LOUISE-THÉRÈSE R. D’A. DES MÉLOIZES
Née à Québec le 20 février 1690.
“ Elle n’était guère âgée que de neuf ans lorsque son père et sa mère lui furent ravis par une mort prématurée, à quatre mois d’intervalle l’un de l’autre, la laissant orpheline aux soins de son grand-père et de sa grand’mère, qui lui donnèrent cette mâle et chrétienne éducation dont on formait la jeunesse à cette rude époque de notre histoire. Attirée de bonne heure à la piété par les touches secrètes de la grâce et par les graves levons du malheur, Louise-Thérèse ne se laissa éblouir ni par les agréments intérieurs et extérieurs dont la nature l’avait douée, ni par les promesses d’alliances qu’on lui faisait espérer, ni par les séduisantes perspectives qui s’ouvraient devant sa jeune imagination.
“ Dans le cours de l’année 1700, nous la trouvons au parloir de l’Hôtel-Dieu, sollicitant et obtenant de la supérieure, la mère Juchereau de Saint-Ignace, la faveur de se consacrer à Dieu et aux pauvres dans sa communauté. Le regard pénétrant de la mère de Saint-Ignace n’avait pas tardé à découvrir dans cette jeune fille un grand cœur, un esprit et une maturité précoces, un ferme jugement rehaussé par une éducation et des manières excellentes, et avec tout cela une taille et une constitution robustes, en un mot toutes les facultés qui font une vaillante, utile et brillante hospitalière : elle joignait à cet ensemble de qualités les avantages d’une voix supprbe qui faisait le soutien des psalmodies du chœur et l’embellissement des fêtes. La sœur de la Sainte-Vierge réalisa toutes les espéiances qu’on avait fondées'sur elle; et au lendemain de sa profession, devenue une religieuseaccomplie, souple et flexible comme une cire sous la main de ses supérieures, elle était préparée à remplir dignement les plus importantes comme les plus humbles fonctions
de la communauté. On la verra dans la suite se faire aussi grande dans les petits et modestes emplois que petite et modeste dans les grandes charges ; également admirable dans les offices de portière, de sacristine, de lingère et d’infirmière, que dans ceux d’hospitalière, d’assistante et de maîtresse des novices.
“ La sœur de la Sainte-Vierge mourut le 16 octobre 1759. La riche héritière des d’Avène des Méloizes, qui avait été élevée dans l’or et dans la soie, expira sur un pauvre grabat, sans que ses sœurs, réduites à la dernière pauvreté, eussent même la consolation de pouvoir lui procurer les remèdes et les aliments qu’aurait exigé sa maladie.” O