‹ La famille PanetChapitre 81 sur 85 · PIERRE-LOUIS PANET · texte numérisé non relu

PIERRE-LOUIS PANET

Né à Montréal le 21 février 1800.

"Après des études excellentes au collège de Montréal, pendant lesquelles il avait occupé souvent dans sa classe une place distinguée, il étudia le droit, se destinant à la carrière du barreau, la seule qui offrait aux hommes instruits la perspective d'un avenir digne de leurs talents.

"Admis à la profession d'avocat le 13 février 1823, il ne l'exerça que quelques années. Ses aptitudes pour les affaires ne l'empêchaient pas de fournir dans les circuits son contingent de gaieté et de bons mots. Ceux qui l'ont connu alors peuvent en rendre témoignage.

"Le 29 novembre 1826, il abandonnait la carrière du barreau pour accepter l'emploi de grand-voyer dans le district de Trois- Rivières.

"Le 21 décembre 1832, il allait exercer la même charge dans le district de Montréal, en remplacement de l'honorable Louis-René Chaussegros de Lery.

"Lorsqu'on abolit dans le district de Montréal la charge de grand-voyer (1841) et que l'on y substitua le régime municipal, M. Panet, en prenant sa retraite, obtint une pension assez élevée ; elle n'était qu'une juste récompense des services qu'il avait rendus. Ses talents, ses connaissances légales, son intégrité et son amour du travail le rendaient capable de remplir les fonctions les plus importantes.

* 'La charge de grand-voyer dans un district aussi étendu que celui de Montréal, demandait un homme

de talent et de jugement. I^e tracé des routes publiques ne peut se faire sans soulever souvent des luttes très vives entre l'intérêt général et l'intérêt individuel. Les charges que de nouvelles communications imposent aux parties intéressées sont toujours une cause d'acrimonie et de mécontentement.

"Le grand-voyer présidait les assemblées où tous les intérêts opposés se discutaient, et il lui fallait beaucoup de modération, une grande rectitude de jugement, un grand esprit d'équité et une sagacité rare pour faire triompher la cause du droit et de la justice.

"C'est dans le cours de voyages nombreux entrepris souvent dans des mauvaises saisons où les chemins étaient impraticables, qu'il contracta la maladie dont il a soufïert si longtemps et qui devait briser son existence. Ceux qui aujourd'hui parcourent les parties du pays que des voies ferrées traversent, ne peuvent se faire une idée des difficultés et même des dangers qu'offraient des communications à cette époque.

"Dans sa retraite M. Panet était destiné à mener une vie de souffrance qui a fait ressortir encore davantage les qualités d'esprit et de cœur qui le distinguaient.

"Un voyage qu'il avait fait aux Etats-Unis pour y chercher un climat plus doux, ne procura guère de soulagement aux douleurs aiguës causées par un rhumatisme devenu incurable. La souffrance était pour lui un état normal, souvent elle dégénérait en tortures intolérables, et il faut en avoir été témoin pour s'en faire une idée exacte. Ceux qui l'ont visité pendant cette carrière de souffrance, ont pu se convaincre que ses facultés intellectuelles conservaient néanmoins toute leur énergie.

"Ils admiraient son intelligence des affaires et l'attention avec laquelle il suivait les événements européens comme ceux du pays.

"On pouvait aussi être surpris de l'enjouement qu'il répandait sur une conversation toujours intéressante par la variété des connaissances qu'il déployait. De nombreuses lectures avaient orné son esprit avide de savoir.

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