‹ La famille Moronval drame en cinq actesChapitre 29 sur 50 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

DANIEL, puis ANDRÉ.

DANIEL , seul. Le fait est que l'absence de monsieur le comte, dans un moment comme celui-ci , est quelque chose de fort singulier... mais on dirait que depuis son retour, il prend ù tâche de dérouler tou* tes les prévisions... Comme les voyages changent un homme !.. (// »’ approche Je la fenêtre.) Que de monde dans les jardins!

— Ah ! ça, parce que c’est fête A l’Iiôtel de Moronval, ce n’est pas une raison pour qu’on y pénètre comme sur la grande place.. André! ( André entre.) Approchez-vous do cette fenêtre et regardez. Que voyez-vous ?

ANDRÉ. L’illumination qui est magnifique.

DANIEL. Ce n’est pas cela que je veux dire. Le jardin est rempli de ligures, qui bien certainement n’ont pas été invitées.

ANDRÉ. Le nom des Moronval est si populaire A Toulouse!., le concierge aura laissé entrer quelques-unes des personnes qui s« pressent autour de la porte cochèro pour voir de plus prés le bonheur de nos jeunes maîtres...

DANIEL. Allez dire au concierge qu’il veille un peu mieux ù son devoir... Ah!

ne rentrez pas dans le salon ; passez par ce petit escalier qui donne sur le jardin... ce sera une occasion de voir s’il n’y a pas quelque physionomie suspecte parmi toutes ces personnes curieuses... Depuis un temps, ia chambre criminelle de notre parlement ne manque pas de besogne. Allez.

(jindré sort par la petite porte.) Pauvre liommç que je suis! Ria vieillesse n’avait désiré que deux choses : l'une, le retour de monsieur le comte ; l’autre , son mariage avec mademoiselle Inès; tous mes vœux sont réalisés, et je me sens plus triste et plus jamais!., ilélas! hélas!., qu’cst-cc que c’est que les volontés des hommes !

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