FANCHONNETTE, GASTON
FANCUONNETTE.
Pardon de vous retenir, Monsieur Gaston,... mais je voudrais vous parler. . .
GASTO.N.
Bien volontiers, ma jolie prêcheuse...
Oh! l’on prêche souvent dans le désert avec vous... Et dites-moi d’abord, Monsieur, qu’est-ce que vous avez fait depuis trois jours qu’on ne vous a rencontré nulle part?
GASTON, avec embarras.
Des visites... des rendez-vous!...
. FANCUONNETTE.
Non, Monsieur, vous avez joué; car voilà deux nuits que vous n’ôtes rentré chez vous...
GASTON, riant.
.\h ! çà, mais c’est un lieutenant de police que celte fille-làl...
C’est une amie. Monsieur, qui vous on veut beaucoup, car vous l’avez trompée... Si j’étais votre maîtresse, passe encore!
30 LA FANC110^’NETTE,
GASTON
Je t'ai trompée?..,
fanchonnette.
Ne m’aviez-vous pas promis de ne plus toucher une carte!., de ne plus fréquenter des mauvais sujets.., fi ! c’est indigne d'un officier... d’un gentilhomme!
GASTON, sévèrement,
Fanchonnettel...
FANCHONNETTB.
Ohl vous avez beau prendre vos grands airs, ça ne me fait pas peur! d'ailleurs, vous m'appartenez un peu» car, sans moi, ce vilain coup d'épée...
GASTON , avec sensibililé.
C'est vrai, c'est vrai... aussi, vois-tu, j’ai pour toi l’amitié d'un frère, et, si j’étais riche, si mop oncle na m’avait pas dépouillé pour son aventurière...
FANCHONNETTB.
Eh bien. Monsieur?..
GASTON
Eh bien ! je ne te laisserais pas Caire un jour de plus ton singulier métier...
FANCHONNBTTB.
Par exemple ! qu’est-ce qu’il a donc de si mauvais, mon métier?... j’ai une jolie voix, à ce qu'on dit... je chante!... je chante comme les oiseaux des bois, en plein air et en liberté... je gagne de l’or en honnête fille.... tout le monde m’écoute et je n’écoute personne!., ça ne vaut-il pas mieux que de passer ses jours et se^ nuits