‹ La farce de maître Pathelin: mise en trois actes, avec traduction en vers modernes vis-à-vis duChapitre 18 sur 81 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Hen! hen ! quel ménager vous êtes!

Comme le père. A besogner On ne se lasse.

Il faut soigner

Il laut soigner Tout pour vivre et gagner sa peine.

C'est cuir de Cordoue, et non laine Ceci.

LE DRAPIER

C'est bon drap bien drapé De Rouen.

J'en suis attrapé.

Je n'avois — soit dit sans feintise, Intention ni convoitise D'avoir du drap lorsque Je vins.

J'avois mis à part quatre-vingts ECUS pour l'achat d'une rente, Mais vous en aurez vingt ou trente, Je le vois. Ce drap, sa couleur Me plaisent tant, que c'est douleur,

Esctts.^ Voire, se peut-il faire Que ceulxy dont vous devez retraire Ceste rente, prinssent monnoye ?

Pathelin.

Et ouy dea, se je le vouloye; Tout m'en est ung en payement.

Quel drap est cecyi Vrayement, Tant plus le voy, et plus m'assotte.

Il m'en fault avoir une cotte, Brief, et à ma femme de mesme.

Le Drappier,

Certes, drap est cher comme cresme !

Vous en aurez, se vous voulez :

Dix ou vingt francs y sont coulez Sitost!

Pathelin.

Ne m'en chaulty CQUste et vaille!

Encof ay-je denier et maille Qu'oncq' ne virent père ne mère.

Le Drappier.

Dieu en soit loué! Par sainct Père, Il ne m'en desplairoit empiece.

Page 1