‹ La farce de maître Pathelin: mise en trois actes, avec traduction en vers modernes vis-à-vis duChapitre 25 sur 81 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Saint Gille !

Tels mots ne sont pas d'évangile.

Jamais vous n^aurez mieux raison De venir boire en ma maison.

LE DRAPIER

Boire est mon fait. J'irai. J'ai peine A faire crédit sans étrenne...

Je vous étrenne d'écus d'or.

N'est-ce assez? Vous aurez encor D'une oie à manger, que ma femme Rôtit à présent.

LE DRAPIER

Notre-Dame!

Cet homme m'assotit. J'irai.

Sus, partez, et les porterai.

Craignez-vous de m'en voir la charge ?

Donnez, ils me seront au large Sous l'aisselle.

Le Dfîappîer.

Ne vous chaille :

H vaut mieulx, pour le plus honnesîe, Que je le porte,

Pathelin.

Maie feste M* envoyé la saincte Magdaleine, Se vous en prenez j à la painè! C'est très-bien dit: dessoubz l'aisselle.

Cecy me fera une belle Bosse!.,, Ha! C'est très-bien allé!

Il y aura beu et galle Chez moy, ains que vous en saillez.

Le Drappier.

Je vous prie que vous me baillez Mon argent, dès que j'y serayf .

Pathelin.

Feray. Et, par bieu, non feray^ Que n'ayez prins vostre repas Très-bien : et si ne voudroye pas Avoir sur moy dequoy payer.

Au moins, viendrez-vous essayer Quel vin je boy. Vostre feu père, En passant, huchoit bien : Compère !

Ou Que dis-tu ? ou Que fais-tu?

Mais vous ne prisez un f esta, Entre vous riches, povres hommes!

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