SCENE VII
VOLTAIRE , Mad. LASALLE.
Les discours de Thibaut avaient l'ait reuaîlre mes espérances j la vue de iiîic vient de les détruire.
Mad. LASALLE, pleurant.
Ab I M. de Voltaire ! celle pauvre enfant!,..
Achevez, M.idame.
Blad. LASALLE,
Nous conserverons ses jours; tout me l'assure.
Se peut-il ?
Mad. LASALLE.
Mais, hélas ! son esprit est totnjpnicnt aliène'!
La malheureuse !
£t sa folie...
Sa folie I...
Mad. LASALLE.
Peut avoir les re'sultals les plus affreux !
Comment ?
Mad. LASALLE.
Apprenez que dans son délire....
Eh bien ?
Mad, LASALLE.
Elle accuse de sa mort ?
Qui?
Mad. LASALLE.
Son père !
VOLTAIRE, attéré.
Son père ! ô mon Dieu !
Mad. LASALLE.
Vous dirai-je tout, enfin ? Ses aveux ont effraye, même Sirveu, qui sans doute est bien loin d'en prévoir les suites funestes.... Tous ses discours semblent se rattacher à cette odieuse inculpation j les détails qu'elle donne ont le caractère de la vérité. On dirait même, que dans ces moments sa tête est moins égarée... ses phrast-s se suivent.... on y trouve un sens qui pourrait faire soupçonner.... Ah ! sans doute elle confond les cvéncmeiis , et son imagination frappée lui fait rejeter sur
(Ro)
son pèiT un crime dont il es» iiiLji.iblc !... Sirvcn, l'honnête Sirven î... M. lU Vult.me, cfia est impossible !
VOLTAIRE, rêveur.
Oui... cela c-t i;Ti|iossibIi', et cepetilanf..,,. . Madame, vouijloz me laisser xin niDmeii'. J'ai luaudc ici Brciaont; in;<lgre I. m'.'|;iis qu'il in in^pite, je vc'ix ( D'Oïc parlir à cet humiu'^j je lui ai même fait dire que je l'attendais chjz vous.
Mad. LASALLE.
Pensez-vous qu'il consente ?
Plus les f^ens de cotte espèce comraettent d'injustices, et plus ils font d'eirorts pour nous faire croire à leur probité... il n'osera pas me refu er. Je veux voir aussi le pè^e de Pauline; dans un instant , priez-le de venir me priikr.
Mad. LASALLE , à part.
Comme il paraît rêveur ! Quand je lui ai dit que Pauline accusait son son père, ses traits se sont altères !
VOLTAIRE , sorlaal ds sa rêverie et la voyant encore. De grâce, Madame !...
Mad. LASALLE.
M. de Voltaire, est-ce que vous douteriez ?
VOLTAIRE, avec force.
Du crime d'un père accuse d'avoir me'dilé la perle de son enfant!... Oui, Midamc... S 'yez Ir inqiiillc pour l'honneur de Suveu comme pour le mien, je crois à son innocence , et je saurai le défendre.
Mad. LASALLE.
Ah! M. de Voltaire, qui pourrait ne pas vous admirer!
Elle sort.
SCExVE YIII.
Le péril est imminent!... déjà l'opinion publique se prononce contre Sirven. L'ordre filai est expédié ! bientôt, arraché d'-s bris de sa famille, il sera conduit à Toulouse oii le supplice le plus affreux !.. , Eh bien, Voltaire, tes efibrts n'ont pu, jusqu'ici , que rendre la paix à la famille du malheureux Calas ; fais plus aujourd'hui : défends un ;iccusé, confonds ses délateurs, et force la justice à retenir dans ses m uns un glaive qui ne doit atteindre que le crime, mais qui fiappcrail l'innocence!... Voltaire, sauve Sirycu et satauullel Ah! voici ceBrémoulI