‹ La famille Sirven; ou, Voltaire à Castres. Mélodrame en trois actesChapitre 39 sur 50 · SCENE y · texte numérisé non relu

SCENE y

PAULINE, Mme. LASALLE.

M™". LASALLE

Malheureux Sirven!... dans quelle horrible situation!., sa fille ellemême peut assurer sa perte !... cl celle pauvre Pauline !.. comme elle est ab iltue !... quel égarement I

Pauline promène autour d'elle des regards surpris.

PAULINE

OÙ suis-je doue ?.. quand je desirais la mort , je me disais toujours : Je reverrai ma mère !... pourquoi ne l'aije p.rs encore vue. ..ne suis-je pas au séjour céleste qu'elle habite pour prix de ses vertus ? ( Elle se lève et fait quelques pas. ) Ma mère !.. où es-tu ' oii es-tu ?

M■"^ LASALLE

Malheureuse enfant !

PAULINE , apercevant Mme. Lasalle , qui s'est détournée pour cacher ses larmes.

Que vois-je?.. une femme près de moi !... elle pleure... elle veut cacher ses larmes 1... ( Mme, Lasalle la regarde. ) Quelle bonté dans ses traits!..

comme elle me sourit avec «îouccui! elle m'appelle !.. die m'ouvre ses brdS !.. si c'était !.. oui , c'est toi^ <'e.«.t foi, ma mère !

Elle se j^tle dans les bras de 3'me. Lasalle.

M"". LASALLE , avec attendrissement.

Chère Pauline ! \

PAULINE

N'ius sommes donc enfin re'iini -^ !.. ii y a bien Iong-tera|)S que je le desiriis !.. j'ai toii|«)uis eu à .souffrir sur la lerre... mais quand lu e'iais là, 'tu m',iiH.iis à, supporter mis maux... eu le perdant, j'avais tout perdu ; js te rctruuve, et ia<s pciues sont O'ibliées!

M'"*". LASALLE, à part.

Profitons de rëuiotiou que lui cause cette ide'e , pour voir si elle persistera... [Haut. ) Pauline?

PAULINE

Ma mère?

M"'^ LASALLE

Écoute-moi : lu as toujours fut le bonheur de ta famille , comme elle a fait le tien.

PAULINE , soupire , et dit après un moment de silen<e. Mon bouheur!

M°"^. LASALLE

Re'ponds-moi. ( A part. ) Elli' parait revenir à elle!..

PAULINE

Prends garde!., mou père est peut-être là!

M"". LASALLE

Ton père !.. et que peux-tu redoutfr de lui ?

PAULINE

Oh ! c'est qu'il ignore... tu sais ?.. jeté l'avais promis... il m'en a bien coûte', mais j'ai tenu mon serment.

M"^ LASALLE

Sirven est si bon !

PAULINE

Oh ! oui.

M'°^ LASALLE

Rappelle - toi les soins qu'il a pris de ton enfance, les marques de leadresse qu'il t'a données , les caresses qu'ii se plaisait à te prodiguer... ta sce'ir et toi, étiez l'objet de toutes ses pensées; il ne .s'occupait que des moyens d'assurer votre bonheur !.. et cepcnd mt, Pauline, c'est toi qui fais couler ses larmes; c'est toi qui, par d'injustes reproches, déchires ce cœur patfr:iel !... je t'en conjuic ! éloigne ces sombres idées qui égarent ta raison... viens , viens dans les bras de ton père,et par tes embrassemeus dissipe ta douleur.

PAULINE

Il ne me pardonnera jamais!., c'est mon amour pour Adolphe qui la irrité contre moi !.. tu le blâmais aussi, et pourtant tu n'as pas dit comme mon père... prends garde qu'il ne nous écoute I

La Fam. Sirven, S

M"". LASAIXE.

Je frémis!

ïAUf.mx:.

Mon père 1 dit, il me sfmlilc que jo l'oiittncls encore! {D* une voix sourde. ) « Plutôt la mort de n)a fille que celte iiuiou » Mad. LASALLE «^«rf.

Grands Dieux ! encore celle liornble nccusalion !

PAUMNE.

Alors, ma mère... l'espoir a fui loin de mol !... ( D'une voix presque éteinte.) Pauline a clé poursuivie... perse'cutc'e... ancanlie! Pauline est morte I

Elle tombe sans mouvement; Mad. Lasalle la reçoit dans ses bras.

Mad. LASALLE.

Grand Dieu!... à moil... à moi !...

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