PIERRE-PAUL MARGANE DE LAVALTRIE
Né à Montréal le 14 août 1743.
II entra dans les troupes du détachement de la marine à l’âge de treize
ans.
En 1 759, à peine âgé de seize ans, M. de Lavaltrie se battit avec vaillance contre les Anglais.
Après la chute de Québec et la capitulation de Montréal, il passa en France pour continuer à servir dans 1 armée française.
En 1765, M. de Lavaltrie revint au pays, à la demande de son père, alors âgé de 87 ans, dont il était le fils unique, et qui voulait lui laisser sa
seigneurie.
Dans un mémoire adressé par le chevalier de Léry au gouverneur Carleton le 7 septembre 1 767, nous lisons :
“ Le 4 septembre 1765, Je me trouvé chez le général Murray lorsque Mr de LaValtrie, canadien, arrivant de France à la demande de Monsr. son père officier âgé de quatre-vingt quatre ans qui l’avait demandé pour le voir et luy laissé son hérédité. Ce général reçu assez froidement ce jeune officier et dit que tous ceux qui venoit de France était autant d’espions que cette cour envoyait en Canada. Je dis au général que les officiers franco* ne pouvais pas être suspecter de faire ce métier, que j’espérais qu’il leur rendrait plus de
(75) Acte de foi et hommage rendu pour le fief et seigneurie de Lavaltrie par Pierre-Paul Margane de Lavaltrie en 1781.
justice par la suitte, que Mr de La Valterie s’établirais sans doute sur une seigneurie qu’avoit Mr son père (depuis le père est mort, le fils a laissé ie service de France et a épousé une demoiselle canadienne et est. très bien établi) ...” (76).
En 1775, fidèle aux nouveaux maîtres du pays, M. de Lavaltne prit les armes pour combattre contre les troupes américaines qui avaient envahi le territoire canadien.
M. Juchereau Duchesnay, seigneur de Beauport, qui était prisonnier des Américains, à Albany, écrivait à l’honorable M. Baby le 31 janvier 1776 :
“ Votre succès (la défaite de Montgomery) nous est parvenu avec, peutêtre, la différence d’un plus grand avantage ; que j’envie le sort de ceux qui servent sous un si brave homme ! ” (Carleton).
Puis M. Duchesnay parlait d’un bataillon de Canadiens qu’on levait dans le moment :
Monsieur de Longueuil m a dit que Mons. de Belestre, qui avait vu la liste des officiers devant former le bataillon ordonné par M. le général, lui avait dit que tous ceux qui étaient dans le 1er bataillon ne seraient pas placés dans celui-ci. Lamorandière est au désespoir et m’engage à vous en parler. Tous les officiers qui se sont montrés bons sujets devraient, ce me semble, s’attendre à la préférence.”
M. Duchesnay, bien placé pour parler avec connaissance de cause, nommait ensuite par ordre de mérite les ''principaux officiers qui s’étaient montrés “bons sujets”.
C’étaient M. de Belestre, lieutenant-colonel, M. de Longueuil, major, les capitaines de Boucherville, de Lavaltrie, de Saint-Ours, de Rouville, Deschambault et de Lotbinière (77).
En 1 79 1 , 1 Angleterre nous accordait une nouvelle constitution. L’ancienne province de Québec était divisée en deux provinces : le Haut-Canada et le Bas-Canada, ayant chacune un Conseil législatif et une Chambre d’Assemblée. La province du Bas-Canada fut divisée en vingt-un comtés.
Les élections des députés à la nouvelle Chambre eurent lieu dans l’été de 1 792. M. de Lavaltrie fut choisi comme député du comté de Warwick dans lequel se trouvait sa seigneurie. Elu le 10 juillet 1 792, il siégea jusqu’à la fin du premier parlement, c’est-à-dire jusqu’au mois de mai 1 796.
M. de Lavaltrie décéda dans sa seigneurie de Lavaltrie, le 1 0 septembre
(76) Rapport sur les Archives du Canada pour 1888, p. 23.
(77) L’abbé Verreau, L'Irrvasion du Canada, p. 324.
1810. Il fut inhumé le surlendemain dans l’église de Lavaltrie, sous le banc seigneurial, du côté de l’Epitre.
La Gazette de Québec disait, le 20 septembre 1810 :
Digne fils d un père respectable, mort à l’âge de 84 ans, décoré de 1 Ordre royal et militaire de St-Louis, et qui servit avec distinction dans la guerre de 1 Amérique, ayant à peine atteint 1 âge de 1 3 ans, il suivit ses traces dans la carrière militaire, et servit avec distinction dans les dernières années qui ont précédé la conquête de cette colonie ; et passa en France l’année 1760, où il servit bien des années toujours avec la même distinction.
De retour dans son pays natal après la paix de 1763 et la cession qui en fut faite par la France au Roi de la Grande Bretagne, il eut de nouvelles occasions de fair econnaître 1 élévation de ses sentiments, et la noblesse de son caractère. ,
“ En 1775, il prouva par son exemple, par son zèle, et son dévoument envers son nouveau souverain le caractère du vrai gentilhomme.
Il mourut le 10 septembre 1810 en sa maison seigneuriale de Lavaltrie, regretté de tous. Ses obsèques furent faites le 1 3 septembre dans l’église de Lavaltrie au milieu d’un concours immense. Colonel d’une des divisions de milice de cette province, il en reçut les honneurs bien mérités et dus au rang qu’il occupait.”
M. de Lavaltrie avait épousé, à Terreborme, le 31 mars 1766, Marie- Angélique de La Corne de Chapt, fille de Louis de La Corne de Chapt et de Elisabeth de Ramezay.
Elle décéda à Lavaltrie le 26 février 1815 et fut inhumée le lendemain dans l’église paroissiale.
Un seul enfant était né de leur mariage :
Suzanne-Antoinette Margane de Lavaltrie, née à Lavaltrie le 4 janvier 1772, et mariée, à Lavaltrie, en octobre 1792, à Charles-Gaspard Tarieu de Lanaudière, fils de Charles-François-Xavier Tarieu de Lanaudière et de Marie-Catherine LeMoyne de Longueuil.
M. Tarieu de Lanaudière décéda à Lavaltrie le 7 juin 1712, à l’âge de 42 ans. Il fut inhumé le 9 juin, dans l’église paroissiale, sous le banc seigneurial.
Madame Tarieu de Lanaudière décéda à son tour à Lavaltrie le 22 avril 1822. Elle fut inhumée le 24 avril, dans l’église paroissiale, sous la chapelle de la Sainte-Vierge.
Avec la mort de madame Tarieu de Lanaudière disparaissait le dernier
membre de la famille de Lavaltrie qui avait joué un si beau rôle dans notre pays pendant un siècle et demi (78).
(78) Du mariage de Charles-Gaspard Tarieu de Lanaudière et de Suzanne-Antoinette Margane de Lavaltrie naquirent : lo Pierre-Paul Tarieu de Lanaudière, qui continua la lignée des Lanaudière ; 2o Marie-Charlotte Tarieu de Lanaudière qui devint l’épouse de l’honorable Barthélemi Joliette ; 3o Marie- Antoinette-Suzanne Tarieu de Lanaudière, qui devint 1 épouse du docteur Pierre-Charles Leodel.
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