhonorable Barthélemi Joliette, et Marie- Antoinette-Suzanne se maria au docteur Peter Charles Leodel. C’est Pierre-Paul Tarieu de Lanaudière né à Lavaltrie le 30 juin 1794 qui continua la lignée. Il eut trois enfants de son mariage avec Véronique Gordon. L’aînée fut mariée au docteur Antoine-Toussaint Voyer, une autre décéda non mariée et la lignée fut continuée par :
Charles - Barthélemi - Gaspard Tarieu de Lanaudière, né au manoir de Lavaltrie le 16 novembre 1821. Il fut le premier maire de Joliette et décéda le 25 juillet 1875. Marié à Julie-Arthémise Taché, il eut plusieurs enfants. Huit moururent en bas âge. Les autres devinrent l’une M“® Louis Arthur McConville, et l’autre M'îie ^sjorman John Rieutord Neilson. Le seul
fils du seigneur de Lanaudière: Joseph-Gaspard-Charles Tarieu de Lanaudière, né à Joliette le 10 septembre 1862, s’occupa de milice comme tous ses ancêtres. Il fit la Grande Guerre en qualité de major dans le célèbre 22®“® Rég'iment M. de Lanaudière décéda peu après son retour au pays. Il ne s’était pas marié ( 1 ).
LA FAMLLE YOUNG
Né en Ang-leterre en 1759, l’année même de la chute de Québec, John Young- passa au Canada à l’age de vingt ou ving-t-cinq ans. Nous ne connaissons pas exactement en quelle année, John Young- s’établit à Québec mais, au printemps de 1785, nous le voyons revenir de Londres où ses affaires l’avaient appelé, ce qui permet de supposer que son commerce était déjà assez florissant. Favori du pouvoir, M. Young devint en peu d’années, un des importants négociants de la capitale.
Aux élections pour la Chambre d’ Assemblée, en 1792, M;. Young fut élu député de la basse-ville de Québec. Il siégea à la Chambre d’ Assemblée jusqu’à 1808.
Il fut également membre du Conseil exécutif à partir de 1794.
L’honorable M. Young décéda à Québec le 14 septembre 1819.
La Gazette de Québec du 16 septembre 1819 annonçait sa mort par la courte note suivante :
'' Mourut, mardi dernier, à sa maison, rue
(1) A consulter sur cette famille: La famille TaHeu de Lanaudière, de Pierre-Georges Roy.
du Parloir, en cette ville, Thonorable John Young”, un des membres du Conseil exécutif de Sa Majesté pour cette Province, et président du Conseil pour raudition des Comptes Publics/’
M. Youn^ était instruit et bon orateur. Il prit une part active aux débats de la Chambre d’Assemblée. Sur le choix du premier orateur de la Chambre, il fit un long' discours en faveur de son candidat, M. Grant qui, disait-il, parlait et écrivait les deux langues tandis que M. Panet ne “ possédait pas parfaitement la langue anglaise Un peu plus tard, M. Young se prononça en faveur de la primauté de la langue anglaise dans la Chambre d’Assemblée. La Gazette de Québec du temps dit que le discours de M. Young fut un des meilleurs du débat.
M. Young avait une certaine valeur, puisque, en 1896, le juge de Bonne, gagné aux Anglais, le proposa comme orateur de la Chambre de préférence à M. Panet. Il ne recueillit que quelques votes parmi les Canadiens-français.
M. Young était un bureaucrate dans la plus grande acception du mot. Outre les charges rétribuées qu’il se fit donner par ses amis les gouverneurs, il se tailla un vaste domaine dans les terres de la Couronne. En 1814, il se faisait concéder d’un seul coup 17,000 acres de terre dans le canton Tingwick. En accordant ces terres aux favoris du pouvoir, on prétendait donner une plus grande impulsion à la colonisation du pays. M. Young comme la plupart de ceux qui reçurent des cadeaux scandaleux, ne s’occupa jamais de coloniser son domaine. Il se contenta d’en vendre le bois aux grands exportateurs de Québec.
C’est en 1805 que le Parlement du Bas-Canada adopta une loi (45 George III, chapitre 12) pour constituer une Trinity House ou Maison de la Trinité à Québec. M. Young avait été un des promoteurs de ce nouvel organisme qui devait s’occuper des améliorations à apporter à la navigation du Saint-Laurent, au port de Québec, au pilotage des vaisseaux, etc.j etc. C’est lui qui fut nommé, le 6 mai 1805, premier maître gardien (master warden) de la Maison de la Trinité de Québec. Il garda cette charge jusqu’à sa mort. Ajoutons que l’honorable M. Young s’acquitta de ses importantes fonctions avec un très grand succès.
M. Young avait épousé, à Québec, le 9 juin 1795, Christiana Ainslie, fille de Thomas Ainslie, percepteur des douanes à Québec.
Madame Young décéda à Québec le 25 mai 1830, à l’âge de 54 ans.
Du mariage de l’honorable John Young et de Christiana Ainslie étaient nés, entre autres enfants :
1° Catherine Ainslie Young née à Québec le 24 mai 1796. Décédée au même endroit le 18 août 1797.
2° Thomas Ainslie Young, le continuateur de la lignée.
3° Elizabeth Ainslie Young née à Québec le 19 décembre 1798. Décédée au même endroit le 31 janvier 1830.
4° Gilbert Ainslie Young né à Québec le 2 avril 1800. Il fut admis au barreau le 5 février
1825. Le Qiichec Almanac de Neilson pour
1826, 1827 et 1828 le mentionne mais ajoute qu’il est absent.
Thomas Ainslie Young-, le continuateur de la lignée, naquit à Québec le 12 juin 1797. A peine majeur, il obtenait la charg-e d'inspecteur général des comptes publics provinciaux. Le 20 janvier 1820, il était en outre fait contrôleur des douanes du port de Québec.
Un peu plus tard, le 25 novembre 1823, M. Young était nommé shérif de Québec, avec M. W. S. Sewell, un autre favori du pouvoir. Il garda cette sinécure jusqu'au 7 mai 1827.
M. Young se lança ensuite dans la politique pour suivre les traces de son père. Il fut député de la basse-ville de Québec de 1827 à 1834.
Lors du choléra de 1832, M. Young accepta la charge de secrétaire du Bureau de Santé de Québec et il rendit de bons services.
Il fut ensuite inspecteur et surintendant de la police de la cité de Québec (4 juillet 1838) puis magistrat de police pour le district de Québec (15 juillet 1840).
M. Young décéda à Québec le 8 février
Il avait épousé à Québec, le V juillet 1825, Monique-Ursule Baby, fille de l'honorable François Baby et de Marie-Anne Tarieu de Lanaudière. Elle décéda à Québec, le 16 septembre 1838 et M. Young épousa, en secondes noces, le 31 mai 1845, Ann Walsh.
Du premier mariage de M. Young étaient
nés :
1° Thomas Ainslie Young né à Québec le 12 janvier 1825.
2° Agnes Ainslie Young née à Québec le 23 juin 1826. Décédée au même endroit le 27 février 1833. Catholique.
3° John Young- né à Québec le 3 août 1827. Admis au barreau le 7 juin 1847, M. Young décéda à Ottawa le 16 décembre 1889.
4° Ann Young née à Québec le 25 décembre 1828. Décédée au même endroit le 9 avril 1849, à râge de 20 ans et 2 mois. Catholique.
5° George Young né à Québec le 28 février 1830.
6° Elizabeth Young née à Québec le 25 juin 1831. Décédée au même endroit le 9 mars 1833. Catholique.
7° Elmire-Mathilde Young née à Québec le 3 janvier 1833. Décédée au même endroit le
19 juin 1933. Catholique.
8° Sophie-Charlotte Young née à Québec le 3 novembre 1834. Mariée à Québec, le 10 mai 1865, à Joseph-Ovide Tousignant, avocat, fils de Prisque Tousignant et de Scholastique Petit. Elle décéda à Québec le 12 mars 1869, à râge de 34 ans. Catholique.
9° Caroline-Louise Young née à Québec le
20 janvier 1836. Décédée au même endroit le 7 janvier 1837. Catholique (1).