‹ La famille Sirven; ou, Voltaire à Castres. Mélodrame en trois actesChapitre 37 sur 50 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, LASALLE sortant de la chambre de droite. Ensuite ADOLPHE j il aie bras gauche en écharpe.

lasALLE , à tout le monde qui semble V interroger avec impatience.

Je vous remercie, mes amis, de l'intérêt que vous avez pris au malheur de M. Sirven. Rassurez-vous, et rendez p;râces avec moi à lâ Providence ; elle a daigné bénir nos efforts , et conserver une fiile à son père. Mouvement de joie de tous les paysans.

CSi)

THIBAUT

Est-il ben'Ossible , M. Lasalle?... Quoi! Mlle. Pauline...

LASALLE

On répo4 de ses jours.

ADt-PnE , qui a entendu les derniers mots de Lasalle. De sesjours!... est-il vrai?... Parlez, parlez, Monsieur... Pauline m'est-elle endue?

LASALLE

Oui, grâces à la promptitude des secours qui lui ont ëtë prodigue's. Après uie nuit passée dans l'inquielude et la douleur , le ciel comble enfin tous ï-'S vœux de Sirven , et sa fille revient à la vie pour essuyer ses larmes et h consoler de ses peines.

ADOLPHE

Al) î Monsieur, de quel poids vous soulagez mon cœurl... si vous saviez! . . . dés monstres !. . . Dieu juste ! tu n'arraches Pauline à la. mort que pour conserver l'honneur et la vie de sou père!

LASALLE

Que dites-vous?

ADOLPHE , l'amenant sur Vavanl-scène, et baissant la voix.

Apprenez qu'une horrible accusation pèse en ce moment sur la tête ia malheureux Sirven î... Ses ennemis ont ap;i; ils ont recueilli des faits; ils rappellent toutes les actions de Sirven qui ont précéda ce déplorable eve'aement ; ils en tirent des inductions, des preuves... et déjà la rumeur publique charge cet homoîe respectable d'un crime dont l'idée seule fait horreur r

LASALLE

Grand Dieu?... n'est-ce donc pas assez d'une victime T

ADOLPHE

Scsennemissont puissants; ils s'agitent; ils intriguent.. .bientôt, peut-être, Sirven sera prive' de sa liberté, et une fois en leur pouvoir, rien ne le sauvera. J'ai vu la joie briller dans les regards de ses persécuteurs... Se croyant certains de la mort de Pauline, ils calculent sur la douleur d'un père; ils^ ne songent à ce qu'il a perdu que pour tenter de lui ravir plus encore!... enfin , c'est au nom d'une fille infortunée qu'ils apprêtent déjà le supplice de Sirven l

LASALLE

Leurs odieux calculs seront trompés; Pauline existe, et nous conoaî- Irons bientôt les véritables causes de cet affreux événement. M. de Voltaire est parti cette nuit pour Castres; j'attends son retour; jusques- là, mon ami, que rien ne transpire : que Sirven ignore... Ah I j'aime à me persuader qu'iln'y a plus de danger pour lui!... Pauline lui est rendue, Pauline nommera les coupables^ et justifiera son père!

THIBAUT , qui était, resté au fond de la scène avec les pajscms.. Yoici Madame.

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