SCENE VIII
OLIVIA, BEPPO, INÈS
INÈS. Ah! M. de Moronval, je n'ai plus que vous au monde!., votre mère est ■nortel. .
BEPPO, chancelant. Morte!., mais toutà-l’heure, on répondait de sa vie ! morte!., cela est-il possible?..
INÈS* Hélas! nous espérions tous la sauver encore cette fois; mais au sortir de l’entretien qu’elle vient d’avoir avec vous, je lui ai présenté un breuvage qui devait lui rendre toutes scs forces... à peine le breuvage a-t-il été pris, elle est tombée dans nos bras et a rendu l’ame dans une dernière convulsion , sans dire uncparolc...
IiEPPO Morte!., morte... sans dire une parole!., morte sans rétracter la malédiction qu’elle avait prononcée... O Dieu!
pendant toute ma vie vous me laissez ignorer de qui j'ai reçu l’être, et lorsqu 'enfin je découvre quelle est ma mère , c’est une femme agonisante que vous amenez devant moi , et le seul mot que j’aurai entendu de sa bouche, c’est ce mot qui va me poursuivre, tant que durera l’Eternité : Caïn!
sois maudit!..
INES. La douleur vous égare, revenez à vous...
beppo. Morte!., oh! cria p* sc peut
•rnétraAL.
pas!.. Inès, Inès, conduis-moi près d’elle, que je prenne dans mes mains sa m vin glacée, que je la réchauffe de mes baisers et de mes larmes... Viens... nuis quel est, au seuil de cette porte... le spectre qui me menace du doigt et qui me défend d’avancer?.. c’est lui! c’est mon frère !.. je le reconnais à cette horrible ressemblance et à la profonde blessure que je lui ai faite audessous du sein... Mon frère! ne me rcgarJespas avec ces yeux irrités... sois moins inflexible que notre mère, dis-moi une parole de pardon, avant que je descende dans la nuit éternelle!..
DANIEL, entrant. Justice! justice et vengeance! monsieur le comte, monsieur le comte, il s’est passé îles choses terribles, et dussé-jc périr, je parlerai... Oui, la mort de madame la comtesse n’est pas naturelle cj, tout m’assure que le poison...
BEPPO. Le poison! quelle lum ère! Oli-.
via. démon d’enf.r, je te retrouve encore!..® Ah ! je n’ai pas même besoin de* regarder le tremblement de tout ton corps et la sueur froide qui coule sur tou visage... la mort do ina mère est quelque chose de trop affreux pour que je n’y reconnaisse pas ta main... — N 'est-ce pas que tu as empoisonné ma mère?.. Réponds!
OLIVIA, portant d. ses livres l’anneau empoisonné. Tiens, voilà ma réponse !
BEPPO. Horreur! horreur 1
INÈS. Que dit-elle et qu’a-t-clle fait?
BEPPO. Elle s’est fait justice, et justice aussi va m'être faite.