ACTE I, SCÈNE IX
autour d’uQ tapis vert,., à faire sa cour à la dame de pique ou à la dame de cœur, qui se moquent de vous?
GASTON
Je t’en réponds...
FANCHONNBTTE.
Vous voyez , Monsieur, que mou état vaut mieux que ie vôtre I...
GASTON
Aussi, mon enfant, je vais en finir avec cette vie-là... je ne jouerai plus... j’ai donné ma démission d'of&cier, et je pars, aujourd’hui même, pour les colonies, pour la Havane!...
fanchonnuttç , vivement,
Ahl mon Dieu I... et qu’est-ce que vous allez faire là?
GASTON
Retrouver uue tante, une excellente parente, qui, depuis ma ruine, est ma seule Providence pn ce monde!.,,
FANCHONNBTTE.
Vous ne m'en avez jamais parlé.,,
GASTON
Je n’en parle à personne, car c’est un roman si étrange...
FANCHONNETfE.
Ahl contez-moi cela... j’a.imO taqtjes romans!... quelle est cette vieille tante?..
GASTON
Upe sœur de mon père , dont le nom m’était à peine eonqtl,,, une Listenay, qui s'était, il y a quelque oin-
quante ans, mésalliée en épousant un armateur espagnol, nommé Antonio Mendoza... Il paraît que la digne femme apprit dans son lie qu’elle avait un neveu déshérité, car, depuis cette époque, je reçois, chaque mois, une sorrime de cent pistoles... et quelques autres envois encore dans mes moments de détresse...
Quand vous avez perdu au jeuî...
GASTON
Précisément.... et avec un à-propos admirable... mais, CO qu’il y a de plus bizarre, c’est la manière dont m’arrivent les bienfaits de ma tante 1...
Par la poste?...
GASTON
Allons donc! une tante sorcièrel... qui devine à mille lieues d’ici l’état du coffre-fort de son neveu!... si c’était à dos d’hippogriffe ou de dragon, je ne dis pas... mais c’est presque aussi surprenant 1... Figure-toi qu’à chaque fin de mois , ou dans les mauvais jours, je vois apparaître un bon vieillard, gros, gras et gris-pommelé, muet comme la tombe... ou qui ne parle que par monosyllablcs... et me remet les fonds dont j’ai besoin.
C’est merveilleux I...
Aussi , ne sachant quel nom donner à cet ange mystérieux de mes finances... je l’ai appelé le père Bonheur!