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LE PALAIS DES SYMBOLES

La forme est la formalité de l'essence : nous acquiesçâmes à cet aphorisme antiphonaire que les voix célestes n'avaient pas nié et nous nous apparûmes réels, c'est-à-dire équilibrés selon l'objectivité la plus commune, mais non la seule.

Ce fut d'abord en un salon de hasard, parmi la cruauté des robes indiscrètes, et ce milieu nous faisait pâlir d'ennui. L'enfance y vagissait sous de blonds ou blancs cheveux et de pareilles joies vitulaires électrisaient les membres ingrats et ceux qui ne Tétaient pas encore ; des gens qui avaient assassiné leur conscience portaient un signe, une tache sanguinolente à l'endroit du cœur ; d'autres ne portaient aucun-, signe et cependant ils n'avaient pas été moins courageux. Cette impression nous fut pénible. Je dis à ma sœur :

— « Il leur reste la satisfaction du

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devoir accompli et la joie de se redire en secret que la perle sociale est toujours une perle, même en l'obscurité de sa coquille close. Le plaisir d'être un scélérat peut se savourer jusque dans le silence. . .

— « Non, ce n'est pas la même chose : les âmes viles jouissent surtout de l'ostentation de leur vilenie. Il leur faut l'estime à laquelle elles ont droit, le silence et l'obscurité les rend inconsolables. »

Quand ma sœur eut parlé, je la priai très simplement de me dévoiler son nom.

« Je suis pierre et fleur, je suis dure et parfumée, je suis transparente et charnue, je suis rude et je suis douce, je suis double et je suis une : ai-je dit pierre ou fleur, en disant Hyacinthe ? »

« O gemme de senteur, ô floraison adamantine et je ne sais quelle musique de paradis dans les syllabes fraîches, une volupté si délicate, des yeux si fraternels où le baiser s'alanguirait au charme de boire un merveilleux éther ! »

Nous regardions les jeux de nos pareils, si dissemblables de nos rêves, et sans nous

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