LES DOUZE — FRÉDÉRIC
expérience, et à enseigner la vieille doctrine de Saint-Paul et des Réformateurs. Frédéric embrassa, avec l'ardeur et la fermeté dont il a toujours fait preuve, les vérités évangéliques qu'on a désignées sous le nom d'orthodoxie. Il devait en devenir l'un des plus fermes représentants à Paris, et contribuer, sous la bénédiction de Dieu, à la conversion de ses frères et sœurs.
La communauté de convictions religieuses fut l'origine de l'étroite amitié qui lia Frédéric d'abord, puis le reste de la famille, avec notre cousin Gaussen, amitié qui a eu une influence bénie pour Léopold, un des fils de Frédéric. Il a été traité comme un fils par Caroline Gaussen, fille de l'ami de Frédéric.
Consacré pasteur à Genève par le professeur Vaucher, le 2 juillet 1818, en présence de papa, Frédéric revint à Paris avec lui, le J-"" août 1818. Il avait alors vingt-quatre ans.
Il était question de créer pour l'Eglise réformée de Paris, qui augmentait très notablement en nombre, une place de pasteur auxiliaire, et il y avait tout lieu d'espérer qu'elle serait occupée par Frédéric ; mais la première condition exigée par le gouvernement était que le nouveau pasteur eût vingt-cinq ans. Après avoir employé le reste de l'année 1818 à seconder papa dans ses fonctions pastorales, et à
travailler pour la Société biblique qui venait d'être fondée, il accepta, pour n être plus à la charge de son père, l'offre qui lui fut faite par M. Schmidt, gouverneur d'un jeune prince de Mecklembourg, de se rendre à léna pour donner des leçons de français à son élève. C'était pour Frédéric une occasion de continuer ses études et de consolider sa connaissance de la langue allemande. Il partit en janvier 1819 pour léna, et fut aussi bien accueilli qu'apprécié par le prince et son gouverneur. Il les accompagna à Berlin pour un séjour d'une quinzaine de jours, qui lui suffirent pour s'éprendre de Nadine, fille du pasteur Molière, qui avait été camarade de papa à la Faculté de Genève ; feu de paille qui fut bientôt éteint par suite du refus de la jeune fille. Ce dénouement d'un premier amour fut pour Frédéric une bénédiction de Dieu, car M"*" Molière, mariée à M. Ancillon, est morte jeune, de la poitrine.
Malgré les instances du prince et de M. Schmidt qui désiraient le garder auprès d'eux, Frédéric, qui ne s'était engagé que pour six mois, partit à la fin d'août 1819 pour Copenhague, sur l'invitation de son oncle, Frédéric de Goninck. Celui-ci, ainsi que sa femme, avait des vues sur lui, à en juger par une lettre écrite, en 18 J 8, par tante Fritz à maman, et dont le journal d'Adèle fait mention. Ma tante laisse entendre que Frédéric, après avoir été