‹ La famille Sirven; ou, Voltaire à Castres. Mélodrame en trois actesChapitre 25 sur 50 · BREMONT, VOLTAIRE · texte numérisé non relu

BREMONT, VOLTAIRE

bbémOîït , sans voir Foltairs.

L'inquie'lucle où je suis ne me perinct pas de rester un moTnent en

plare . . . Oite Pau'ine scra-t-eUe en mon pouvoir? Germain re'nssira-

t il?... Je brûle de savoir!... { j4 part ^ apercevant Foliaire.) Q»ci QSl

cet homme ? Il sciubie m'obscrycr !

VOLTAIRE , s'avancant.

Je suis cliarmé de voub leuconîrer, Monsieur, car je me rcodais à votre cliâleau.

bkémont.

A mon cliâleau î pour quel ci 'jet? •

Vous êtes bien M. de Brc'monl ?

BRÉMOMT.

Moi-même... mais vous, Monsieur , j'ignore...

Je suis l'ami de Sirvcn.

bre'mont , avec ironie.

Je vous en fe'ljcite.

Vous êtps divise's je ne veux point examiner ici qui de

VOIS eut !es premiers torts; mais la Laine qui subsiste entre vous, plonge dans la douleur deux êtres intéressants , et il est de votre devoir d'y meUre liu terme.

bre'mont.

Monsieur, se flatle-f-il de m'.ipprendrc quels sont mes devoirs?

voltaire, souriant.

Mun.^ieur, je l'ai appris à bien d'autres.

ebémont, sèchement.

Si tel est le but de votre visite, je suis forcé Je vous avouer quelle est inutile.

Il veut s'en aller.

VOLTAIRE , îe retenant.

Vous refuse? ?

BRÉMONT

Absolnmrnt. Jaimis d'union entre m m et Sirven I vous ignorez tous les rcprocln'S que je suis en droit de lui faire. Wa-t-il pas dit hautement que j'avais contribue à la perle de Ci las I

II ne l'a pas dit seul ; je puis vous l'assurer.

BaÉiaoNT.

N'a-t-il pas, pour me perdre dans l'opinion publique^ donné des notes, des rcnscigneaieuts à Voltaire !

voltaire, afec ironie.

A Voltaire !... {Avec calme. ) Mais si Voltaire lui a demandé la vérité, al-il pu la lui refuser?

5EEM0XT , avec emportement.

Oh! la vérité 1...

volt/ire , d*un ton ferme.

Oui , Monsieur ; il l'a dite tout entière ; mais il n'a dit que cela, et l'usage que Voltaire eu a fait ne peut que l^s honorer tous deux.

BRÉMONT

Je vous conseille de le défendre... un poète s'occuper d'un procès î

VOLTAIRE , avec chaleur.

Et qui donc éclairera les hoinnies pour prévenir de nouvelles erreur?? ^ui duuc défendra l'inuoceiice, si les écriyjins joi'.issant de quelque celé-

fcrllo , négligent dp rrmplir un devoir >-i sarrc ? AÎi î s.ins doute, rnalîieaî' au lijjollisle, au vil paniphlciMiio qui prcclic le (rouiiio m la disrordc , qui 50 fait une .irinc de la c.dijinuic, qm . xcile n l.i deolie'iss.iucc , auincpns de loule autoii'c I Di Icls cms ne doivent icru.illir pour piixdc leui bassesse, que la liaiiie <1('S nations! M ils 'écrivain ci'uraçjeux qui driVnd les droits de l'oppi une, en apprenant à re^pe(•t(r les lois ; qui iu.stiiiit les liommcs, en leur montrant ce qu'ils doivi ni à leur piince et a It m pairie; dont les écrits iont liraer la vertu, et détester le crime; celui-là, ne fut-il qu'un poète, peut élever la vois; nul reproclie ne saurait l'aitiindre, et J,i recounaisance de SCS concitoyens doit le conduire à l'immortalité I

CRÉMONT.

Culte chaleur!...

Ne doit pas vous surprendre. Je suis ce Voltaire dont vous blâmez U coiidiule.

BREMONT

Vous !...

Oui, j'ai écrit en faveur des Calas... J'écrirai tant que je trouverai une înjusticc'à combattre, ou un ina'heuiruK à sauver.

krÉmont.

Pardon, Mouyicnr... j'étais loin de m'aîtendre... si j'avais su...

Vous ne m'anritz pas parlé ainsi, n'est-ce pas? je le cn.is. Vous convenez de vos torts, jcdui^ avouer les mit ns; je me >U!s cinporté. Diaitle d'ainour-propre d'autcur!.. c'est un rn.il incurable. ..Enfin, nionsi- ur de Biéinonl, nous pouvons maintenant nous expliqua r avec fianchiM' : viuiltz-vous liirele malheur de votre iicveu ? voul^■z-vou^ condamnir l'inoocente Pafi- Jmcà des iarmesétcrnelies? Songez qu'on mot de vous va décide r de son son.

BREMONT

Avec tout autre que M. de Voltaire, un refus formel eût été raa seule réponse ; cependant la démarche que vous faites doit Iriom^^dier de. iiu répugnance; seulement, j'y mettrai une condition,

VOLTAIRE, ai'ec mécontentement.

Une condition I... quelle est-tlle?

BREMONT

Sirven a plus d'une fois attaqué raa réputation : qu'il se rétracte.... ( Moiwement de Voltaire. ) Que le passé soit lotaleine^it oublié... que lui cl SCS amis cessent toute démarche en faveur de Calas... et je....

IS'acbevez pas !... et c'est à moi que vous osez faire une semblable proposition!... Quoi ! j'abandonnerais une famille infortunée à laquelle j'ai oIFerl un appui I... je laisserais peser l'infamie sur elle quand j'ai juré de lui rendre l'honneur. Non, non !ma vie même fût-elle menacée je ne !a sauverais point par une telle lâcheté!.. Je vous connais maintenant, monteur de I>icmont, et je rougis d'avoir pu croire un seul instant à votre repentir. Vous a\ez raison; point de rapprochement entre vous et Sirven! vous c;e.s indigne de i'cslimc d'un honnête homme!

BREMONT

Monsieur !

C'est assez!... je vous ai ir-jp ccuuie. Mais tremblez, car la vérité «era connue I

Bréinonl sort en menaçant. La nuit devient sombre.

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