‹ La famille TachéChapitre 39 sur 69 · PASCHAL-JACQUES TACHE · texte numérisé non relu

PASCHAL-JACQUES TACHE

Né à Québec le 30 août 1757.

Comme son frère Charles, il fut bourgeois de la Compagnie des Postes du Roi. (2)

Il fut élu député de Cornwallis à la Chambre d'Assemblée de la province du Bas-Canada le 20 mars 1798. Il siégea jusqu'au 4 juin 1800.

M. Taché décéda à Saint-Louis de Kamouraska le 5 juin 1830, et fut inhumé dans l'église paroissiale, sous le banc seigneurial.

Il avait épousé, à Saint-Louis de Kamouraska, le 26 septembre 1785, Marie-Louise-Renée de Charnay, veuve de Je an -Baptiste Magnan, co- seigneur esse de Kamouraska.

C'est elle qui mit la seigneurie de Kamouraska en possession de la famille Taché.

Madame Taché décéda à Saint-Louis de Kamouraska le 15 novembre 1813, à l'âge de 55 ans et 11 mois, et fut inhumée dans l'église paroissiale.

L'aimable auteur des Anciens Canadiens ^ M. Aubert de Gaspé, rend un délicat hommage à la bonté de madame Taché.

**J'ai souvent accompagné, dit-il, avec son fils, ma-

(i) Voir p. 20.

(2) Voir p. 21.

dame Taché dans les fréquentes visites qu'elle faisait aux pauvres et aux malades de sa seigneurie, chez lesquels elle était accueillie comme une divinité bienfaisante. Outre les aumônes abondantes qu'elle distribuait aux familles pauvres, elle portait à ceux de ses censitaires malades, qui n'auraient pu se les procurer, les vins, les cordiaux, les biscuits, propres à accélérer leur convalescence, et toutes les douceurs que sa générosité ingénieuse lui suggérait. Aussi régnait-elle en souveraine dans sa seigneurie par les liens bien chers de l'amour et de la gratitude.

"Lorsque madame Taché sortait de l'église à l'issue des offices, les habitants prêts à partir arrêtaient tout à coup leurs chevaux et une longue suite de voitures, réglant leur marche sur la sienne, la suivaient jusqu'à ce qu'elle débouchât dans l'avenue qui conduit au manoir seigneurial. Et quoi qu'elle eût ensuite le dos tourné à ceux qui poursuivaient leur route ils n'en ôtaient pas moins leurs chapeaux en passant devant l'avenue, que si elle eût pu avoir connaissance de cette courtoisie. Je fus cependant témoin un jour d'une infraction à cette déférence universelle.

"C'était le jour de la Saint-Louis, fête de la paroisse de Kamouraska : madame Taché précédait à l'ordinaire, à l'issue de la messe, une longue escorte de ses censitaires, lorsqu'un jeune gars échauffé pas de fréquentes libations dont plusieurs d'entre eux étaient coutumiers pendant les fêtes de paroisses à la campagne, lorsqu'un jeune gars, dis-je, se détachant du cortège, passa la voiture de sa seigneuresse de toute la vitesse de son cheval. Madame Taché fit arrêter sa voiture et se retournant du côté de ceux qui l'accompagnaient s'écria d'une voix forte :

" — Quel est l'insolent qui a passé devant moi ?

" Un vieillard s'avança vers elle chapeau bas et lui dit avec des larmes dans la voix :

" — C'est mon fils, madame, qui est malheureusement pris de boisson, mais soyez certaine que je l'amènerai vous faire des excuses et en attendant je vous prie de vouloir bien recevoir les miennes pour sa grossièreté.

** Je dois ajouter que toute la paroisse ne parlait ensuite qu'avec indignation de la conduite de ce jeune homme. Il y avait en effet double offense de la part du délinquant : d'abord manque d'égards envers leur bienfaitrice, et ensuite, d'après les mœurs, insolence de passer une voiture sans en demander la permission, (i)"

Paschal-Jacques Taché et Marie-Louise-Renée de Charnay n'eurent qu'un enfant : Paschal.

(r) Mémoires^ p. 532. C'est encore la belle coutume, dans nos campagnes, de ne jamais passer devant une voiture sans s'excuser ou demander la permission. Conservons toujoars ces vieilles et touchantes traditions, cette belle politesse française, que nous ont léguées nos pères, les plus polis des hommes.

BRANCHE CADETTE

Première génération : Jean-Paschal Taché Deuxième génération : Paschal-Jacques Taché Troisième orénération : Paschal Taché

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