‹ La famille Sirven; ou, Voltaire à Castres. Mélodrame en trois actesChapitre 18 sur 50 · BRÉMONT, CHARLES · texte numérisé non relu

BRÉMONT, CHARLES

BREMONT

Qu'oscz-vous dire, Adolphe? Quoi ! vous refusez d'obéir à votre oncle? TOUS ne voulez point relouruer à Toulouse ?

ADOLPHE

Non, Monsieur; vos menaces et vos imprécations ne m'ont que trop fait pressentir que vous vouliez vous venger de Sirven , et je ne m'éloignerai point tant que la famille de celle que j'adore ne sera pas à l'abri de vos coups.

BREMONT

Irrite de leur insolence , je n'ai [m d'.ibord maîtriser ma colère. Il est possib'c, qu'entraîne par l'excès de mon indignation , j'aie laissé éclmpper des menaces que je suis loin de vouloir effectuer... Que 1 homme, en tffet, pourrait se contenir quand il entend porter contre lui les plus odieuses, les plus injustes accusations ?.... Vous-même, Arlol[jhe, si mon honneur vous était cher, loin de le blâmer, vous partageriez mon courroux ! Mais , aveuglé par une fulle passion, vous n'êtes sensible qu'.ai mailieur d'une séparation nécessaire , et vous en croyez plutôt la haine d'un Sirven que la tendre amitié dont je vous ai donné tint de preuves.

ADOLPHE

Je ne crois rien , Monsieur. Long-temps éloigné de ces lieux , le bruiv public m'a seul instruit des éyencmeuls de Toulouse ) j'aime à penser

La Fam, Sirven, 4

que vous n'y avez pris aucune pari , j'aime à me persuader que vos drolU contre Su vcn ctaicnl fondés...

BREMONT

La justice les a reconnus.

ADOLPHE

Mnis ce Siivcn que vous accablez de vos mépris , est le plus noble,' ie plus rcsp(ct.»bl<' do liom'nes; je l'ai vu dans l'inlérieur de sa maison, au uiilitu dosa ftrailli; et de scS serviteurs j je connais sa droiture, sa bcntc: je part.t{;<' 'es sentiments d'amour , de vcuéralion qu'il inspire à Ions ctux qi.i l'.i|'proclient, et (pielle que soit maintenant sa rigueur envers moi, je n'oublier. 1 jamais ie bien qu'il a voulu me faire ! Riche, je ne deda:ç;norai point celui qui m'a recueilli lorsqu'il me croyait pauvre • et quand je n'aimerais pris Pauline de toutes les forces de mou ame, je voi.drais devenir sou c'poux afin de i éparer le mal que vous avez fait à son père.

erÉmont.

Et vous flattez-vous que je consente jamais ?...

ADOLPHE

Vous êtes maître de votre fortune, Monsieur j je le suis de mes actions.

BREttlONT.

3c le serai toujours de m'opposer au de'shomieur de ma famille.

ADOLPHE

Le de'sbonneiif ne peut m'atteindre !

BREMONT , avec fovce.

Cette Tinioa ne s'/;ccomp!ira pas... la liaiue de Sirven me rassure!.., il en a fût le serment- il sera inflexible, et ses refus, en ajoutant à votre liuniili.ilion, me vengeront de vos emportements. Retournez au château ;je ne larderai pas à vous y joindre, et vous connaîtrez mes dernières re'solutions.

ADOLPHE

La mienne est de dc'fendre, de protéger Pauline j c'est ici que j'eus le bonheur de lui sauver la vie j c'est ici que je fais le serment d'assurer son repos.

Il sort par le pont. Sur la fin de cette scène , Germain a paru au fond du théâtre; il s'est cdché en apercevant Adolphe ^ et sembla guetter Vinstani de son déport.

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