‹ La Famille Phaneuf-FarnsworthChapitre 3 sur 210 · ROANNE, LOIRE, FRANCE · texte numérisé non relu

ROANNE, LOIRE, FRANCE

30 janvier 1914.

Au Frère Elie, Montréal.

Cher Monsieur,

Je vous remercie de votre lettre, et des documents qui raccompagnent; le tout m'a vivement intéressé!

I Mieux que cela, j'ai été vivement touché que mes vers aient été appelés non pas seulement à divertir une joyeuse assemblée, mais encore à célébrer une grave solennité familiale.

L'histoire des Phaneuf, que vous avez si excellemment racontée dans votre toast, est une belle histoire. Si j'avais été des vôtres, j'aurais, certes, moi aussi, célébré l'Ancêtre Mathias, le vaillant défricheur, le laboureur sans reproches; mais je me serais attardé volontiers au souvenir de l'Aïeule, de cette Catherine Charpentier qui, au sang robuste et un peu âpre des Farnsworth, est venue mêler la douceur et la finesse du sang français. J'imagine que parmi les cousines au nom gracieux qui participaient à votre fête, il en est qui doivent ressembler à la gracieuse et sage Normande qui mit sa main diligente dans la main calleuse de Mathias Phaneuf.

Un autre détail m'émeut dans vos origines. Je pense aux deux petits morts cueillis prématurément, pour le Ciel, dans la postérité de Mathias Phaneuf et de Catherine Charpentier. Je vois en eux les prémices que Dieu a voulu prélever lui-même sur une famille qu'il voulait éprouver avant de la combler de ses bénédictions. Les Phaneuf ont d'ailleurs continué à faire la part de Dieu, puisqu'il y a toujours eu parmi vous des religieux et des prêtres.

Oui, votre histoire, dans sa simplicité patriarcale, est belle et touchante comme un chapitre de la Bil)le. Elle fait honneur au noble sang canadien; elle mériterait d'être contée et citée en exemple à la France, ^à la France, hélas! où Ton va se détournant des traditions et des croyances qui gardent les races vertueuses et fécondes...

Merci encore. Il va sans dire que je serai très honoré si les vers du «Poème de la Maison» cités dans votre toast trouvent place dans le Livre d'or des Phaneuf. Assurez, à l'occasion, M. Nérée Beauchemin de ma confraternelle sympathie et de mon estime pour le talent robuste et franc que montre la pièce que vous m'avez adressée. Et veuillez agréer, cher Monsieur, l'expression de mes cordiales sympathies.

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