AGNÈS TASCHEREAU
Née à Québec le 16 février 1823.
Décédée à Sainte-Marie de la Beauce le 12 juin 1881. Inhumée dans la chapelle Sainte- Anne le 15.
(i) A.-B. Routhier, Son Ein. le cardinal Taschereau, pp. 130 et seq. On peut en outre consulter sur le cardinal Taschereau : Mgr Ths. E. Haniel, Le premier cat dinal caiiadicn ; Mgr Henri Têtu, A'c'tice biographique de S. E. le cardinal Taschereau, archevêque de Québec; h' ahhé Auguste Gossélin, /îibilé sace^dolal de S. E. le caidinal Taschereau ; L'abbé O. E. Mathieu, Elo»e de Son Eminetice le cardinal Taschereau, chancelier apostolique de Vuniveisité Laval; Mgr Têtu et Mgr Gagnon, Mandements des évêques de Québec.
Hon. Jean-Thomas Taschereau, jr
DEUXEME BRANCHE
Première génération : Thomas- Jacques Taschereat» Deusdème géû^ïàUoû : Gàhclti-Ylzéàa Taôcbereau Troisième génération : Jean-Thomas Taschcrcau, sr. Quatrième génération : Jean-Thomas Taschcreau, jr.
L'HONORABLE JEAN-THOMAS TASCHEREAU, Jr.
Né à Québec le 12 décembre 18 14.
Il fit ses études au séminaire de Québec, où, comme son frère Elzéar- Alexandre, il se distingua beaucoup, enlevant les premiers prix surtout en latin, dans les mathématiques, etc.
Son cours d'études terminé, il étudia le droit sous les deux plus éminents praticiens du temps, l'honorable Henry Black, plus tard juge de la Cour de vice-amirauté à Québec, et M. Andrew Stuart, plus tard .solliciteur-général de Sa Majesté pour le Bas-Canada.
Admis au barreau le 11 juillet 1836, il s'embarqua quelque temps après pour l'Europe et suivit à Paris pendant plu-
sieurs mois les cours de droit des plus célèbres professeur.^ de rUuiversité.
A son retour au pays natal, il ouvrit son bureau à Québec, et pendant les vingt années suivantes il exerça sa profession avec distinction et succès. Ses plaidoyers, tant au civil qu'au criminel, furent toujours remarquables, empreints d'une logique serrée et d'une éloquence nen-euse et entraînante.
Le 3 septembre 1855, il était appelé par le gouvernement à agir comme juge-as.sistant de la Cour Supérieure, en remplacement de l'un des juges réguliers de cette Cour, nommé membre de la Cour spéciale formée en vertu de l'acte pour abolir les droits féodaux et les rentes seigneuriales dans le Bas-Canada.
Deux fois, dans la suite, en 1858 et en 1860, il fut honoré de la même marque d'estime par le gouvernement.
Le 7 août 1865, il était nommé juge de la Cour Supérieure de la province de Québec, en remplacement de l'honorable Augustin-Norbert Morin, décédé.
Le II février 1873, il était nommé juge de la Cour du Banc de la Reine pour la province de Québec.
Enfin, le 8 octobre 1875, il était élevé à l'éminente position de juge de la Cour Suprême du Canada.
Sa santé chancelante le força de résigner le 6 octobre
Le 14 mars 1887, Sa Sainteté le pape Léon XIII reconnaissait les services rendus à l' Eglise par le juge Taschereau en lui conférant le titre de commandeur de l'Ordre de Saint^ Grégoire le Grand.
L'honorable juge Jean-Thomas Taschereau mourut à Québec le 9 novembre 1893, ^^ fut inhumé le 13 dans le cimetière Belmont.
" La mort de M. le juge Taschereau, lisons-nous dans V B/ecfatr dn I ï novembre 1893, fait disparaître nne des grandes figures de la magistrature de notre province.
*' Ce décès rappelle à l'esprit bien des réminiscences de
Ht
la magistrature de Québec autrefois. Pendant plusieurs an^ nées, nous avons eu à la Cour de Révision sir William-Collis Meredith, sir Andrew Stuart et M. le juge Taschereau. Inutile de dire la valeur d'un tribunal ainsi composé : la Cour de Révision de Québec était certainement alors le tribunal dont les décisions avaient le plus de poids dans tout le pays. Trois magistrats de cette valeur pourraient donner de l'autorité à n'importe quel tribunal.
" Vers le même temps où la Cour de Révision était ainsi composée, la Cour d'Appel, pour des raisons sur lesquelles il est inutile de s'appesantir, était tombée dans un grand discrédit. Il se passa alors quelque chose de bien extraordinaire : la Cour d'Appel fut presque désertée, et ce fut la Cour de Révision qui en prit réellement la place. C'était devant cette dernière Cour qu'allaient tous les avocats qui voulaient avoir une bonne interprétation de la loi. C'est un malheur que nous n'a^nons pas de recueil des décisions de la Cour de Révision d'alors.
" Ces trois hommes distingués, bien que si différents sous bien des rapports, faisaient un si excellent tribunal, "parce qu'ils se complétaient mutuellement. Le juge Taschereau était le représentant, par les idées et les manières, de l'ancienne magistrature française ; le juge Stuart, au contraire, réalisait le type du juge anglais. On trouvait chez sir William-Collis Meredith un mélange des qualités des deux magistratures.
' ' Mais si ces trois magistrats distingués différaient ainsi sur bien des points, il y avait chez tous les trois des qualités communes : c'était le talent, de grandes connaissances légales, un grand esprit de travail, l'impartialité la plus scrupuleuse, une grande dignité de conduite et de maintien, et une courtoisie toute française. C était un plaisir de plaider devant «ux une cause importante. Tous trois, avant de monter sur le banc, avaient été conserv^ateurs, mais jamais nous n'avons entendu dire qu'un libéral eût élevé un soupçon sur leur impartialité, alors même qu'ils avaient à juger des affaires d'un caractère plus ou moins politique.
" Le juge Tascliercau réunissait deux qualités qu'on croit souvent, à tort, incompatibles : c'était un travailleur acharné, en même temps qu'un lionnne du monde des i)lus aimables. On a rarement vu un homme travailler comme il l'a fait et comme avocat et comme j uge. Il étudiait ses causes avec un soin et une diligence infatigables. Mais, dès qu'il avait mis ses dossiers de côté, il devenait un autre homme : c'était le type de l'homme du monde accompli. Gai, affable, accueillant, causeur des plus diserts, c'était un vrai plaisir de le rencontrer en société. Ht avec quelle bienveillance il accueillait les jeunes avocats ! S'il en rencontrait un qui avait montré quelque talent, il faisait tout en son pouvoir pour l'encourager. Au lieu de faire comme certains juges, qui se font un plaisir d'humilier devant ses clients l'avocat auquel ils font perdre une cause, s'il se voyait obligé de condamner les prétentions, surtout d'un jeune avocat, il le faisait en élevant aux nues le talent et les connaissances qu'il avait montrés dans la conduite de sa cause.
" Encore une fois, avec le juge Taschereau, non seulement la magistrature canadienne perd l'un de ceux qui, pendant bien des années, lui ont fait le plus d'honneur, mais la société de notre ville perd l'un de ses plus brillants ornements."
Il était à sa mort propriétaire des seigneuries de Joliet, comté de Dorchester, et de l'Augmentation de Saint-Michel, comté de Bellechasse.
L'honorable Jean-Thomas Taschereau s'était marié deux fois. Sa première femme fut Louise- Adèle, fille de l'honorable Amable Dionne, conseiller légivslatif, et de Catherine Perrault. Le mariage eut lieu à Saint-Louis de Kamouraska, le ler septembre 1840.
" Madame Taschereau, dit Mgr Têtu, comme toutes ses sœurs du reste, était une personne distinguée et instruite ; elle avait une voix magnifique et chantait remarquablement bien. Elle était l'une des héritières de l'esprit un peu caustique de son père, et, comme lui, elle excellait à jouer de
bons tours. On comprend qu'avec son éducation et la haute position de son mari, elle occupa un rang distingué dans la meilleure société, et il faut ajouter qu'elle était également à sa place au milieu des dames les plus charitables de Québec. Elle avait une santé très délicate, et fut une première fois dangereusement malade, en 1848, chez le docteur Ludger Têtu, qui par des soins assidus, put, cette fois, la ramener à la vie. Quelques années après, elle fut attaquée de phthisie pulmonaire, et cette cruelle maladie la conduisit au tombeau. Décédée à Québec, à l'âge de 40 ans, le 12 mars
1861, elle fut inhumée, le 15 du même mois, dans l'église des Ursulines." (i)
De ce mariage naquirent cinq enfants : I Henri-Thomas ; II Marie-Louise- Adèle ; III Louis- Alfred ; IV Marie-Eugénie ; V Marie-Léda.
En secondes noces, à Saint-Colomb de Sillery, le 23 juin
1862, l'honorable Jean-Thomas Taschereau épousa Marie- Louise- Joséphine, fille aînée de l'honorable Réné-Edouard Caron, lieutenant-gouverneur de la province de Québec, et de Marie- Joséphine DeBlois.
Enfants nés de cette union : VI Joseph-Edouard ; VII Antoine- Jean-Thomas-Caron ; VIII Marie-Louise- Joséphine ; IX Louis- Alexandre ; X Charles-Edmond ; XI Marie-Hélène ; XII Marie-Claire-Caroline.
HENRI-THOMAS TASCHEREAU Le continuateur de la deuxième branche.