‹ La famille Moronval drame en cinq actesChapitre 35 sur 50 · BEPPO, OLIVIA · texte numérisé non relu

BEPPO, OLIVIA

OLIVIA, arec impétuosité. Voici à quelles conditions je puis me taire : garde le nom et la fortune du comte de Moronval : j’y consens; mais fliis avec moi; quitte pour jamais ce pays, cette maison, cette famille maudite; à ce ppix, je jette un voile sur le passé... je m’engage à forcer Giacomoau silence... j’ouhlic et je pardonne; mais il

THÉÂTRAL

faut me suivre celte nuit, et \ l'instant, même... Mc suivras-tu?..

BEPPO. Olivia...

OLIVIA. Ecoute, Beppo, je t’aime toujours... le secret de ma conduite est dans ce mot : je t'aime... Ah ! mon amour n’est pas la tendresse craintive et décolorée île cette enfant... je le sais bien, je le sais; c’est une passion désordonnée et terrible comme les volcans auprès desquels je suis née... Je me suis dit vingt fois tout ce que tu peux me dire; que tu ne m’aimes plus, que lu mu hais, que tu ne m’as jamais aimée... n’importe, ma destinée est d’être à toi; il faut qu'elle s'accomplisse... Me suivras-tu?

beppo. Je. ne te suivrai pas.

OLIVIA. AM voilà une femme aimée!., songes alors que ta perte, c’est la sienne, que ton arrêt de mort c’est le sien. Tu crains que ton départ subit ne la désespère et ne ‘lui fasse maudire le jour de sa naissance :

hé !scra-t-ellc plus heureuse quand de celte fenêtre, elle l’aura vu monter surl’échafaud comme imposteur et comme assassin? On espère le retour d’un absent, on rêve le repentir d’un infidèle; mais quel espoir et quelle consolation pourra-t-il rester dans le cœur de ta femme, une fuis que ton crime sera connu. ?

BEPPO. C’est vrai! c’est vrai!... Labyrintlic infernal! dclouslescûtésun abyme!..

comment sortir de tout ceci?..

OLIVIA. En t’abandonnant à moi.

beppo. Mais, Olivia, quand je m’abandonnerais à toi, quel prufit erois-tu qu’il en revienne à tonamour. — puisqucc’est ainsi quetu appelles la vengcauce?cspères-tuquo nos liens puissent jamais sc renouer?

OLIVIA. Je n’espère plus rien , pour moi Beppo; tout ce que je veux, c’est que ma rivale ne soit pas heureuse. Dès que. nous serons hors de Toulouse, tu me quitteras si tu le désires; mais visible ou invisible, je serai toujours près de toi, comme ton génie, comme tou ombre, quels que soient les pays et les villes où il te plaira de t'exiler. Je serai satisfaite, pourvu que tu n’approches jamais de Toulouse et de ma rivale et tu ne t’eu approcheras pas, car je garderai le billet de ta victime.

BEPPO . se lecanl et après un silence. J’acceptc ce pacte. L’Infortunée qui m’a embrassé et qui m’a béni connue son fils, mourrait sans doute en apprenant $011 erreur, et je ne veux pas avoir ce crime à nie reprocher... Tu l’as dit, on rêve le retour d un absent... qu’elle vive dans cette espérance et qu’lnès m’oublie, je trouverai quelque moyen de briser nos nœuds! c’est A une horrible existance que nous nous condamnons tous deux, Olivia!.. c’est Dieu qui le veut sans doute, et ce sera une expia-

LA EABlILLIi

lion.— Ccpêeheiirde Rome, qui a recifeilli Moronval mourant, tu es sûre de son silence?

OLIVIA. Oui, je réponds qu’il ne parlera pas.

BEPPO. Dans le pacte que nous venons de l'aire , l’obligation que je prends est de ne jamais rentrer à Toulouse; celle que lu prends, est de veiller sur notre secret?

OLIVIA. J’y veillerai et j’observerai le pacte tant que tu l’observeras.

BAPPO. Maintenant, il faut que j’écrive quelques nuits à madame de Moronval pour la prévenir de mon départ, et pour lui parler de mon retour... tu us sans doute tout préparé pour notre fuite?

Olivia. Nous quitterons Toulouse demain matin.

BEPPO. Allons, (fis entrent ehee Beppo.)

La petite porte a’ouTre, Salriali parait.

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