‹ La Famille Monod = portraits et souvenirsChapitre 18 sur 23 · PORTRAITS DES DOUZE MOINEVUX · texte numérisé non relu

PORTRAITS DES DOUZE MOINEVUX

les catholiques, « M. Kiister Va dit » — ce mot seul tranche toutes les difficultés.

Cette confiance aveugle a eu les plus heureux résultats pour Gustave, et il me serait vraiment impossible de découvrir en lui un défaut d'habitude.

Valdemar.

A mesure que les personnages sont plus jeunes, il devient plus difficile de rien fixer sur leur caractère. Valdemar est laid de figure; on l'appelle : maquis, et dans le fait, il ressemble pas mal à un singe ; mais il a l'air d'un singe très spirituel et cet air n'est certes pas trompeur. Ce petit garçon pétille d'esprit et d'intelligence ; il est original, et d'autant plus plaisant qu'il garde son sérieux en faisant rire les autres. Il n'est pas gai, quoiqu'il soit très amusant.

Valdemar a de grands moyens de travail, mais il a encore tous les défauts d'un enfant — un peu de paresse parfois et de la disposition à l'humeur et îj la grognerie.

Tout cela peut passer et le portrait devenir charmant d'ici à dix ans.

Marie.

Marie est jolie. — Vous plaisantez? Non; sérieusement, Marie est jolie; elle a de très beaux

yeux, — chose étonnante, un joli nez ! et une physionomie vive et spirituelle. Marie a de l'intelligence et de l'esprit naturel ; mais on est étonné de trouver en elle^ sous une vivacité apparente, une grande indolence de corps et d'esprit. Elle craint toute espèce de travail qui exige de l'attention, parce que l'attention lui paraît une chose pénible. Avec de grands moyens et beaucoup de facilité, elle ne fera guère de progrès rapides, parce qu'elle n'éprouve pas ce vif désir d'avancer qui rend le travail plus aisé et plus agréable. Mais je me tais — à qui la faute? à moi peut-être, et j'achève mon portrait en écrivant celui de Marie.

Eh bien ! si l'on peut me reprocher ses défauts, au moins ne m'attribuera-t-on pas ses bonnes qualités — c'est une compensation. Marie est bonne, généreuse, point trop douce, mais pas mal pour une demoiselle Monod ; son caractère est aimable et attachant, et quand elle aura appris à ne plus commérer comme une petite Parisienne, ce sera une gentille petite personne.

Horace.

Horace est un gentil petit garçon, joli de figure, doux comme un mouton, grave comme Socrate, réfléchi comme Platon. Il est fort aimable dans

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