PIERRE-LOUIS PANET
Né à Montréal le 2 août 1761.
En 1775, lors de l'invasion américaine, il prit part à une action près de Montréal où il se distingua beaucoup.
Le 19 décembre 1780, M. Panet se faisait donner une commission pour pratiquer comme notaire et avocat.
Le 22 septembre 1783, il était nommé greffier de la Cour des Plaidoyers Communs et des Prérogatives du district de Québec, en remplacement de David Lynd et de Nicolas- Gaspard Boisseau. M. Panet occupa ce poste jusqu'à l'abolition de cette cour.
M. Panet, lorsque la Constitution de 1791 nous accorda une Chambre d'Assemblée, se présenta dans le comté de Québec. Le 16 mai 1792, il adressait la lettre suivante aux électeurs de ce comté : "Amis et compatriotes,
''C'est avec confiance que j'invoque vos suffrages, afin d'être choisi un de vos représentants dans l'assemblée prochaine.
"Né au sein de la province, ayant quelque propriété en terres et biens- fonds, mes intérêts sont les vôtres. Ne craignez point que je trahisse votre confiance et le dépôt dont vous m'aurez chargé.
"Le bien-être de ma patrie, le bonheur de mes concitoyens, tels seront toujours les objets qui dirigeront mes vœux et mes efforts.
' 'Je suis sincèrement votre zélé compatriote, Pierre L. Panet.
Québec, 16 mai 1792." (^)
(i) L,a Gazette de Québec^ 16 mai 1792.
Les électeurs du comté de Québec préférèrent MM. I^ouis de Salaberry et David L,ynd à M. Panet.
Il fut élu, le 10 juillet suivant, dans le comté de Cornwallis.
Le 17 décembre 1792, la Chambre d'Assemblée se réunissait à Québec. Le lendemain, 18 décembre, M. Louis Dunière, député de Hertford, proposait M. Jean- Antoine Panet comme orateur de la Chambre. Trois Canadiens se prononcèrent contre ce choix, MM. de Salaberry, Dambourgès et Pierre-Louis Panet. Ce dernier donna les raisons suivantes pour expliquer son vote :
"Je dirai mon sentiment sur la nécessité que l'orateur que nous allons choisir possède et parle également les deux langues. Dans laquelle doit-il s'adresser au gouverneur ? Sera-ce dans la langue anglaise ou française ? Pour résoudre la question, je demande si cette colonie est ou n'est pas une colonie anglaise ? Quelle est la langue du souverain et de la législature dont nous tenons la constitution qui nous rassemble aujourd'hui ? Quel est le langage général de l'empire ? Quel est celui d'une partie de nos concitoyens ? Et quel sera celui de l'autre et de toute la province en général à une certaine époque ? Je suis Canadien, fils de Français, ma langue naturelle est la française, car grâce à la division toujours subsistante entre les Canadiens et les Anglais depuis la cession du pays, je n'ai pu savoir qu'imparfaitement la langue de ces derniers. Aussi mon témoignage n'est pas suspect. Ainsi je dirai qu'il y a une nécessité absolue pour les Canadiens d'adopter avec le temps la langue anglaise. Seul moyen de dissiper la répugnance et les soupçons que la diversité de langage entretiendra toujours entre deux peuples réunies par les circonstances et forcés de vivre ensemble, mais en attendant cette heureuse révolution, je crois qu'il est de la décence que l'orateur dont nous ferons choix puisse s'exprimer dans la
langue anglaise lorsqu'il s'adressera au représentant de notre Souverain." 0)
Ajoutons que l'étrange attitude de M. Panet en cette circonstance a été justement censurée par nos historiens.
Le II décembre 1794, M. Panet était nommé protonotaire de Québec et greffier de la Cour du Banc du Roi conjointement avec David Lynd.
Le 8 mai 1795, il devenait juge de la Cour du Banc du Roi à Montréal, en remplacement de son coiisin, l'honorable Jean- Antoine Panet, qui avait résigné. Il remplit cette charge jusqu'à sa mort.
Aux élections générales de 1800, M. Panet fut élu comme député de Montréal-est à la Chambre d'Assemblée. Il avait eu comme adver.°aire, M. Viger, junior. On trouve la lettre de remerciements de M. Panet à ses électeurs dans la Gazette de Montréal du 7 juillet 1800 :
"M. Panet fait ses remerciements sincères aux électeurs du quartier Est de cette ville, qui ont voté pour lui lors de l'élection dernière ; ils peuvent être assurés qu'il est très reconnaissant de cette marque de leur confiance, qu'il croit avoir peu méritée, et que dans toutes les situations publiques où la Providence voudra bien le placer, il ne cessera de faire ses efforts pour remplir ses devoirs d'une manière satisfactoire et utile à ses compatriotes."
Le 7 janvier 1801, M. Milnes, administrateur du gouvernement, appelait M. Panet à faire partie du Conseil exécutif.
M. Panet mourut à Montréal d'une attaque d'apoplexie le 2 décembre 18 12.
Un journal anglais de Montréal disait à l'occasion de la mort du juge Panet :
(i) La Gazette de Québec, 20 décembre 1792.
"En lui les juges regrettent la perte d'un confrère inférieur à aucun d'eux en habileté, connaissance et intégrité,; les membres de sa famille pleurent un chef et un ami, dont le caractère était leur honneur, leur protection et leur exemple ; et le public déplore la disparition d'un citoyen dont les vertus et les services comme juge et membre de la législature de cette province, et dont l'humanité et la bonté dans toutes les relations de la vie, lui ont donné des titres au plus grand respect et à la plus haute gratitude." (i)
M. Panet avait épousé, à Montréal, le 13 août 1781, Marie- Anne, fille de Gabriel Cerré et de Marie- Catherine Giard. ^
Le 17 février 1826, le gouverneur Dalhousie soumettait à la Chambre d'Assemblée le cas du juge Panet qui, à sa mort, après bien des années d'un service public, fidèle et utile, laissait sa famille dans des circonstances peu aisées. Le gouverneur recommandait d'accorder à madame Panet une pension de 150 livres sterling.
La Chambre d'Assemblée remit le message du gouverneur à un comité spécial qui fit le rapport suivant, le 17 mars 1826 :
"Votre Comité ne croit pas devoir recommander cet objet (pension à madame Panet) comme devant être favorablement accueilli par votre honorable Chambre. L'accorder dans ce cas, ce serait établir en faveur des autres veuves de juges un prétexte à de semblables réclamations sur le trésor public pour le présent et l'avenir ; et votre comité ne croit pas que ces réclamations puissent être appuyées sur des principes exacts de justice publique." (2)
Madame Panet mourut à Sainte-Mélanie d'Ailleboust le 5 avril 1828.
(i) Henry Morgan, Sketches 0/ celebrated canadians, p.
(2) Journaux de la Chambre d' Assemblée du Bas-Canada, vol. 33, pp. 118, 126, 296.
Elle avait eu douze enfants : j
PIERRE-IvOUIS PANET
Né à Montréal le 3 juillet 1782.
Décédé au même endroit le 9 août 1783.
PIERRE-GABRIEIv PANET
Né à Québec le 8 septembre 1783, Décédé à Sante-Foy le 28 février 1784, et inhumé dans lé cimetière de cette paroisse.