I. Jean-Gkorges Taché
Né à Saint-Louis de Kamouraska le 20 janvier
Il fut admis à la pratique du droit le 18 septembre 1848.
M. Taché s'établit dans sa paroisse natale, et ne tarda pas à se faire une position enviable au barreau.
En 1856, le Conseil Législatif devint électif. Il devait se former par élections graduelles tous les deux ans. La division de Grandville, qui comprenait les comtés de Témiscouata, Kamouraska et l'Islet, fut appelée à élire un conseiller législatif en 1860.
M. Taché fut choisi comme candidat conservateur. Les libéraux mirent sur les rangs M. Letellier de Saint-Just, qui devait être plus tard lieutenantgouverneur de la province de Québec.
Après une lutte acharnée, M. Letellier de Saint- Just fut élu, le 31 octobre 1860, par une majorité de 616 voix.
Cette rude campagne avait épuisé M. Taché. Il fut enlevé à l'affection des siens quelques mois après. Décédé à Saint-Louis de Kamouraska, le 7 juin 1861, il fut inhumé le 1 1 dans le cimetière paroissial.
Un de ses amis lui consacrait les lignes suivantes
dans le Canadien du 14 juin 1861 :
''Vendredi, le 7 du courant, vers dix heures du soir, Jean-Georges Taché, écuier, avocat de Kamouraska, rendait le dernier soupir, après une courte maladie de treize jours.
"Cette fin si prompte et si prématurée a produit dans tout le comté de Kamouraska, une sensation impossible à décrire. A la nouvelle de sa mort encore inattendue, l'anxiété manifestée durant tout le cours de la maladie, s'est changée en une morne et profonde stupeur. Jamais douleur plus sincère et plus vive ne s'est exprimée -avec une éloquence semblable.
"Jeune, il avait encore devant lui une longue suite d'années avant de dépasser la maturité. Il pouvait et il voulait donner à son pays la juste part de labeur que tout bon citoyen est tenu de lui consacrer. Avec des talents distingués, des connaissances étendues, des habitudes de travail peu ordinaires, une heureuse aptitude pour les affaires et un patriotisme aussi sincère qu'éclairé il promettait de devenir un des hommes publics les plus précieux et les plus capables. . . .
" La Providence en a disposé autrement, et, à la fleur de l'âge, au milieu d'une carrière pleine d'utilité et de succès, la mort est venue le retrancher du nombre des vivants.
" Comme avocat, M. Taché était déjà l'honneur du barreau. A son début, et sans transition, il s'était placé au premier rang parmi ceux de sa profession. Il possédait, à juste titre, la confiance universelle, et sa clientèle, beaucoup trop nombreuse pour un homme seul, l'astreignait, lui, faible de corps, à un travail excédant les limites des capacités ordinaires. Aussi l'inexplicable maladie qui l'a si subitement emporté l'a-t-elle trouvé sans force contre ses cruelles atteintes.
"Comme homme, il possédait, au plus haut degré, les qualités de l'esprit et du coeur, franc, sincère et loj^al, sa parole était sacrée, son amitié inaltérable, sa probité à toute épreuve. Il abhorrait la duplicité, il ignorait le mensonge et sa bouche n'était que l'écho de son cœur.
' ' Religieux sans ostentation comme sans timidité, il avait la foi du chrétien sincère, la foi qui se manifeste par la pratique et les oeuvres. Ses derniers moments ont été fortifiés parles sublimes consolations de la religion. Sa mort a été celle du juste confiant dans la miséricordieuse clémence de son créateur.
"A ses funérailles, qui ont eu lui hier le oaze, à Kamouraska, assistait une foule immense, l'élite de toutes les paroisses des comtés de Kamouraska, l'Islet et Témiscouata. La ville de Québec y était aussi représentée par plusieurs des amis du défunt. PI as de vingt membres du clergé encombraient le chœur. La sévère tenue et la profonde tristesse de toute cette multitude attestaient hautement la sincérité et l'étendue des regrets causés par cette perte qu'on peut justement dire irréparable."
M. Taché avait épousé, à Saint-Paschal, le 26 novembre 1855, Henriette-Euphémie, troisième fille de ,^ feu Louis Casault et de Marie-Françoise Biais. y
Madame Taché décéda à Saint- Louis de Kamouraska le 3 septembre 1 87 1 , et fut inhumée dans le cimetière paroissial.
Aucun enfant n'était né de leur mariage.