ANONYME
. Né et décédé à Québec le 5 décembre 1G98, et inhumé au cimetière paroissial.
Première génération : François-Marie R. d’A. des Méloizes Deuxième génération : Nicolas-Marie R. d'A. des Méloizes
NICOLAS-MARIE RENAUD D’AVÈNE DES MÉLOIZES Né à Québec le 21 janvier 1696.
Son grand-pète, M. Dupont de Neuville, conseiller au Conseil Supérieur, fit beaucoup de démarches pour le faire entrer dans l’armé-*. Dès 1707, — il avait à peine onze ans — il écrivait au ministre de Poutchartrain en sa
( 1) Les Ursulines dit Québec, tome second, p. 216.
t'aveuR Celui-ci lui répondit qu’il serait heureux de l’employer aussitôt qu’il aurait lage voulu.
L’année suivante, en 1708, M. Dupont de Neuville renouvela ses démarches auprès de M. de Pontchartrain. Le 6 juin de cette année, le ministre lui répondait que le roi trouvait son petit-fils encore trop jeune pour le faire
officier. ; . .
Le 7, juillet 1711, le ministre de Pontchartrain écrivait à M. Dupont de Neuville qu’il penserait au jeune des Méloizes lorsqu’il y aurait un emploi vacant.
Le 20 juin 1712, M. de Pontchartrain invitait M. Dupont de Neuville à prendre patience. Il ferait son possible pour procurer une enseigne à M. des Méloizes.
Enfin, en 1715, Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, ayant joint ses sollicitations à celles de M. Dupont de Neuville, M. des Méloizes obtint une expectative d’enseigne. Elle était datée du 10 juillet.
Une année plus tard, le 27 avril 1716, il était fait enseigne en pied.
Le 6 juillet 1718,1e Conseil de marine permettait à M. des Méloizes de passer en France. Il ne profita cependant de cette permission qu’à l’automne de l’année suivante. Il revint dans la Nouvelle-France en 1720 dans le vaisseau du roi, le Chameau.
La mort de M. de Marville et l'avancement de M. Rigaud de Vaudreuil ayant rendu deux lieutenances vacantes, elles furent accordées, le 12 juin 1724, l’une à M. Godefroy de Linctôt l’autre à M. des Méloizes.
M. Rey-Gaillard, commissaire d’artillerie au Canada, étant devenu comme en enfance, M. des Méloizes essaya de se faire donner sa charge.
La marquise de Vaudreuil éerivait au ministre en 1727:
Permettez aussi, Monseigneur, à la marquise de Vaudreuil d’avoir l’honneur de vous recommander le sieur des Méloizes, lieutenant dans les troupes du Canada,
comme son parent, de vous supplier de lui accorder l’emploi de commissaire d’artillerie dans le pays, qu’il a exercé et auquel il a donné toute son application depuis que le sieur Rey-Gaillard qui le possédait, était devenu comme en enfance ; et est persuadée, Monseigneur, qu’il n’y a pas d’officier dans le pays qui en soit plus capable et qu’il s’y appliquera de façon à se rendre de plus en plus digne de vos bontés.” (x)
Le 14 mai 1728, le président du Conseil de marine informait le gouverneur de Beauharnois que l’application que M. des Méloizes donnait à se perfectionner dans l’artillerie ne pourrait qu'erre utile à son avancement.
Deux ans plus tard, le 21 mars 1730, le président du Conseil de marine écrivait à M. des Méloizes lui-même qu’il ne pouvait lui donner de promotion faute de compagnie vacante.
A l’automne de 1732, M. des Méloizes fut chargé des paqxiets pour la cour et il passa en France à bord du Rv.bis, vaisseau du roi. “L’honneur d’être chargé de la correspondance et des paquets du gouverneur et de l’intendant pour la cour était très recherché : c’était une marque de confiance, qui pouvait procurer de l’avancement.” (1 2 3)
“M. des Méloizes, écrivait l’intendant Hocquart au ministre le 18 octobre 1732, a été chargé par M. le général de nos paquets. Je ne peux que vous rendre de cet officier des témoignages très avantageux. Il aime et entend le service, et il est rempli de bonne volonté.” (»)
M. des Méloizes profita de son séjour en France pour remettre au comte de Maurepas, président du Conseil de marine, un mémoire dans lequel il proposait d’établir à Québec des fourneaux à tuiles. Il offrait de faire l’opération pour son compte si on lui avançait 6,000 livres, ou
(1) Correspondance générale, Canada, vol. 49, c. 11.
(2) T.’abbé Auguste Gosselin, Le clergé canadien et la déclaration de 1733, p. 48.
(3) Correspondance générale, Canada, vol. 58, c. 11.
de diriger les travaux si elle était faite pour le compte du roi. Le roi ne pouvait lui procurer les 6,000 livres demandées, mais s’engagea à lui donner des secours s’il avait des succès dans son entreprise.
M. des Méloizes ayant fait de nouvelles instances, M. de Maurepas, au nom du roi, lui accorda, le 20 avril 1734, l’avance de 6000 livres pour tenter l’entreprise d’un fourneau à tuile.
C’est aussi pendant son séjour en France que M. des Méloizes obtint enfin le commandement d’une compagnie du détachement de la m.arine. Sa commission lui fut accordée le 1er avril 1733.
M. M. de Beauharnois et Hocquart, gouverneur-général et intendant de la Nouvelle- France, avaient proposé au roi de nommer M. des Méloizes à une des charges vacantes au Conseil Supérieur. Le roi, le 11 avril 1735, les informait qu’il ne pouvait faire cette nomination, les fonctions de conseiller ne convenant pas à la profession de militaire qu’exerçait M. des Méloizes.
Le 13 octobre 1735, M. M. de Beauharnois et Hocquart écrivaient au ministre au sujet de la fabrique de tuile établie par M. des Méloizes :
“ A l’égard de l’établissement du fourneau à tuile projette par le sieur des Méloizes, cet officier avait demandé en France dès l’année 1733 quelques ouvriers. La personne qu’il avait chargé de lui en envoyer ne l’a point fait, ne hasard en a procuré un l’année dernière au sieur des Méloizes. C’était un engagé venu par les vaisseaux marchands ; il l’a trouvé ass z au fait pour instruire d’autres ouvriers, il l'a employé l’été Dernier avec succès, il lui a fait faire quatre milliers de tuiles qui nous ont paru d’une aussi bonne qualité que celles que l’on fait en France, elles sont sonnantes, bien ceintes et bien moulées. Le sieur^Hocquart les a fait employer au pignon du nord-est du bâtiment de la potasse, mais quelque bon que nous paraisse cet essai, il n’y a que l’épreuve d’un ou deux.
hivers qui puisse nous faire juger de la bonne qualité de cette tuile. Nous serons attentifs à ne point nous y laisser tromper. Ce premier essai n’a pas laissé que de coûter au sieur des Méloizes. Il lui a fallu rétablir le fourneau à brique que le sieur de Lantaguac avait abandonné, et taire d’autres dépenses en ustensiles et bestiaux, dont il ne peut se dédommager qu’en augmentant sa manufacture, ce qu’il ne peut faire qu’après qu’il sera pleinement assuré du succès. Il est tiès capable de suivre cette entreprise, et ne s’engage qu’avec prudence dans les dépenses qu’il conviendra de faire pour cela. M. Hocquart lui a fait donner jusqu’à présent 200 livres seulement sur les G00 livres qu’il a ordre de lui faire prêter sur la nouvelle monnaie de carte. Il n’a pas eu besoin d’une plus forte somme pour commencer cet essai, et ne demandera à M. Hocquart le restant des 600 livres qu’après que l’on aura connu dans le cours de deux années l’nupression que la rigueur de deux hivers aura faite sur les quatre milliers de tuile qui ont été fabriquées et posées sur la couverture du Palais. Ainsi cet officier est dans la nécessité de suspendre ses travaux jusque au printemps de 1737. Il n’y a aucun risque avec le sieur des Méloizes pour le remboursement des 2000 livres dans le temps fixé, ni pour le restant de la somme de 4000 livres si cette entreprise réussit.”^).
Le 26 avril 1736, M. de Maurepas écrivait à M. des Méloizes qu’il était heureux d’apprendre que la tuile qu’il fabriquait était aussi bonne que celle que l’on faisait en France.
Le 12 octobre 1736, MM. de Beauharnois et Hocquart écrivaient au ministre :
“Les sieurs de Beauharnois et Hocquart ont fait visiter les 3500 tuiles qui furent posées l’année dernière sur le toit d’un des magasins du Roi et que le sieur des Méloizes avait fait fabriquer. Il ne s’en est trouvé sur cette quantité que 35 qui ont été gâtées et endommagées par
(1) Correspondance générale, Canada, vol. 63, c. 11.
la gelée, ce qu’ils attribuent à un défaut de cuisson auquel nous croyons qu’on peut remedier. Cependant pour s’assurer davantage de la qualité de cette tuile ils sont convenus avec le sieur des Méloizes qu il suspendrait ses travaux jusqu’à, l’année prochaine. Ils feront faire alors une nouvelle visite de ces mêmes tuiles, et s’il tst reconnu que les gelées d’hiver n’ayant fait aucune impression sur ce qui reste de bon, le sieur des Méloizes prendra les mesures nécessaires pour continuer son entreprise. Il sent aussi bien que les sieurs de Beauharnois et Hocquart qu’il ne serait pas prudent de se livrer dans des dépenses sans être pleinement assuré du succès. Au surplus, le sieur Hocquart veillera au remboursement des 2000 livres qui ont été avancées à cet officier, et il n’y a aucun risque à courir pour cette somme et pour les 4000 livres restantes si l’emprunt a lieu.” (x)
Le 8 novembre 1737, M. M. de Beauharnois et Hocqjuart écrivaient au ministre :
“Nous avons fait faire une nouvelle -visite des 3500 tuiles de la fourniture du sieur des Méloizes qui avaient été posées sur le toit d’un des magasins du Roi en 1735. Il fut reconnu l’année dernière que de ce nombre il n’en avait péri par les gelées que 35. Il s’en est trouvé plus de 200 dansda seconde visite. Les ouvriers qui y ont assisté avec nous estiment que le mortier avec lequel les tuiles avaient été posées n’avait point séché assez promptement, qu’il avait humecté et attendri les tuiles que la gelée étant survenue, elle les avait fait rompre en les bouleversant. Nous avons d’autant plus lieu de le croire ainsi que dans le nombre des 3500 le sieur des Méloizes en avait fait faire 250 percées et qui ont été posées au même toit avec des clous sans mortier, de la même manière qu’on pose les ardoises. Il ne s’en est trouvé de ces dernières qu’une seule de rompue par l’effort de la gelée pendant les deux hivers qu’elles y ont été exposées quoiqu’¬
il) Correspondance générale, Canada, vol 65, o. 11.
elles ne fussent pas d’une meilleure qualité que les autres, ayant été faites de la même terre et cuites dans le même fourneau. Ainsi il y a toute apparence qu’on réussira par la suite à faire des tuiles de bonne qualité. Mais le sieur des Méloizes, avant de faire une entreprise considérable, veut être pleinement convaincu du succès. Le dommage arrivé l’hiver dernier l’avait extrêmement découragé et il était dans le dessin d’abandonner et de rembourser les 2000 livres que le sieur Hocquart lui avait fait avancer. Nous l’avons engagé à faire faire encore l’été prochain un nouvel essai de tuile percée pour poser à doux. Il demande que l’épreuve en soit faite pendant deux hivers, et si ce nouvel essai réussit, il se' déterminera à faire un établissement solide. Les accidents du feu sont si fréquents en ce pays que nous prendrons sous le bon plaisir de Sa Majesté tous les moyens praticables pour nous en préserver. Nous laisserons toujours en place les 250 premières tuiles percées et s’il ne leur arrive pas plus de dommage qu’elles en ont souffert, le sieur des Méloizes travaillera encore plus sûrement après le second essai.” (*)
Le 27 avril 1741, le président du Conseil de marine informait M. des Méloizes qu’il lui accordait un délai de trois ans pour rembourser les 2000 livres que le roi lui avait avancées pour poursuivre son entreprise.
Le roi lui-même s’intéressait à la fabrication de cette tuile. Le 12 mai 1741, il faisait écrire à MM. de Beauharnois et Hocquart qu’il avait appris avec beaucoup de plaisir que l’essai de M. des Méloizes avait réussi et que ses tuiles s’étaient bien conservées.
M. des Méloizes mourut à Québec le 4 juillet 1743, et fut inhumé dans la chapelle de la Sainte-I amille de l’église paroissiale.
Il avait épousé, à Québec, le 19 avril 1722, Angélique, tille de Bené-Louis Chartier de Lotbinière et de Marie-
(l) Correspondance générale, Canada, vol. 67 , e. 11.
Madeleine Lambert. Elle était veuve de Jean-François Martin de Lino, en son vivant procureur du roi de la prévôté et amirauté de Québec (l)
Le 26 octobre 1744, MM. de Beauharnois et Hocquart priaient le ministre d’accorder une pension à madame des Méloizes :
"Nous avons l’honneur de vous informer de la mort de Mme de la Chassaigne arrivée le printemps dernier qui laisse une pension de huit cents livres dont elle jouissait sur le tiésor royal. Nous n’avons pas manqué d’être sollicités par les dames de Boishébert et des Méloizes pour vous suplier de vouloir bien faire (sur cette pension vacante) l’application des bontés dont vous avez agréable de les flatter lorsque les circonstances deviendraient favorables, mais n’ayant point approuvé, Monseigneur, la proposition de cette espèce que nous avions eu l’honneur de vous faire l’année dernière en faveur de la dame de Boishébert, nous n’avons osé insister à vous la faire cette année qu’en vous suppliant de luy continuer lts favorables dispositions où vous voulez bien être à son égard si les •circonstances vous permettent de luy en faire ressentir les effets ainsi qu’à la dame des Méloizes. La mort de la dame de Langloiserie laisse aussi une pension vacante sur les charges du Domaine, etc.” (2)
La demande du gouverneur et de l'intendant demeura sans effet puisque nous voyons, cinq ans plus tard, le gouverneur de la Jonquière s’intéresser au soit de madame des Méloizes. Le 20 septembre 1749, il écrivait au ministre :
“ Madame de Joannes qui jouissait d’une pension de quatre cents francs, est décédée l’hiver dernier ; je vous supplie, Monseigneur, de vouloir bien disposer de cette pension en faveur de madame des Méloizes. C’est la veuve d’un capitaine d’infanterie qui a bien servi ; elle a
(1) Précisément celui que sa sœur avait refusé d’épouser. {!) Correspondance générale, Canada, vol. SI, c. 11.
grand besoin de ce secours ayant une famille nombreuse et un enfant au service.” Q)
L’année suivante, le 16 octobre 1750, de concert avec l’intendant Bigot, M. de la Jonquière sollicitait de nouveau le ministre de ne pas oublier madame des Méloizes dans ses faveurs :
“ La dame Amariton que vous nous marquez être morte laisse une pension de 150 livres vacante. Madame de Rigauville qui en avait une l’est aussi, de même que mademoiselle de Ramesay. Nous vous prions, Monseigneur, de vouloir bien les piocurer à madame de Croizille qui est dans une indigence extœme et qui a avec elle sa fille qui n’a non plus aucun bien et à mesdames des Méloizes et de Boishébert. Ces trois dames sont veuves de capitaines et la dernière est sœur de feue madame de Ramesay.” (1 2)
Madame des Méloizes mourut à Québec le 12 décembre 1772, et fut inhumée dans le cimetière de l’Iiôtel-Dieu.
Elle avait eu dix enfants :