BREMONT, VOLTAIRE
bbémOîït , sans voir Foltairs.
L'inquie'lucle où je suis ne me perinct pas de rester un moTnent en
plare . . . Oite Pau'ine scra-t-eUe en mon pouvoir? Germain re'nssira-
t il?... Je brûle de savoir!... { j4 part ^ apercevant Foliaire.) Q»ci QSl
cet homme ? Il sciubie m'obscrycr !
VOLTAIRE , s'avancant.
Je suis cliarmé de voub leuconîrer, Monsieur, car je me rcodais à votre cliâleau.
bkémont.
A mon cliâleau î pour quel ci 'jet? •
Vous êtes bien M. de Brc'monl ?
BRÉMOMT.
Moi-même... mais vous, Monsieur , j'ignore...
Je suis l'ami de Sirvcn.
bre'mont , avec ironie.
Je vous en fe'ljcite.
Vous êtps divise's je ne veux point examiner ici qui de
VOIS eut !es premiers torts; mais la Laine qui subsiste entre vous, plonge dans la douleur deux êtres intéressants , et il est de votre devoir d'y meUre liu terme.
bre'mont.
Monsieur, se flatle-f-il de m'.ipprendrc quels sont mes devoirs?
voltaire, souriant.
Mun.^ieur, je l'ai appris à bien d'autres.
ebémont, sèchement.
Si tel est le but de votre visite, je suis forcé Je vous avouer quelle est inutile.
Il veut s'en aller.
VOLTAIRE , îe retenant.
Vous refuse? ?
BRÉMONT
Absolnmrnt. Jaimis d'union entre m m et Sirven I vous ignorez tous les rcprocln'S que je suis en droit de lui faire. Wa-t-il pas dit hautement que j'avais contribue à la perle de Ci las I
II ne l'a pas dit seul ; je puis vous l'assurer.
BaÉiaoNT.
N'a-t-il pas, pour me perdre dans l'opinion publique^ donné des notes, des rcnscigneaieuts à Voltaire !
voltaire, afec ironie.
A Voltaire !... {Avec calme. ) Mais si Voltaire lui a demandé la vérité, al-il pu la lui refuser?
5EEM0XT , avec emportement.
Oh! la vérité 1...
volt/ire , d*un ton ferme.
Oui , Monsieur ; il l'a dite tout entière ; mais il n'a dit que cela, et l'usage que Voltaire eu a fait ne peut que l^s honorer tous deux.
BRÉMONT
Je vous conseille de le défendre... un poète s'occuper d'un procès î
VOLTAIRE , avec chaleur.
Et qui donc éclairera les hoinnies pour prévenir de nouvelles erreur?? ^ui duuc défendra l'inuoceiice, si les écriyjins joi'.issant de quelque celé-
fcrllo , négligent dp rrmplir un devoir >-i sarrc ? AÎi î s.ins doute, rnalîieaî' au lijjollisle, au vil paniphlciMiio qui prcclic le (rouiiio m la disrordc , qui 50 fait une .irinc de la c.dijinuic, qm . xcile n l.i deolie'iss.iucc , auincpns de loule autoii'c I Di Icls cms ne doivent icru.illir pour piixdc leui bassesse, que la liaiiie <1('S nations! M ils 'écrivain ci'uraçjeux qui driVnd les droits de l'oppi une, en apprenant à re^pe(•t(r les lois ; qui iu.stiiiit les liommcs, en leur montrant ce qu'ils doivi ni à leur piince et a It m pairie; dont les écrits iont liraer la vertu, et détester le crime; celui-là, ne fut-il qu'un poète, peut élever la vois; nul reproclie ne saurait l'aitiindre, et J,i recounaisance de SCS concitoyens doit le conduire à l'immortalité I
CRÉMONT.
Culte chaleur!...
Ne doit pas vous surprendre. Je suis ce Voltaire dont vous blâmez U coiidiule.
BREMONT
Vous !...
Oui, j'ai écrit en faveur des Calas... J'écrirai tant que je trouverai une înjusticc'à combattre, ou un ina'heuiruK à sauver.
krÉmont.
Pardon, Mouyicnr... j'étais loin de m'aîtendre... si j'avais su...
Vous ne m'anritz pas parlé ainsi, n'est-ce pas? je le cn.is. Vous convenez de vos torts, jcdui^ avouer les mit ns; je me >U!s cinporté. Diaitle d'ainour-propre d'autcur!.. c'est un rn.il incurable. ..Enfin, nionsi- ur de Biéinonl, nous pouvons maintenant nous expliqua r avec fianchiM' : viuiltz-vous liirele malheur de votre iicveu ? voul^■z-vou^ condamnir l'inoocente Pafi- Jmcà des iarmesétcrnelies? Songez qu'on mot de vous va décide r de son son.
BREMONT
Avec tout autre que M. de Voltaire, un refus formel eût été raa seule réponse ; cependant la démarche que vous faites doit Iriom^^dier de. iiu répugnance; seulement, j'y mettrai une condition,
VOLTAIRE, ai'ec mécontentement.
Une condition I... quelle est-tlle?
BREMONT
Sirven a plus d'une fois attaqué raa réputation : qu'il se rétracte.... ( Moiwement de Voltaire. ) Que le passé soit lotaleine^it oublié... que lui cl SCS amis cessent toute démarche en faveur de Calas... et je....
IS'acbevez pas !... et c'est à moi que vous osez faire une semblable proposition!... Quoi ! j'abandonnerais une famille infortunée à laquelle j'ai oIFerl un appui I... je laisserais peser l'infamie sur elle quand j'ai juré de lui rendre l'honneur. Non, non !ma vie même fût-elle menacée je ne !a sauverais point par une telle lâcheté!.. Je vous connais maintenant, monteur de I>icmont, et je rougis d'avoir pu croire un seul instant à votre repentir. Vous a\ez raison; point de rapprochement entre vous et Sirven! vous c;e.s indigne de i'cslimc d'un honnête homme!
BREMONT
Monsieur !
C'est assez!... je vous ai ir-jp ccuuie. Mais tremblez, car la vérité «era connue I
Bréinonl sort en menaçant. La nuit devient sombre.