NOUVELLE-ANGLETERRE— MAINE
Des Farnsworth émigrèrent d'Angleterre en Amérique (Maine), dès les premiers temps de la colonisation de ce continent.
Voyons comment fut fondé cet état du Maine, d'où est venu notre ancêtre. Trouvant que l'Eglise Anglicane avait encore trop de ressemblance avec l'Eglise de Rome, les puritains anglais appuyés sur l'Ancien Testament qu'ils interprétaient au gré de leurs idées, rêvaient un culte sévère. Avec eux, plus d'évêques. plus de ministres. Il y avait égalité entre tous les fidèles, dont on appelait le plus digne à faire la prière au «Meeting House». Les Eglises devaient être indépendantes les unes des autres. Effrayée des conséquences qui pouvaient résulter de cet état de choses, la reine Elisabeth se fit persécutrice pour ramener l'unité des croyances dans son royaume. Un certain nombre d'adhérents à la nouvelle doctrine s'enfuirent en Hollande ; on les appelle «Pèlerins» ; mais bientôt ils résolurent d'émigrer en Amérique. Au nombre de cent deux, ils s'embarquèrent sur le Mayflower et mirent à la voile pour les Nouvelles Terres. Après quatre mois de tempêtes et de froid, ils arrivaient exténués, le 21 décembre 1620, au cap Cod. Ce long voyage avait presque épuisé leurs provisions, aussi le premier hiver passé sur le sol du Nouveau-Monde, fut bien pénible ; près de la moitié des émigrés moururent pendant cette saison rigoureuse.
Nés au sein de la persécution, ayant lutté avec acharnement pour la conservation de leur croyance et risqué leur vie pour elle, ils ont subi l'effet des mauvais traitements. A force de résistance leur caractère est devenu farouche, et l'intolérance la plus intransigeante en est le fond. Mal éclairés et victimes de la persécution religieuse, ils se feront eux-mêmes persécuteurs. Un véritable règne de terreur fut inauguré, non seulement contre les catholiques mais même contre tous les protestants qui ne voulaient pas se ral-
lier aux pratiques rigoureuses de la majorité. Les prêtres catholiques surtout furent traqués comme des bêtes fauves. Une telle conduite méritait un châtiment exemplaire qui ne se fit pas attendre, et qui servit admirablement les desseins miséricordieux de la Providence divine, pour le retour à la foi romaine, d'un bon nombre d'Anglo-Saxons.
MATTHIAS FARNSWORTH I (Ancêtre américain)
Le nom de Matthias et celui de son épouse, Mary Farr, se voient pour la première fois dans les registres de Lynn, Mass., à l'occasion de la naissance d'un de leurs fils, Joseph, le 17 novembre 1657. Mathias alla se fixer à Groton, Maine, vers 1660- Mais bientôt les incursions des Indiens forcèrent tous les colons de Groton de quitter momentanément leurs défrichements ; ils se réfugièrent à Concord. Deux ans après, comme tous les pionniers de cette région, Matthias revenait à Groton, et se mettant courageusement à l'oeuvre, reconstruisait sa rustique demeure incendiée par les sauvages, et en peu de temps répara tous les dégâts causés à sa ferme.
Dans un volume publié aux Etats-Unis en 1897, et intitulé «Farnsworth Mémorial», nous trouvons plus de 5000 noms des descendants de ses onze enfants.