‹ La famille TaschereauChapitre 4 sur 105 · L'HON. GABRIEL-ELZEAR TASCHEREAU · texte numérisé non relu

L'HON. GABRIEL-ELZEAR TASCHEREAU

Né à Québec le 27 mars 1745.

Quoique bien jeune lorsque Wolfe vint mettre le siège devant Québec, Gabriel-Elzéar Taschereau se battit vaillamment contre l'envahisseur.

A la cession du pays, ses intérêts étant au Canada — il avait hérité des seigneuries de la Nouvelle-Beauce ou de Sainte- Marie et de Joliet — , il jura fidélité aux nouveaux maîtres du sol.

En 1775, lorsque les Américains envahirent le Canada, il prouva que son vSermentde fidélité n'était pas un vain mot. Il vSe mit entièrement aux ordres du gouverneur Carleton. Il se trouva à l'affaire du Sault-au-Matelot, et fut un de ceux qui accompagnèrent l'armcc du général Burgoyne. Carleton l'employa aussi comme paie-maître des troupes. Les Américains se vengèrent de sa fidélité en mettant ses seigneuries au pillage. Arnold et ses lieutenants, dans leur passage à travers la Beauce, non seulement ne se gênèrent pas de prendre dans les métairies du seigneur Taschereau tout ce qui leur était nécessaire pour se nourrir, mais ils firent vendre à l'encan, à leur profit naturellement, les objets qu'ils ne pouvaient emporter.

IvCS envahisseurs repoussés, M. Taschereau n'abandonna pas la milice car à sa mort il était encore colonel du deuxième bataillon des milices de la ville de Québec et des compagnies annexées.

Le ï5 août 1776, Pierre Livius, docteur en droite Guillaume Owen et Gabriel-Elzéar Taschereau étaient nommés pour former une cour de juridiction civile pour le district de Montréal afin de recevoir un état général des comptes, tant de ceux qui avaient souffert des dommages dans leurs biens par l'invasion des rebelles, que de ceux qui avaient été obligés de fournir de l'argent, des vivres oU d'autres effets aux dits rebelles.

Le 6 mars 1777, Gabriel- E^lzéar Taschereau était fait juge des plaidoA^ers communs pour le district de Montréal, mais il donna bientôt sa démission pour aller résider à Québec.

Après la ceSvSion du Canada, sir Jeffery Amlierst avait demandé à Georges III de lui concéder les biens des Jésuites^ Avatit de se rendre à cette demande, le roi d'Angleterre donna instruction à lord Dorcliester d'instituer une commission pour rechercher s'il pouvait légalement donner ces biens à Amherst. Le 7 janvier 1788, Kenelm Chandler, Thomas Scott, John Cofîin, Jean-Antoine Panet, George Lawe, James McGill, Quinson de Saint-Ours et Gabriel- Elzéar Taschereau étaient choisis par Dorcliester pour former cette commission. M. Taschereau et ses confrères canadiens protestèrent avec énergie contre le rapport informe et partial de la majorité des commissaires.

Gabriel-Elzéar Taschereau eut l'honneur de siéger dans la première Chambre d'Assemblée établie par la constitution de 1791. Il fut élu, le 10 juillet 1792, député de Dorchester, et siégea jusqu'à la fin du Parlement, le 31 mai 1796. Le comté de Dorchester comprenait alors les collèges électoraux actuels de Dorchester, Beauce et Lé vis.

Le 18 mars 1794, M. Taschereau succédait à l'honorable François- Marie Picotté de Belestre, en qualité de grand- voyer du district de Québec.

Quatre ans plus tard, en 1798, le gouverneur Pre^cott l'appelait au Conseil Législatif.

Enfin, le 9 janvier 1802, il était nommé surintendant des maisons de postes provinciales en remplacement de l'honorable Hugh Finla}', décédé.

L'honorable Gabriel-Hlzéar Taschereau mourut à son manoir, à Sainte-Marie de la Beauce, le 18 septembre 1809. Il fut inhumé le 20, dans l'église paroissiale, au milieu d'un concours immense de vSes censitaires.

La Gazette de Québec, d'ordinaire peu prodigue d'éloges, disait de M. Taschereau au lendemain de ses funérailles: " Les vertus qui distinguaient ce citoyen vraiment respectable ne peuvent être énumérées dans une notice biographique ordinaire. Sa vie mériterait d'être connue, même dans vSes détails les plus infimes. Qu'il nous suffise de remarquer qu'il a rempli les différentes charges qu'on luf a confiées avec un ordre et un discernement remarquables ; comme grand-voyer il contribua beaucoup au progrès de la Province et c'est grâce à lui si la Nouvelle- Beauce est devenue en peu d'années un établissement prospère. Personne ne fut plus zélée pour le service de son Roi. Il a hérité d'une seigneurie de peu de valeur ; ses talents et son industrie lui ont permis d'amasser une des fortunes les plus considérables du Canada.

" Il a vu venir la mort avec fermeté car sa conscience était pure et sans reproche ; sa mort a été celle du juste. Les larmes, les regrets, le chagrin véritable de sa famille sont les meilleures preuves de ses vertus domestiques. ' '

L'annaliste du monastère des Ursulines de Québec renchérit sur la Gazette de Québec.'' Pour notre part, écrit-elle, nous devrons à jamais le regarder comme un de nos insignes bienfaiteurs. Touché de l'embarras où il voyait sa chère sœur (la mère Saint-François-Xavier) lorsqu'elle fut mise pour la première fois dépositaire, il s'offrit à démêler nos affaires et s'y appliqua avec un soin infatigable, n'épargnant ni veilles ni voyages. Il serait difficile de se former une juste idée des soins et des peines qu'il s'est donnés pour débrouiller nos titres et autres papiers ; il y employa tout

un hiver, ayant eu pour cela permission d'entrer chaque jour au (Icjxtt. Il concéda nos terres et seigneuries qui nous donnent aujourd'hui plus de rentes que nous n'en retirions ci-devant de France. Ht tous ces services inappréciables nous ont été rendus sans autre intérêt de sa part que de satisfaire les inclinations d'un cœur qui aimait à faire du bien et à obliger ; nous pouvons le regarder comme le restaurateur de nos affaires temporelles." (i)

L'honorable Gabriel-Klzéar Taschereau avait épousé, à Québec, le 26 janvier 1773, Marie-Iyouise-Klisabeth, fille de Pierre Bazin, négociant et colonel des milices du gouvernement de Québec, et de Marie-Thérèse Fortier. Elle mourut à Sainte-Marie de la Beauce le 12 mai 1783, et fut inhumée dans l'église le lendemain. Bile avait donné huit enfants à son mari : I Gabriel-Elzéar ; II Thomas-Pierre-Joseph ; III Marie-Ivouise ; IV Jean-Thomas ; V Charlotte-Claire ; VI Jean-Baptiste-Xavier ; VII Anonyme ; VIII Thérèse- Julie.

En secondes noces, à Beauport, le 3 novembre 1789, il épousa Eouise-Françoise, fillede Antoine Juchereau Duchesnay, .seigneur de Beauport, Saint-Roch des Aulnaies, Gaudarville, Fossambault, Saint-Denis et autres lieux, et de Julie-Louise Liénard de Beaujeu. Madame Taschereau mourut à Sainte-Marie de In Beqnre le 3 janvier 1841, à l'âge de 69 ans. Elle fut inhumée dans l'église le 7. De ce second mariage naquirent trois enfants : IX Antoine-Charles; X Georges-Louis ; XI Louise-Julie.

L'ABBÉ GABPvIEL-ELZÊAR TASCHEREAU

Né à Québec le 23 octobre 1773.

Ordonné prêtre le 28 octobre 1796, il fut immédiatement envoyé vicaire à Trois-Rivières.

(i) Les Ursuli7ies de Québec, tome quatrième, p. 658. Le Canadien du 23 septembre 1809 fait aiissi l'éloge de M. Taschereau.

L'année suivante, il devenait curé à Sainte-Croix de Lotbinière.

En 1800, il était curé de Saint-Charles de Chambl}^

Deux ans plus tard, son évêque lui confiait la cure de Sainte-Thérèse de Blainville, dans le comté de Terrebonne.

En 1809, il prenait la direction de la paroisse de Saint- Jean-Port-Joli.

Ce fut sa dernière cure. Retiré à vSainte- Marie de la Beauce en 1813, il y mourut le 29 juillet 1822. Il fut inhumé dans le sanctuaire de l'église paroissiale, du côté de l'Evangile, le ler août.

THOMAS-PIERRE-JOSEPH TASCHEREAU Le continuateur de la branche aînée.

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