GUSTAVE
VAIJtEMAU
MAUIE
IIOUACE
KIJSA
RETSY
Ces portraits des Douze, tracés lorsque l'ainé avait vingt-quatre ans et la plus jeune quelques mois, étaient destinés à faire connaître ce qu'on pouvait espérer d'eux dans l'avenir.
Les notices qui suivent permettront de juger jusqu'à quel point l'avenir prévu par leur sœur s'est réalisé pour chacun.
Frédéric *.
J'ai parlé dans mon récit des heureuses années de son enfance, en Danemark. La vigueur, l'intelligence, la bonté de cœur dont il fit preuve rachetaient dans ce jeune garçon la vivacité trop grande de son caractère; il se faisait aimer de tous, et notamment de son grand-père maternel (comme le prouve le fait que j'ai signalé). Aussi, quoiqu'il n'eut que quatorze ans, au départ de la famille pour Paris, papa ne craignit-il pas de lui confier la surveillance de ses trois frères pendant le voyage.
1 Né le 17 niui 1794.
Après l'essai malheureux, à Paris, des deux précepteurs auxquels papa avait confié l'éducation de ses fils aînés, nos parents pensèrent que pour vaincre l'esprit d'insubordination que Frédéric avait apporté de Copenhague, et faciliter la tâche du nouveau précepteur, M. Kûster, il serait bon d'éloigner Frédéric de la maison paternelle. Papa le conduisit à Genève, au mois d'août J810, et le confia aux soins de son ami Duvillard, qui tenait une pension. Frédéric avait seize ans, et à dater de ce moment il n'a plus habité la maison paternelle, sinon lorsqu'à sa grande joie il venait passer ses vacances avec nous. J'ai donné dans mon Récit deux extraits de lettres de lui, qui montrent combien il appréciait le bonheur de se retrouver dans sa famille.
Dès sa jeunesse, Frédéric avait manifesté le désir de devenir pasteur. Ce désir s'affermit à Genève : dès qu'il fut en âge de suivre son inclination, il commença ses études dans la Faculté de théologie de cette ville, où régnait encore le rationalisme qui avait infecté les églises protestantes dans le cours du dix-huitième siècle. Le réveil religieux déterminé, en 1816, par la visite à Genève d'un laïque écossais, Robert Haldane, amena Frédéric, en même temps que Merle d'Aubigné, César Malan, et d'autres, à connaître, à confirmer par leur