‹ La farce de maître Pathelin: mise en trois actes, avec traduction en vers modernes vis-à-vis duChapitre 67 sur 81 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Quand on les tue : on put entendre Puisqu'on savait, el puis me prendre Sur le fait, sans pouvoir nier.

Aussi, je voudrais vpus prier, Mais à bon prix, car j'ai finance, .

Pour que prenions sur lui l'avance.

Il a bonne cause, je sais ; Mais par quelque clause au procès^ S'il vous plaît, il l'aura mauvaise.

PATHIÎLIN.

Par ta foi, seras-tu bien aise?

Mais ensuite que paieras-tu Si, quand j'aurai bien débattu.

Je te donne gain et renverse Le droit de ta partie adverse, Si je fais que tu sois absous ?

LE BERGER

Je ne vous payerai pas en sous.

Mais en bel or à la couronne.

PATHEUN.

S'il est ainsi, ta cause est bonne.

Fût-elle pire encor, tant mieux , Car celles-ci, quand je le veux.

Sont les meilleures. Qu'il s'explique, Et tu verras à ma réplique

1^6 ACTE ni.

Par le sainct sang bien précieux!

Tu es asset malitieux Pour entendre bien la cautelle.

Comment est-ce que l'en f appelle^

Le Bergîer.

Par sainct Maurl Thibault PAignelet.

Pathelin.

VAignelety maint aigneau de laict Tu as cabossé à ton maistre^

Le Bergier.

Par mon serment! il peut bien estre Que j'en ay mangé plus de trente En trois ans.

Pathelin.

Ce sont dix de rente, Pour tes dez et pour ta chandelle.

Je croy que luy bailler ay belle!...

Penses-tu qu'il puisse trouver Sur pieZy par qui cesfaicts prouvera C'est le chief de la playderie.

Le Bergîer.

Prouver, sire! Saincte Marie!

Par tous tes saincts de paradis !

Pour ung, il en trouvera dix, Qui contre moy déposeront.

Ce que j^if§r?i-4e,^Q|î.,<ii;(vV-! 7, ,\ Mais viens çà. Tu pa.rai$ ff4>roix.^ . , .

Et bien ent^^dri^,l%çautellç* CoramenVÇStHC^ que Tq^ j'îçp^il^î

ThitewJt, J'Aignelet; . ■ •-r\ ..;

'L'Aîgnelet,' Tu mangeas maint aigneàu de lait A ton maître... , . ,

^' ' ' ^ Uri pe» plùis de trente En trois ans. •-

Ce sont dix de rente Pour ta chandelle. On le jouera, Va, bel et bien II lui faudra D'ab^d,. c'est la^clef de la cause, Quelqu'un qui sur les faits dépose, Qui prouve...

LK BERGER

.^ints du Paradis I Pour un il çn trouvera dix , Qui s'en viendront déposer çpntre.

138 ACT^iy^

Pathelin.

Cesî ung cas qui bien fort desrompt Ton faict.., Vecy que je pensoye:

Je faindray que point je ne soye Des tiens y ne que je te visse oncques?

Le Bergier.

Ne ferez y dieux l

Palhelin.

' Non y rien quelconques.

Mais vecy qui te conviendra, : . , / Se tu parles^ on te prendra, t Coup à coup, {^ux positions; Et, en telz cas, confessions .. '.

Sont si très-préjudiciables, Et nuysent tant, que ce sont dyables l Etf pour ce, vecy qu'il faudra^ :, Jà tosty quand on f appellera, Pour comparoir en jugement, Tu ne respondras nullement, Fors Bée, pour riens que l'on tê die.

Ety s'il advient qu'on te mauldii.

En disant : « Hé, cornart puant; Dieu vous mette en mal an, truant!

Vous mocquez-vous d^ la justice^ »

Dy : Bée. « Hal feraf-je, il est nice;

SQÈlMit iJ9

Mauvais cas, fâcheuse rencontre Et qui rompt bien ton fait. Voici Ce que j'avise : il faut qu'ici ie ne semble pas te connaître.

LE BERGER

Hé dieux! que non pas, mon doux maître!

PATHEUN.

Patience, et voyons un peu Ce qui conviendra pour ton }eu : Si tu parles, on te confesse, On te fait, sans répit ni cesse, ' Questions pleines d'embarras.

Or, confessions; en tels cas, Sont des plus préjudiciables Et nuisent t^t que ce sont diables.

Voici donc ce qu'il noUs faudra :

Tantôt, quand ort t'appellera '^ Pour comparoir au plaid, renonce A rien dire ; que ta réponse Unique à ce qu'on te dira * Soit : Bée; ainsi : Bée; on crfete :

« Vous moquez-vous de 4a justice.

Truand f % Dis^Bée.Vn'istr^ice

r^o Acf é ïiï:

Il cuide parler à ^es l'esfesr. '<> '- " ^-^ - • Mais^ s'ilz dévoient rdm)ffe Mrsiestesy Que autre mot n'ysse de tdboïkfie't Garde- f en bien!

Le Bérgiér.

' Lé^fakt meîouche.

Je m^en garder ay vrâyementy<.r- Et le feray bien proprtmmi Je vous promets et afferme.

Pathelin.

Or f en garde ; iitns'îoy bien fexme.

A moy-mesme, pour quelque chose , Que je te die^ ne propose, Si ne respondz point autrement.

Le Bergier.

Moy! nennyy par mon sacrement!

Dictes hardiment que j'àffolle.

Se je dy huy autre parolle, A vous ne à. autre personne^ Pour quelque niot que ton me sonne , Fors Bée, que vous m^avez apprins.

Pathélin.

Par saxrià Jean V ainsi s'erâpMs^ Ton adversaire par Umoè:\ ^'^'-" ""'

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