SCÈNE' iU
•" LE BERGEK.
Messire, Dieu vousgard.-,. . ^
PAT«ELIN.
,iDi& ce qu'il te faut.
LE TBERGER.
Seigneur, on me piqu^ en défçiut Si tantôt ne vais à ma cau$e, ;
Or, défendez-moi. De la chps/s. r
Ne sais mot. Je suis mal vêtu, /
Mais vous payerai, jtrès-tien.
PATHELÏN.
Qu'es-tu?
Demandeur? défendeur? . - . .
LE BERGER
' -' ^ '^ Doux maître, Pour un madré longtemps fis pattre
— Entendez-vous. bien? — ses brebis/ Et quand je les gardais, je vis
— Tout cela bien vrai, car j'en jure,*— Qu'il me faisait maigre pâture,
Qu'il me payait petitement. ' J
Dirai- je tout ?
^a2 ACTE iLi:
Patheliri.
Dea^ smrmâjaznoo f A son conseil doit-on tout dire.
Le Bergîer.
Il est yray et vérité, skèj Que je, lesluy ay assommées; Tant que plusieurs se.saat pasmées > MaintesfoiSf^^t sont cheixtes morteSr Tant f eussent-elles saines et fortes.
Et puis, je luy.fesoye entendre y Afin quà ne nfen peust reprendre, QuHlz mouroient de la^clavelée.
« Ha! faict-il; ne soit plus meslée • Avec les autres : gelte^k !
— Voulentiersl » fais- je. Mais cela Se faisoitpar une autre voye : ^ Car, par sainct Jean! je les mangeoye.
Qui sçavoye bien la maladie.
Que voulez-vous que je vousdie\ fay cecy tant continué, fen ay assommé et tué ^ •
Tant, qafits'en est bien apperçeu.
Etqmnd il ^istmomt^deçeu^ Waist dieu! il îri£L\fdt espur :
Car on les oofLUesitricr. ,.. .
Assurément :
A son consdl on doit tout dire.
LE BERGER
Le vrai du vrai, c'est que, raessire,
J'avisais à les assommer
Tant, que plus d'une en vis pâmer
Maintes fois, et puis tomber morte,
Encor>qu'elie fût saine et forte
Et, pour n'être repris après,
A chacune je l'assurais
Que c'était de la claveiée.
« Ah ! qu'elle ne soit plus mêlée
Aux autres, dit-il ; jette-la.
— Volontiers, » fis-je. Mais cela
Se faisait d'une autre manière :
De la première à la dernière,
Comme manger de bon aloi,
Par saint Jean! je les croquais, moi
Qui savais bien la maladie à
Que voulez-vous que. je vous die?
J'ai ceci tant continué,
J'en ai tant assommé, tué
Tant, qu'il s'est aperçu du conte.
Comme il n'aime point qu'on l'affronte.
Pour lors, ilm'aéiit épier.
Or, les bêtes, ça veut crier .
134 ACTE ÎIÏ.
{Entendez*^ousi) quand on ksçait.
Or^ pay esté pleins sur le faict :
Je ne le puis jamais nier.
Si vous voudroye bien prier
(Pour du mien, 'fay assez finance) . ^
Que nous deux luy baillons l'avance.
Je sçay bien qu'il a bonne cause;
Mais vous trouverez bien tel clause, '
Se voulez, qu'il l'aura mauvaise,
Pathelin.
Par ta foy, seras-tu bien nise ?
Que donraS'tu, si je renversa Le droit de ta partie adverse, .
Et si je t'en envoyé absoulz!
Le Bergier.
Je ne vous payeray point en soulz, Mais en bel or à la couronne.
Pathelin.
Donc auras-tu ta cause bonne.
Et, fust-elle la moytié pire,
Tant mieulx vauli, et plustost l'empire^
Quand je veulx mon sens aplicquer.
Que tu m'orras bien descliquer^
Quand' il mra fait sa demande! ntV
Or, vien çà : et je te demande, .7