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LA FAMILLE GUY

Pierre Guy baptisé à Paris, paroisse Saint- Eustache, le 5 mai 1701, était fils de noble homme Nicolas Guy, grand chambellan du roi, et d'Elisabeth Le Duc. Il passa ici en qualité de sergent dans les troupes du détachement de la

(1) Nos notes sur la famille Young sont nécessairement incomplètes. Thomas Ainslie Young, pendant plusieurs années recteur du High School de Québec, et décédé le 16 juin 1914, était le petit-fils de l’honorable John Young,

marine. Son frère François Guy, ég^alement sergent dans les troupes de la marine, vint au Canada en même temps que lui. Pierre Guy obtint son congé des troupes et se décida à entreprendre le commerce des pelleteries. M. Tabbé Daniel écrit: '' Il y avait trois ans que M. Guy était marié, lorsque M. de Beauharnois, qui avait succédé à M. de Vaudreuil, dans le gouvernement de la Nouvelle-France, le fit entrer dans les troupes en qualité d’enseigne. Depuis cette époque, M. Guy ne cessa de servir et d’avancer en grade. Nommé lieutenant en 1731, il fut fait capitaine en pied en 1748 ”. M. Daniel, dans son désir de magnifier ses héros, dépasse parf ois la mesure. M. Guy, à notre humble avis, ne fut jamais officier dans les troupes du détachement de la marine. M. Daniel a peut-être confondu la milice avec les troupes régulières.

Quoiqu’il en soit, M. Guy décéda à Montréal le 15 avril 1748, à l’âge peu avancé de 48 ans.

Marié en premières noces (18 novembre 1725) à Elisabeth Gareau, veuve de Jean Lalande, et, en secondes noces, à Jeanne Thuillier Lacombe (29 septembre 1734) il eut des enfants de ses deux mariages. La plupart moururent en bas âge.

Pierre Guy, né à Montréal le 11 décembre 1738, continua la lignée. Il développa considérablement le commerce fondé par son père. Il s’occupa aussi activement de la chose publique. M. Guy fut un des premiers champions du régime représentatif. On a une idée de son patriotisme éclairé par les lignes suivantes qu’il écrivait à son ami Baby un peu avant 1791 : ‘^Quant

aux politiqueurs de Miontréal, je crois qu’ils tiennent plus à se ménag-er la protection des personnes en place qu’à promouvoir les intérêts du peuple et à donner connaissance au j^ouvernement de ce qui pourrait procurer son bonheur et faire avancer le commerce M. Guy décéda à Montréal le 7 janvier 1812. Un journal du temps disait : Sa perte sera longtemps ressentie,

tant par sa famille que par ses nombreux amis, et surtout par les indigents dont il était le conseil et le protecteur. Il emporte, plus particulièrement encore, les regrets sincères des officiers du bataillon qui avaient l’honneur de l’avoir à leur tête et qui conserveront toujours le souvenir d’un chef aussi prudent que juste et intègre ”. De son mariage avec Marie-Josephte Hervieux ( D’’ mai 1764), M. Guy eut une nombreuse famille.

L’un de ses fils, Etienne, devint arpenteur, et représenta le comté de Montréal à la Chambre d’ Assemblée de 1796 à 1800.

Mais celui qui devait être le plus bel ornement de la famille Guy, Louis, naquit à Montréal le 28 juin 1768. Notaire en 1801, il s’appliqua sérieusement à exercer sa profession tout en ne négligeant pas l’intérêt public. Il eut la confiance des gouverneurs du Canada, surtout de Kempt et d’Aylmer. Celui-ci l’appela au Conseil législatif le 23 février 1831. Il reçut nombre d’autres marques de confiance pendant sa longue et utile carrière. L’honorable M. Guy décéda à Montréal le 17 février 1850. De son mariage avec Josephte Curot, M. Guy avait eu quatre fils et cinq filles :

1° Louis Guy servit dans les Gardes de

corps de Charles X, en France. A son retour au Canada, il obtint une commission d’oiïicier dans un régiment anglais. En garnison à la Trinidad, dans les Indes Orientales, il fut atteint de la fièvre jaune et décéda à San Fernando, le 27 mars

2° Hyppolite Guy, né à Montréal le 3 juillet 1800, fut admis au barreau le 6 mars 1823. Il décéda ju^e de la Cour Supérieure le 16 avril 1860. Le souvenir du ju^e Guy a été conservé à Montréal. Dans les cercles judiciaires on parle encore de son urbanité, de sa science et de sa scrupuleuse attention à tous ses devoirs.

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