‹ La fantomeChapitre 2 sur 15 · PORTAIL I I · texte numérisé non relu

PORTAIL I I

Nous sommes plus intouchables que la trace de l'oiseau dans Tair et plus invisibles que l'odeur des roses. Je veux bien t'aimer, ô sœur folle, mais va te vêtir, que je te voie !

Répons. — Mais tu es nue, pauvre âme, aussi essentiellement nue que moi-même, et tout n'est que métaphore. Si je revêts mon corps, que feras-tu de mon corps, et de quels yeux contempleras-tu mes yeux?

Antiphone. — L'essence est essentielle et la forme est formelle, mais la forme est la formalité de l'essence.

Cantique. — Nous mettrons les sept roses aux sept clefs de la viole et l'arc-enciel sera les cordes.

Respire mon odeur, ô cœur, je suis odorante et mourante, la mort des roses en est la cause.

Respire mon haleine, ô reine, je suis amoureux et peureux, j'ai peur de ton bonheur, ô fleur !

Ecoute mes soupirs, ô sire, mes soupirs

ont brisé la viole aux sept cordes, mais j'en ferai sept autres avec mes sept désirs.

Écoute mes paroles, ô folle, tes paroles ont brisé les cordes de mon cœur, mais j'en ferai sept autres avec tes sept soupirs.

Regarde dans ma joie, ô roi, les fleurs sont mortes, la viole est morte, tout meurt excepté toi.

Regarde dans mon ciel, ô belle, les sept couleurs sont mortes de joie, tout meurt excepté toi.

LE ToALodlS "DES SVm'BOLES

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