CY FINE PATHELIN
Page 1, vers 3. Édition de Beneaut:
À brouiller ne à baracher.
— 7. Gramaïire, dans le manuscrit de Bigot : grand; maire, dans quelques éditions; pour Guillemette, c’était là le grimoire.
— 8. Édition de Beneaut :
A Paris, il y a grant piece.
8, 2. Manuscrit de La Vallière :
Amen. Jesus-Christ, par sa grace!
— 10. Manuscrit de La Vallière :
Je suis bien. Des biens temporeulx Il avoit.
Édition de Leroy, et autres :
Je suis bien, par le Corps precieulx !
10, 1. Édition de Trepperel:
Ses deniers a qui les vouloit.
— 13. Manuscrit de Bigot :
Vous tenez trop bien la doctrine.
Page 10, vers 15. Édition de Beneaut:
Tousjours, tousjours, de besoigner.
11, 14. Édition de Beneaut:
Tout m'est ung, or ou paiement.
Édition de Trepperel :
Tout m’est un, quant au payement.
— 22. Manuscrit de Bigot:
Si tost! Ne vous chaille !
Encor ay deux deniers et maille Que ma mére ne vitonc frere.
12, 2. Manuscrit de La Vallière :
Que ne vit onc pere ne mere.
— 9. Édition de Beneaut :
Tout est en vo commandement.
— 13. Édition de Beneaut:
Voulez-vous de ce drap icy?
15, 3. Manuscrit de Bigot, où manque un vers pour rimer avec ventre saint Pierre:
Si ric a ric!
— Se vous voulez ce, sanS replic, Ilz seront encor mesurez ?
— Nenny, de par Dieu, c’est assez. Foy que doy les Sains de Bretaigne...
— 5. Édition de Beneaut :
Nenny, en sanglante estraine.
Édition de Leroy et de Trepperel :
Nenny, de par une longaigne.
Manuscrit de La Vallière :
Nenny, par saint Jacques d’Espaigne !
Édition de 1614 :
Nenny, tant de peine m'engaigne.
Page 16, vers 7. Ce vers, dans lequel nous avons ajouté lPexclamation oh! pour lui donner le nombre de syllabes
nécessaires, manque dans plusieurs éditions, Éditions du XVE siècle :
C’est cela! Vous ne vouldriez.…..
17, 1. Ce vers et les dix suivants sont remplacés, dans
le manuscrit de Bigot, par cinq vers seulement que dit Pathelin :
Soubs mon aisselle, ne vous chaille, Que me grevera-t-il? Pas maille.
Ha, dea, que c’est trop bien allé!
Il y aura beu et gallé
Sur moy, ains que vous en alliez !
— 21. Manuscrit de Bigot:
Quel vin beuvoit feu vostre pere?
Huchoit bien, en passant : « Compere, Hau! que dis-tu ? ou que fais-tu? »
18, 3. Ce vers n’ayant pas le nombre de syllabes nécessaires à la mesure, Génin l’a rectifié ainsi :
Et, par le saint sang bieu ! nous sommes.
— 7. Édition de Beneaut :
Si feray-je. Or allez devant...
— 10. Édition de Génin:
Or! par le col soit-il pendu!
19, 1. Édition de Nyverd:
De l’an, qui ne les emblera.
— 7. Dans le manuscrit de Bigot, Pathelin commence ainsi :
Ca, Guillemette, que devint.
21, 1. Manuscrit de Bigot:
On vendra, on engagera:
Quan que j’avons sera osté.
Page 21, vers 10. Édition de Beneaut :
Qu'on sorappelle Joceauime.
23, 7. L'édition de Beneaut porte: Nenny, au lieu de ceci.
— 8. Manuscrit de La Vallière :
Mais je l’ay tant dorelote, Que le meschant si m’a presté.
— 12. Manuscrit de La Vallière :
L'on luy rendra, mais le grand diable!
— 17. Édition de Beneaut:
Ung formage qu’en bec avoit.
24, 11. Manuscrit de La Vallière :
Vous l’avez grippé par tell’ voye.
26, 3. Édition de Beneaut:
Il fault que nous nous tenons fermes 27, 17. Manuscrit de La Vallière :
Il doit venir manger d’une ouaÿe.
28, 3. Manuscrit de Bigot:
De quoy? N'est-il pas venu querre...
29, 14. Manuscrit de Bigot:
Sans le bien, beau sire, vous tienne
Édition de Nyverd :
À la teste vous tienne.
30, 9. Édition de Nyverd :
Dictes; car, quand est de debas Itels, je ne l’ay point aprins.
— 22, Manuscrit de Bigot:
De vos baveries je suis lasse.
Page 33, vers 17. Manuscrit de Bigot:
Et qu’esse icy ? N’avez-vous honte ?
34, 4. Édition de Nyverd :
Ils en usent comme de cire.
— 9. Édition de Beneaut :
Ces trois morceaux noirs et becuz.
35, 1. Manuscrit de Bigot:
Dites-vous que ce sont pilloires ?
Ilz m'ont tout rompu les maschoires !
— 7. Édition de Beneaut:
Pour Dieu, pour Dieu, quoy qui demeure !
36, 6. Édition de Beneaut:
Quant ell’ sault hors de fondement.
37, 4. Manuscrit de La Vallière :
Moult de gens pourroient supposer.
— 21. Édition de Génin:
Encore... Par le sacrement...
— 22. Édition de Beneaut:
Adieu, dea! Or je voys sçavoir. 38, 4. Éditions gothiques :
Je les avoye vrayement!.…..
39, 2. Manuscrit de Bigot:
Certes, s’il vous trouvoit levé!
— Haro ! qu’il est tendre serré!
— 15. Manuscrit de Bigot:
Car, certes, ilne donnoit rien
Ne pour feste ne pour dimenches.
Mais, dans le manuscrit, le vers suivant est incomplet et ne rime pas avec dimenches.
Page 42, vers 17. Manuscrit de Bigot:
De quatre petis guiterneaux.
46, 11. Édition de Le Caron, de Coustelier et de Durand :
Or charnouart austiné.
— 21. Ïl y a Jehan du Quainay dans l'édition de Le Caron.
47, 5. Les éditions de Leroy, de Le Caron, de Trepperel et autres, portent : Que j'orrebraire.
48, 17. Manuscrit de Bigot:
Par le saint corps bieu ! il radote.….
— 20. Manuscrit de Bigot :
Ne langaige qui ÿ appaire.
49, 5. Dans l'édition de Beneaut, il y a bonne semaine, et botte semaine dans l'édition in-8° gothique sans date. — 8. Manuscrit de Bigot :
Va te foute, sacré paillard !
°— 16. Édition de Beneaut:
Jacques nyent ce sont ebobis.
So, 4. Éditions de Beneaut, de Leroy, de Trepperel, et autres:
Tout parlant, comme il la scume !
Veez-vous pas comment il escume Haultement la Divinité?
El" s’en va, son humanite !
Manuscrit de Bigot :
Tout parlant, comment il latine!
Nostre-Dame ! comme il estime Largement la Divinité !
— 13. Manuscrit de Bigot :
Devant moy, mais secretement, Et prenez en gré l’aventure.
Page S x, vers 14 et suiv. Il y a ici, dans le manuscrit de Bigot, Cinquante-six vers que Génin regarde comme interpolés par lesacteurs, qui jouaient cette farce longtemps
> » eu . ° après l’époque de sa composition, Voici ces vers, qui paraissent, en effet, d’une facture moins ancienne que ceux
du Pathelire > mais qui ne sont pas sans mérite, quoi qu’en dise Génim :-
Au moins aurons-nous recoupré A ssez drap, comme qu’il en voise.
Qu'en dites-vous donc, ma bourgeoise ?
S çaÿ-je rien d’avocasserie ?
GUILLEMETTE
OQOuil, dessus la draperie.
Vrayement, vous avez bien fait pestre Joceaulme? Qu’estes-vous bon mestre, D'embougier gens, sainte Marie !
Je n'’eusse ceste tromperie,
Jour de ma vie, controuvée,
Que vous avez cy esprouvée.
Sacrement bieu ! quand vous voulez, Je voy bien que vous y moulez
Bien parfont en l’adrocassage !
Je ne vous cuidoie pas si sage,
Mes je voy bien, sans vous louer, Que l’on vous peut bien appeler Dessus tous les aultres le mestre.
Je feray plus fort que Pierre {sic) Encore; mais que je m'y mette.
Ce n’est icy riens, Guillemette :
Je pense bien à aultre chose Qui sera fait sans faire pose.
Car pourquoy? ung homme authentique Ne doit point lesser sa pratique
Dormir au feu, ne reposer,
Mais se doit tousjours exposer
La proceder de mieulx en mieulx.
Et pour ce, belle seur, je veulx Aller encore marchander.
GUILLEMETTE
Voulez-vous encore eschauder Ne sçay qui?
Ouil, par saint Pierre !
Ce sera mon gentil compere Le fournier du bout de la rue.
Il a tant, que chacun luyÿ rue; Mais ou je faudray laidement À traire, ou certainement Il me rendra, ains que je fine, Ceans pain tout cuit et farine, Dès huy jusques au bout de l’an, Et si sera payé en bran, Ainsi qu a esté Joceaulme.
GUILLEMETIE.
Haro ! vous vallez un royaulme !
Oncques-mais je ne vy nul tel.
Or gardez très-bien à l’ostel.
Je m'en voÿs par icy devant.
(Saluant l’auditoire. )
Messeigneurs, à Dieu vous commant !
(Ils sortent, et la scène se transporte
dans la boutique du drapier. )
LE DRAPPIER.
En dea, maugré saint Mathelin.
Et mestre Pierre Pathelin
Pense-il ainsi a emporter
Mon drap, sans point le rapporter ?
Encor ne sçaÿ-je, sur ma vie,
S’il l’a ou s’il ne l’a mie :
Ce ne fais mon, par le sang bieu!
Et qu’est checy, dea! Es-che geu?
Chacun emporte mon avoir,
Dont je me doy forment douloir.
Or suis-je le roy des meschans !.…
Page 52, vers 2. Édition de 1762:
IL ne m’a pour neant gabé.
— 5. Plusieurs éditions anciennes donnent à ce vers
une forme proverbiale :
Il en viendra au Pont-l’Abbé.
— 9. Manuscrit de Bigot :
Ha, es-tu la, faulx gars, ordoux !
— 24. Cet endroit est corrompu dans toutes les éditions, qui portent: deboucler, ou de bouclier, ou de boucler, comme s’il s’agissait d’une grande levée de boucliers, ce qui serait de bien haut style pour un berger. Génin, en adoptant de boucler, n’a pas expliqué cette leçon. Dans l'édition de 1762, il y a: deboucher, en un seul mot.
53,1. Le manuscrit de Bigot porte: embougler. Génin a mis emboucler, d’après plusieurs anciennes éditions.
— 8.1ly a : le laynage, dans le manuscrit de Bigot. — 12. Manuscrit de Bigot:
N'ay fait chose pour avoir blasme.
— 14. Édition de Beneaut :
Tu les rendras ains samed). ;
54, 2. Manuscrit de Bigot :
Pour Dieu ! que nous ne plaidons point !
Page 54, vers 7. Manuscrit de Bigot:
En dea! chacun me volera.
55, 3. Édition de Beneaut :
Monseigneur siet de relevée.
— 14. Manuscrit de Bigot: Ses brebis, et les y gardoÿe Trestout du mieulx que je pouvoÿe, Qui me payast petitement.
56, 4. Manuscrit de Bigot :
Que c’estoit de la clavelée.
— 13. Manuscrit de Bigot :
J'en aÿ tant batu et tue, Qu'il s’en est très-bien apperceu.
— 16. Manuscrit de Bigot:
Midieux ! il me fist espier, Car on les oit trop hault crier.
— 18. Il y a: fait, au lieu de sçait, dans l'édition de Génin, comme dans plusieurs éditions gothiques.
— 26. Le manuscrit de Bigot porte: S’il vous plaist. 58, 6. Manuscrit de Bigot :
C’est le chef de la plaiderie.
— 16. Manuscrit de Bigot:
Mais vecy qu'il esconviendra.
— 22. Édition de Leroy:
Et pour ce, vecy que fera.
59, 16. Manuscrit de Bigot:
Je le vous promets et affie — Ores t’y garde bien, non mie.
60, 9. Manuscrit de Bigot:
Jamais !... Je vous pry, pourvoyez...
Page 60, vers 12. Manuscrit de Bigot :
Car il se sied, de cinq à six Heures, illec ou environ.
— 16. Édition de Génin :
Nous deux ensemble pas en voye.
61, 1. Manuscrit de Bigot :
Monseigneur, et n’en doubtez goutte.
— 6. Dans le manuscrit de Bigot, ces deux vers sont attribués au Drapier.
63, 6. Manuscrit de Bigot:
Se ce n'est-il. C'’est-il sans faulte?
Édition de Génin :
Se ce n’estes-vous, vous sans faulte.
— 12. Édition de Leroy:
Pour Dieu, faites-le proceder.
64, 14. Manuscrit de Bigot:
Et que luy a cueilly la laine.
65, 11. Édition de Galyot du Pré:
Mais je le veux, qu’on examine...
Génin a corrigé ainsi ce vers:
Mais je loe qu'on examine...
66, 11. Manuscrit de Bigot :
Vous estes trop grand bretoire!
Laissez-moy tout cest accessoire ; Et revenez au principal?
— Voire-mais il me fait trop mal, Monseigneur, car cecy me touche.
67, 9. Édition de Génin:
Mon bergier m’enconvenançga.
Page 68, vers 5. Le manuscrit de Bigot met riens, au lieu de chose.
— 9. Manuscrit de Bigot :
Du drap est vray comme la messe, — 14. Édition de Génin:
Par mon serment !.… — 20. Les éditions gothiques portent : aultrement, au lieu de nullement.
70, 13. Manuscrit de Bigot:
Que mauldict soit-il qui l’adjourne !
— 10. Édition de Génin :
Telz folz ne ne fait adjourner.
71, 9. Manuscrit de Bigot:
Que je dy, ne hoqueleries.
— 10. Manuscrit de Bigot:
Escoutez au moins des paroles, — 17. Les trois vers suivants sont altérés dans la plupart des éditions gothiques :
Plus fol n’en faictes neant response.
Et s’il ne vault pas mieulx une once L'autre : tous deux sont folz sans cervelle.
— 18. Les quatre vers suivants sont remplacés par deux vers seulement dans le manuscrit de Bigot: L’aultre n'en vault pas mieulx une once, Eux deux ne valent ung carat.
72, 15. La plupart des éditions portent : Imposez-leur silence ! Génin adopte cette leçon.
75, 7. Manuscrit de Bigot :
Trompeur... Oh! Monseigneur, que je die!
Page 75, vers 8. Dans l’édition de Beneaut, il y a : comedie; dans l'édition de Trepperel : resverie; Génin, cornardie.
— 10. Manuscrit de Bigot:
M'aïst Dieu ! il faut que je m'en voise !
Édition de 1490 et autres:
M'aist Dieu ! je loz que il s’en voise.
76, 3. Manuscrit de Bigot:
Vous n’estes icy que railleurs.
— 7. Manuscrit de Bigot:
Qu’estes-vous fort tricherre!
— 15. Manuscrit de Bigot:
Pour qui c’est que me cuidiez prendre?
Est-ce point ung escervelé?
77, 5. Dans le manuscrit de Bigot, dans les éditions du XVIS siècle et dans l’édition de 1762,il y a : vousmesme, au lieu de vous de vous.
— 6. Édition de Beneaut, et autres:
Et ne le croyez nullement.
— 7. Dans le manuscrit de Bigot, il y a : Voire, moy !
79, 6. Édition de Beneaut :
Et aussy bien la contenance.
Page r. La premièrescène se passe chez Pathelin, Le théàtre était divisé en plusieurs compartiments et, sans doute, en plusieurs étages. Génin, en essayant de recomposer le décor tel que le réclamait la représentation de cette farce, a complétement oublié que la seconde partie, sinon le second acte, se passait aux assises du juge, car il a seulement partagé son théâtre en trois sections différentes : l’Intérieur de la maison de Pathelin, la Rue, et la Boutique du drapier. Il ne faut pas oublier que cette boutique est une échoppe sur un champ de foire. On doit supposer qu’à chaque scène nouvelle, indiquant un changement de lieu, on faisait descendre une toile de fond, qui représentait successivement le logis de Pathelin, le champ de foire, et le tribunal. Mais ces trois décors pouvaient exister à la fois sous les yeux du spectateur, au moyen de trois échafauds superposés, entre lesquels on communiquait par des échelles ou des plans inclinés, comme dans les théâtres du XV® siècle.
— vers 9. De quatre pars, c’est-à-dire : du tout, car les quatre parts font le tout.
Page 1, vers 9. Comme on souloit, c’est-à-dire : comme on avait coutume de faire.
2, 2. Avocat dessoubz l’orme, c’est-à-dire : attendant des causes qui ne viennent point, parce qu’autrefois le juge assignait les parties sous l’orme du village.
— 14. Au livre, au lutrin ; locution proverbiale,
— 16. Allusion proverbiale au début de la Chanson de Roland :
Carles li reis nostre emperere magne, Set anz tuz pleins ad ested en Espagne.
— 17. Pas empeigne, néant; pas même l’empeigne d’un vieux soulier.
3, 5. C’est-à-dire: Nous serons remis à flot, au-dessus de nos affaires, quand il en sera temps.
— 6. Vieux proverbe, témoin ces vers d’un fabliau publié par Barbazan, t. III, p. 67:
En petit d’eure, Diex labeure ; Tel rit au matin, qui le soir pleure.
— 16. Sans clergise, sans être grand clerc, sans avoir étudié en droit canon.
4, 12. Le camelot était une étoffe de laine tissée comme du poil de chameau (camelus) ; le camocas, une étoffe de soie, en bas latin camoca, sorte de moire.
5, 5. Locution proverbiale équivalant à celle-ci : Vous comptez sans votre hôte.
— 15. Équivoque sur les mots brunette et blanchet. Voy. la préface, p. vui.
— 18. Martin Garant, c'est-à-dire : quelqu'un qui paye pour vous.
6, 6. Formule de salut, pour: Dieu soit avec vous!
Page 6, vers 10. C'était la formule en usage pour s’informer de la santé de quelqu’un.
— 12. La paulme, c’est-à-dire : la main.
7, 4. Vous esbatez, c’est-à-dire : vous êtes bien aise ?
— 8. Toutes les éditions, excepté celle de Leroy, écrivent seigner. Ce vers signifie: Gagne-t-on assez pour se vêtir et pour manger?
— 10. C’est ainsi que les charretiers excitent leurs chevaux, en leur criant: hayel ou hue ! avant ! Cette expression figurée signifie: Quoi qu’il soit, on va toujours, on traine son fardeau.
— 12. Une ballade de Charles d'Orléans, sur la mort de sa maîtresse, a pour refrain :
Je prie à Dieu qu’il en ait l’ame!.
8, 18.11 y a : tout traché, pour tracé, dans le manuscrit de Bigot. Les peintres disent encore pocher, dans le sens de dessiner vivement d’après nature. C’estes-vous, pour c’est vous.
9, 3. C'est-à-dire : il aurait grande envie de contredire, de disputer.
11, 12. C'est-à-dire : que vous changiez une partie de vos écus. À cette époque où l’or était rare, on n’acceptait pas un gros payement en monnaie blanche ou en
billon.
12, 11. C'est-à-dire : N’eussiez-vous pas un sou marqué en poche.
— 19. À ung mot, c’est-à-dire : au dernier mot, au dernier prix.
13, 3. Le sol d'alors équivaut à notre franc d’aujourd’hui: c’était une monnaie de compte depuis plusieurs siècles.
Page 13, vers 14. Le samedi est encore jour de maiché dans la plupart des villes de France.
14, 1. À la Magdeleine, c’est-à-dire le 22 juillet, jour de la fête de sainte Madeleine.
— 2. Les mots : par mon serment, sont jetés au milieu de la phrase, de manière à faire entendre: mon serment de laine. Ce genre de plaisanterie étoit fort goûté alors. Rabelais fait dire à son seigneur de Humevesne (Pantagruel, liv. II, chap. xn): « Considerez qu’à la mort du roy Charles, on avoit en plein marché la toison, pour six blancs, par mon serment, de laine. »
— 5. C'est-à-dire : je suis marchand, j’achète.
— 9. Le drap de Rouen avait la largeur du drap de Bruxelles, parce que les grandes foires où se vendait le drapse tenaient à Bruxelles, à Anvers, à Arras et dans les autres villes des Pays-Bas,
15, 10. « Car quand vous voyez le drapier vendre ses six auines de drap neuf francs, et qu’à l’instant mesme il dit que ce sont six escus, il faut nécessairement conclure qu’en ce temps-là l’escu ne valoit que trente sols. Mais comment accorder ces passages, en ce que tous les endroits où il est parlé du prix de chaque aulne. on ne parle que de 24 sols, qui n’est pas une somme suffisante pour faire revenir les six aulnes à 9 francs, ains à 7 livres 4 sols seulement, C’est encore une autre ancienneté digne d'estre considérée, qui nous enseigne qu’en la ville de Paris, où ceste farce fut faite, et, par avanture, représentée sur l’eschaffaut, quand on parloit de sol simplement, on l’entendoit parisis, qui valoit 15 deniers tournois (car ainsi estoit-il de nostre ville de Paris); et entends que les 24 sols faisoient les 30 sols tournois. » (PASQUIER, Recherches de la France, liv. VII, chap. uix.)
16, 1. Je me tordroye de beaucoup, c’est-à-dire : je me détournerais de mon chemin, je me dérangerais.
Page 16, vers 14. C’est-à-dire : un marchand ne doit pas vendre à crédit quand il étrenne.
— 18. De là le proverbe rimé par Pierre Gringoire, dans ses Feintises du monde :
Tel dit : « Venez manger de l’oye ! »
Qui cheuz luy n’a rien appresté.
A cette époque, l’oie était le mets favori des Parisiens ; il y avait partout des rôtisseurs, et la rue aux Ours se nommait alors rue aux Oues. Voy. dans Rabelais (liv. III, ch. xxxvi) la Roustisserie du Petit-Châtelet.
17, 9. En disant cela, Pathelin met le drap sous sa robe.
18, 14. « Cette façon de parler, dit Le Duchat (Ducatiana, t. II, p. 5o1) fait allusion à ces pièces de monnaie qu’on appelle fourrées, parce que le faux monnayeur y a fourré un flaon de faux aloi, que couvre dessus et dessous une feuille de bon or. »
19, 8. On appelait cotte hardie ou cotardie un vêtement long et ample, une jupe, une houppelande.
— 14. C’est-à-dire : de l’argent qu’un plaideur aurait payé d’avance à l’avocat Pathelin, pour couverture.
20, 7. Parmi était synonyme de par.
— 10. Il en est ceint sur le cul est une locution proverbiale qui veut dire : Il en est le mauvais marchand; il en a dans les fesses. On ceignait sur le cul les condamnés qui devaient recevoir le fouet; c’étaient aussi les pauvres diables, les vilains, qui portaient alors la ceinture attachée au-dessous des reins el très-serrée.
— 16. Le denier parisis valait un quart de plus que le denier tournois ; il représente environ un franc de notre monnaie. (Voy. ci-dessus, p. 37, une note extraite des Recherches de la France.)
Page 20, vers 5. Génin dit que benedicite était alors une exclamation d’effroi ou d’admiration, et que les femmes manifestaient leur étonnement en s’écriant : Ave, Maria.
21,17. La main sur le pot (de vin). On avait l’habitude de traiter les affaires de vente ou d’achat, en les arrosant du vin du marché. — Voy. dans Ducange le mot Mercipotus.
22, 6. Rebelle, dans le sens de coriace, dur à la détente.
— 8. Locution proverbiale signifiant : je l’ai comblé d’honneur et d'éloges.
— 16. Noël du Fail, dans ses Contes d’Eutrapel, fait allusion à ce passage qu’il explique: « Il vantoit et trompetoit sa noblesse, combien, ainsy que dit Pathelin, qu'il fust issu de la plus vilaine peautraille. » Peautraille équivaut à canaille; peautre signifiait une femme de mauvaise vie, un bateleur ou quelque autre malotru, que complétait la syllabe aille.
24, 5. La Fontaine, qui savait par cœur son Pathelin, s’en est souvenu en composant sa fable le Renard et le Corbeau.
25, 4. C'est-à-dire si vous tombez encore dans un mauvais pas. On voit ici que Pathelin avait déjà des démélés avec la justice.
— 11. On condamnait alors au pilori les faussaires et les fripons. Le pilori était l’exposition publique sur un échafaud pendant un certain nombre d’heures, et de préférence les jours de marché, c’est-à-dire le samedi.
26, 7. Sainct Mathelin, pour saint Mathurin, patron des fous; par allusion au mot italien matto.
— 10. C'est-à-dire : J’attraperai là un bon morceau.
Page 28, vers 7. Je demeure beaucoup, c’est-à-dire : Je reste ici beaucoup plus qu’il ne faut.
— 13. Couvrir de chaume : « Dissimuler, user de feinte, dit Génin. Cette métaphore se rapporte à l’usage de recouvrir de paille les meules de blé qui passent l’hiver dans les champs. »
29, 4. « Six aunes à 24 sous font 144 sous dit Génin; et, cette somme étant égale à la fois à six écus et à neuf francs, on tire, pour la valeur de l’écu, 24 sous, et, pour la valeur du franc, 16 sous. A quel règne, à quelle année correspond cette valeur du franc et de l’écu? Au règne du roi Jean. » Génin, tout en s'appuyant de l’autorité de Ducange, s’est grossièrement trompé. Ce fut sous le règne de Charles VII que l’écu à la couronne valut 24 ou 25 sous, tandis que le franc d’or, émis alors au cours normal de 20 sous, fut bientôt déprécié et ne représenta plus que 16 sous, quand on eut reconnu que cette monnaie était à la fois basse et légère. Voilà comment six écus faisaient neuf francs vers 1460. Le Duchat fait une observation analogue à la nôtre, en indiquant l’année 1470 comme la date de la composition de Maître Pathelin, « puisque, dit-il dans ses notes sur Rabelais (liv. 1, chap. xx), les écus d’or vieux ou à la couronne, qui en ce temps-là furent mis à 30 sols tournois, haussèrent de prix en 1473 ».
— 13.Le mal sainct Mathelin, la folie; de l'italien matto.
30, 10. C'est-à-dire : Je n’ai pas appris à m’entendre contester une dette.
— 14. « AÂga, pour regarde; agardez, pour regardez, dit Théodore de Bèze (De linguæ francicæ Recta Pronun-
tiatione), sont des formules abandonnées à la populace de Paris. »
32, 7. C'est-à-dire qu’il ne sera plus vêtu que d’un
linceul, et qu’on l’emportera, les pieds devant, pour le conduire au cimetière,
Page 32, vers 15. C'est-à-dire: C’est vous-même qui êtes en mauvaise passe. Génin fait remarquer que l’abus de l’adjectif sanglant dans une foule de phrases était un terme violent et grossier, une espèce de juron. On emploie maintenant le mot furieux de la mème manière que sanglant autrefois.
— 17. Pasquier nous apprend, dans ses Recherches de la France,que ce vers était devenu proverbe.
— 18. C'est-à-dire : Toutes les fois que j’ai fait un prêt.
33, 1. L'eau rose était employée, comme cordial, pour ranimer les forces des malades.
— 4. La plante, c’est la plante des pieds.
— 8. Ce sont des termes insignifiants que les magiciens employaient dans leurs conjurations, et qui avaient été compris dans la grande famille des jurons.
— 15. Baille-luy une estole. On passait une étole autour du cou des possédés, pour dompter le démon.
35, 6. C'est-à-dire : les pilules ne vous ont pas fait tout rendre.
— 13. Avant que je sorte d'ici.
— 14. Les médecins alors attachaient une grande importance à l’examen de l’urine du malade; il y avait même une médecine spéciale des urines, qui a subsisté jusqu’au XVIII siècle.
— 20. C'est-à-dire: Tant pis! que Dieu ait l’ennui de le juger!
37, 1. « En bon mémoire, au XVC siècle, dit Génin, doit être un de ces archaïsmes qu’on trouve dans
la bouche des vieilles gens et des bourgeoises comme Guillemette ou MM Jourdain. »
Page 38, vers 5. Non, il ne les a pas.
39, 11-12. C'est-à-dire : ce qui lui arrive est aussi bien fait pour lui qu’un crucifix pour un couvent.
— 13. C’est ainsi que ce mot est écrit dans l’édition de 1490. On lit dans les autres éditions : broutier, putier, brustier, bruityer. Nous croyons que bronstier, pour broustier, signifie brouet, potage, où le lard aux pois est bien à sa place. °
— 19-20. C'est-à-dire : se retienne de rire qui voudra.
40, 2. Grousse pour glose. Il y a grousse dans toutes les éditions. Ce Qui qu’en glousse rappelle le fameux Qui qu’en grogne, qu’on employait aussi incidemment.
— 6. Le Drapier se souvient que Pathelin lui a dit qu’il allait retraire une rente.
41, 1. Quelques anciennes éditions mettent potatif, qui a le même sens: avocat sans cause. On appelait potatifs les évêques sans évèchés, in partibus.
— 2. Advocat à trois leçons et trois pseaumes. C'est comme s’il disait : avocat de rien. Cette locution proverbiale était très-usitée, surtout en Normandie, pour exprimer une chose aussi réduite que possible : « C’est un bréviaire de Fécamp, à trois pseaumes, et rien du tout qui ne veut. »
— 5. Nous croyons que branc est ici une vieille épée qu’on suspendait par la garde à la muraille.
— 17. C'est-à-dire: Mon mari se meurt.
42, 14. Guiternes, guitares. « Depuis douze ou quinze ansen Ça, disait Bonaventure Des Periers {Discours non plus mélancoliques que divers), tout le monde s’est mis à gui-
terner, le luc presque mis en obly, pour estre en la guiterne je ne sçay quelle musique, et icelle beaucoup plus aisée que celle-là du luc. »
Page 42, vers 1 8. L'abbaye d’Iverneaux, ou Hiverneaux, ou Ivernel (de Hibernali}, à une lieue de Brie-Comte- Robert, appartenait à l’ordre de Saint-Augustin. Cette désignation d’une localité de la Brie, et en même temps d'un personnage sans doute connu dans cette province par sa vie débauchée, viendrait à l’appui d’une opinion qui fait de la farce de Pathelin une production indigène de la ville de Meaux.
43. 9. « Pendre, qui est aujourd’hui verbe actif, dit Génin, était dans l’origine verbe neutre, comme le latin pendere, et signifiait être pendu. »
— 16. Cette Pecheresse lasse est-elle la Madeleine ou sainte Marie l’Égyptienne? Nous proposons de ponctuer ainsi : « Par ceste Pecheresse, lasse, » en rapportant ce dernier mot à Guillemette.
44, 5-11. Nous avouons ne rien comprendre à ce jargon limousin. j
— 12. Beau cousin était une appellation d’honneur et d’étiquette à la cour et parmi les grands seigneurs. Les rois se donnent encore réciproquement le titre de : mon cousin.
45, 11 etsuiv. Génin a essayé de restituer ce couplet, qui est en baragouin flamand, et nous avons adopté son texte en regrettant qu'il ait négligé d’en donner ia traduction.
— 20. La famille de Watteville, une des plus anciennes du canton de Berne, en Suisse, eut plusieurs branches qui s’établirent dans le comté de Neuchâtel, en Bourgogne et dans les Pays-Bas. Cette noble famille a fourni de braves capitaines aux bandes suisses que les rois de France, depuis Louis XI, avaient à leur solde,
Page 46, vers 11. « Renouart, dit Génin, est le héros d'une des branches du roman épique de Guillaume au court nez. Renouart, avant d’être un héros dans la seconde bataille d’Aleschams, était marmiton dans les cuisines du roi. Prêt à suivre Guillaume d'Orange à la guerre, ce nouvel Hercule va couper dans les jardins un gros sapin qu’il fait cercler de fer... Il s’en escrime si bien, que, de ce tinel, c’est-à-dire de cette massue, lui est demeuré le sobriquet de Renouart au Tinel. Ce personnage jouissait sans doute, grâce aux récits des jongleurs, d’une grande célébrité parmi le peuple, et Pathelin, feignant de prendre le drapier Guillaume Joussaume pour Renouart au Tinel, devait exciter l’hilarité de l’auditoire. »
— 19. Le mal de saint Gerbold, c’est la dyssenterie, que ce grand saint, évêque de Bayeux au septième siècle, envoya un jour à ses diocésains, qui l’avaient chassé de son siége.
47, 13 et suiv. Nous n’avons rien changé au texte bas-breton de ce passage, qu’Émile Souvestre a pourtant essayé de restituer, « 11 y a ici, dit-il, des vers de prophéties, d’autres empruntés sans doute à des poëmes bretons du temps, d’autres inventés; le tout entremèêlé d’une manière grotesque pour reproduire le désordre de la folie. »
48, 2. Au lieu d’aseie, Génin a mis ayst, qui ne rime pas. Il y a dans plusieurs éditions gothiques : ÿst. Nous avons fait ici un changement arbitraire.
— 20. C'est-à-dire : Ni langage qui ressemble à celui d’un chrétien.
49; 3. Génin veut reconnaître ici saint Gengoulf, qu’on appelait Gigon ou Gengon dans les Pays-Bas; mais ce saint Gignon [du latin gignere) est plutôt le fameux saint Guignolet, qui faisait des enfants aux femmes stériles en Bretagne.
Page 49, vers 16. Voici la traduction de ce latin rimé, dans lequel Pathelin confesse sa tromperie au pauvre Drapier, qui ne peut le comprendre : « Je vous donne le bonjour, mon maître bien-aimé, père révérendissime ! Comment vous va ? Quoi de nouveau ? Il n’y a pas d’œufs à Paris. Que demande ce marchand? Qu’on lui dise que le trompeur, qui est couché dans ce lit, veut lui donner, s’il lui plait, à manger de l'oie. Si l’oie est prête à paraître sur la table, qu’on l’avertisse sans retard! » Rabelais, dans sa lettre burlesque à maître Antoine Gallet, seigneur de la Cour Compin, fait allusion à un passage de ces vers: « He, pater reverendissime, quomodo bruslis? quæ nova? Parisiis non sunt ova? Ces parolles, proposées devant vos reverences et translatées de Patelinois en nostre vulgaire Orleanois, valent autant à dire que si je disois: Monsieur, vous soiez le très-bien revenu des nopces, de la feste, de Paris, Si la vertu Dieu vous inspiroit de transporter vostre paternité jusqu’en cestuy hermitage, vous nous en raconteriez de belles! »
51, 8 Dessoubz son heaulme, c’est-à-dire: Sous son bonnet.
— 21, Génin a mis: le roi des meschans. Selon lui, meschant serait là pour mecheant, malheureux, mal chanceux.
52, 5. C'est-à-dire : Il faudra qu’il soit congédié et qu’il lève le pied. |
— 6. La Benoiste couronnée est la sainte Vierge.
— 10. On qualifiait un bon valet de valet à tout faire. C’est le titre d’une farce du XV® siècle.
— 12. C'est-à-dire : Un sergent à verge, vêtu d’habit rayé ou mi-parti de plusieurs couleurs.
— 13. Desvoyé, c’est-à-dire : qui avait quitté le grand chemin, qui paraissait être égaré.
Page 52, vers 14. Ce fouet sans corde est la verge ou bâton d’ébène que portaient les sergents dans l’exécution de leur charge.
— 20. Locution proverbiale qui équivaut à celle-ci: Je n’y entends ni a ni b.
— 22. C'est-à-dire : que le Berger était assigné à telle heure de relevée ou de l’après-midi.
53, 22. Garde ta journée, c’est-à-dire : Rends-toi à l’assignation.
54, 3. C’est-à-dire : Ton affaire est en bon train.
56, 23. Bailler l’avance nous parait employé ici dans le sens d’offrir un arrangement, proposer une transaction.
57, 5. Les premiers écus d’or à la couronne furent frappés sous Philippe le Bel; mais cette vieille monnaie avait encore cours sous Louis XI.
58, 1. Pour tes dez et pour ta chandelle, locution proverbiale signifiant : pour tes profits. Plus tard, dans les réunions bourgeoises, qui avaient lieu le soir, chacun payait une légère redevance pour les cartes et pour la chandelle,
— 10. C'est-à-dire : Voilà une circonstance qui peut nuire beaucoup à ta cause.
— 17. Aux positions, c’est-à-dire : en te posant des questions embarrassantes,
60, 8. A votre mot, c’est-à-dire : Au prix que vous fixerez.
— 19. Moquin, moquat, locution proverbiale signifiant : Prends garde à toi, gare à toi!
61, 1. S’il ne pleut, il desgoute, locution proverbiale signifiant ici : S’il n’y a pas pluie d’argent dans cette affaire, en voilà toujours des gouttes.
110 NOTES EXPLICATIVÉS.
Page 61, vers 3. C'est-à-dire : Cette affaire me rapportera au moins quelque chose. L’épinoche est un petit poisson qui doit son nom aux épines qu’il a sur le dos. Pécher aux épinoches, épinocher, c’est perdre son temps à des riens,
— 3. S'il chet en coche, locution proverbiale signifiant : si l’affaire tourne bien, s’il arrive à son but, comme un voyageur qui se rencontre justement à l’heure du départ d’un coche.
— 10. C'est-à-dire : S'il y a quelque procès pendant, qu’on se hâte de plaider l’affaire, afin que je lève la séance.
63, 7. A’vous, pour : avez-vous. À la fin du XVIe siècle, Théodore de Bèze autorisait encore cette façon de parler. « Il est d'usage, dit-il, d'employer l’apostrophe dans certaines locutions : a’rous, s’avous, pour : avez-vous, savez-Vous. »
65, 5. Toutes les éditions modernes, en s’autorisant de la leçon adoptée par Pasquier, écrivent: à nos moutons. C’est avec cette variante que le vers de Pathelin est devenu proverbial.
— 8. Cornarts. Dans plusieurs anciennes éditions, il y à : conardz ou conars. Ce mot-là était synonyme de sot en Normandie, où les clercs de la Bazoche de Rouen s'étaient organisés en confrérie joyeuse, sous le nom d’Abbaye des Conards. Tous les ans, ils faisaient élection d’un abbé à l’époque des jours gras, et ils donnaient des représentations dramatiques, après avoir parcouru la ville, en masques. Voir les Triomphes de l’Abbaye des Conards, réimprimés dernièrement à la Librairie des bibliophiles, par M. Marc de Montifaud.
— 9. C'est-à-dire : Il vous traite comme une bête, il se moque de vous. |
Page 65, vers 15. C'est-à-dire : Voici du tracas, de l’ennui. On dirait aujourd’hui proverbialement : Voilà le hic ! On dit encore, parmi le peuple, dans le même sens : Voilà la grêle ou la grève!
66, 19. C’est-à-dire : comme une pilule,
68, 4. Au coup la quille, expression proverbiale empruntée au jeu de quilles et signifiant : coup sur coup, sans transition.
— 5, C'est-à-dire: Tout ce qu’il dit est décousu, ne se lie pas.
69, 7. C'est-à-dire : Je crois que ce serait une pénible corvée pour vous, et de peu de profit.
— 14. Cette phrase est peu intelligible; nous sommes forcés de la paraphraser pour lui donner un sens; elle peut donc s’interpréter ainsi: Ce pauvre diable serait condamné aux dépens, si quelque âme charitable ne lui venait en aide.
— 17. Il faut lire: rea, suivant Génin. Les éditeurs du XVI® siècle ont changé rea en crea, parce que le sens leur a paru obscur. Il y a: desrea, dans le manuscrit de Bigot. Le Saint Sang, qu’on invoquait souvent au moyen âge, c’est le Saint Graal, qui a été chanté par les trouvères dans plusieurs grands romans épiques du XIII siècle.
— 13. Il auroit dure departie, etc. : il se trouverait dans une mauvaise passe si l’on ne venait’à son secours,
70, 10. Sainct Sauveur d’Esture. La province d’Esture ou d’Asturie fut le berceau de l’Espagne chrétienne. Au moyen âge, on jurait par les saints d’Esture, Cetté invocation à saint Sauveur d’Esture s’adresse peut-être à l’ordre militaire de Saint-Sauveur ou San Salvador, qui avait été créé au XII® siècle pour protéger l’Asturie contre les Maures de Grenade. |
Page 70, vers 13. C'est-à-dire : Sans qu’on puisse le faire reparaître à l'audience pour aucune cause.
71, 13. C'est-à-dire : Les parties seront-elles renvoyées sans que le juge retienne la cause pour les faire revenir devant lui?
72, 21. C'est une vielle, c’est toujours la même chanson. Nous disons aujourd’hui : « C’est la même guitare. »
74, 5. Retourner le ver, répondre blanc à qui parle noir. Le ver ou vair, c’est le menu-vair dont les habits des deux sexes étaient garnis. Retourner le ver, c’est endosser un vêtement fourré, surtout une aumusse, du côté de la fourrure, à cause du froid.
— 15. Bon gré m’'ame! nous paraît vouloir dire : Grâce, par mon âme! Dans plusieurs éditions gothiques, il y a : maulgré m'ame.
77, 1-2. Ces deux vers sont très-obscurs. Pathelin semble se parler à lui-même, en faisant allusion à l’épaisse chevelure du Drapier; quant à lui, il reconnait que son chef est pelé, ce qui est l’indice de l'expérience et de la sagesse.
78, 3. C'est-à-dire : Je ne passe pas pour un voleur.
— 4-5. Ce proverbe était ou est devenu populaire. Regnard a dit, dans le Distrait :
Rentrez, et là-dedans allez voir si j’y suis !
— 32. C'est-à-dire: Le demandeur est mis hors de cause.
79, 6. C'est-à-dire : Ce qui l’a déferré, démonté. On appelait advance le premier coup de lance, d'épée ou de
hache d'armes qu’un champion recevait de son adversaire dans un combat singulier.
80, 1. Il faut lire bayerie, comme dans l'édition de Génin. D’anciennes éditions portent braire ,pour brairie.
Page 81, vers 5. Pathelin se souvient ici de sa propre tromperie à l'égard du Drapier.
82, 2. Coureux, courratiers, courtiers, maquignons, qui étaient alors et qui sont peut-être encore des dupeurs. Les éditions du XVI® siècle ont remplacé forts coureux par corbineurs, aïigrefins rapaces.
ABaAYEr. Béler, dire bée.
ACCROIRE. Prèêter, livrer ou vendre à crédit.
Acxolson {lat. occasio). Occasion.
ADVANCE ( BAiLLER L’) à quelqu’un. Le démonter. Voy.
la note du vers 6 de la page 79.
AGaA, et au pluriel agardez, formules populaires pour :
regarde, regardez.
Azoué. Mercenaire, domestique à gages.
ANTE. Tante. | APERE, Ou appaire. Apparaisse, Nul langaige qui apere, nul langage qui ressemble.
APLOMMÉ. Assoupi, accablé.
APPOINCTEMENT. Expédient, stratagème.
ARRIERE,. En plus, davantage.
ArroY. Ordre, ordonnance.
ASsENÉ. Qui a l’esprit sain.
A-TOUT. Avec.
ATTRAICTE. ÂAttirée, amenée.
ATTRAPÉ. Alléché, épris.
Au rorT. Au fait, au surplus.
AVISIONS, pour visions.
BaraT. Tromperie, dol. Du bas latin baratum.
BAvERIE, Conversation, bavardage.
BEC JAUNE, ou béjaune. Sot comme un coucou, un serin ou tout autre oiseau ayant le bec jaune.
Becu. Noir. Du bas latin bechus.
BIENVUEILLANT, pour bienveillant.
BLancuer, monnaie. Un petit blanc, un denier. Voy. la Préface, p. vu.
BLasonner, Flatter, combler d’éloges, donner du blason.
BRester. Piper (selon les uns), quereller, disputer (selon les autres). Ce mot a fait depuis bretter, ferrailler, batailler.
BRONSTIER, pour monstier ou moustier (lat. monasterium). Monastère.
BrouiLuiz. Tisanes, drogues.
BRUNETTE. Étoffe très-fine, de couleur noire.
Casasser. Grappiller (mettre dans un cabas).— Veut dire aussi : tromper.
CamELos. Étoffe de laine.
Camocas. Étoffe de soie.
CauTELLE (du lat. cautela). Ruse, finesse.
CHaiLe (NE vous EN). Ne vous en inquiétez pas. Du verbe chaloir.
CHALLEMASTRE. Ce mot pourrait signifier : vendeur de coquilles de noix, en terme de mépris. Mastre est là pour maistre, et challe veut dire coquille.
Cuire. Mine. — Chiere fade, visage chagrin.
ConarDis. Bêtise, niaiserie.
ConvENANCER. Faire une convention avec quelqu’un.
Converser quelqu’un. Le fréquenter.
Coquarp. Sot. |
CoqQuarDie. Bétise, sottise.
COTTE HARDIE, ou cotardie. Un vêtement long et ample, une jupe, une houppelande,
Courpouen. Cuir de Cordoue, maroquin.
CouvERTURE. Argent payé par avance à l’avocat. On emploie encore aujourd’hui cette expression.
Croire. Prêter, donner à crédit (lat. credere).
DeLivre (A). A l’aise, en liberté de mouvements.
DELIVRER. Payer.
Deuivrer (SE). Dire son fait, poser ses conclusions.
DELuGE. Ravage, destruction.
DESCLIQUER. Faire grand bruit de paroles, comme celui des cliquettes d’un moulin.
DESPENDRE. Dépenser.
Despiecer. Déranger, troubler.
Desver, pour endêver. Enrager.
DesvoyEé. Insensé, hors de sens. Le sens propre est : égaré, hors de la voie.
Divers. Étrange, bizarre.
DonGE, pour donne : du vieux verbe doingner.
Dru. Vigoureux, en bonne santé.
EMsLer. Dérober,
Emsoucxer. Comparaitre (devant le juge).
EMPESCHABLE. Importun, gênant.
Empiece. Nullement, pas du tout : pieça.
EmPREu (lat. primus et imprimis). Un (adjectif numérique). Les enfants disent encore : preu, premier; seu (secundus), second.
Ens. Céans, ici dedans.
ERRE (GRANT). À grands pas, en grande hâte.
EsBATRE (S’). Être bien aise,
ESBAUBELY, pour ébaubi.
EspiNocHE. Petit poisson. On emploie ce mot pour exprimer un rien. C
ESTORSE, pour entorse.
Faicris. Fait exprès, factice (du latin factitius).
FADE. Triste, défait.
FATROUILLER, comme fatrasser, Remuer, faire sonner comme un fatras de clefs.
FIN, adjectif qui, joint à un substantif, lui donne la force du superlatif.
Finer. Terminer, s’en aller. — Ains que je fine, avant que je sorte. |
FLAGEOLLER. Moystifier, jouer; — murmurer, parler tout seul; — bavarder, babiller.
FLAGORNER. Gausser, railler.
FRELORE. Perdu. De l’allemand verloren.
GasEr. Tromper.
GAGER, Saisir par autorité de justice.
GaLLer. Faire gala, ripaille.
GERGONNER, pour jargonner.
GREIGNEUR (lat. grandior). Plus grand, meilleur.
Gros (ÊTRE) de quelque chose, La désirer, la convoiter, en être amoureux.
GROUSSE, pour glose.— Qui qu’en grousse, quoi qu’on die.
GRUMELER, pour grommeler.
GUITERNE. Guitare.
Hacas, pour hélas.
Hoser. Bouger, remuer.— II ne hobe, il ne bouge pas.
Issir. Sortir; ystriez, sortiriez.
Lascnance. Relâche.
LiERRE, ou lerre. Larron.
Loses. Folies, illusions, On en a fait lubie, qui est resté dans la langue.
LonGaicne. Le chef de la pièce de drap, la lisière.
Loz (lat. laus). Réputation.
MarcHanDER. Acheter, être marchand, faire un marché.
MEscHANCcE. Mauvaise chance.
MeEscuoir. Choir en mal, être malheureux.
MEsxaicné. Malade, chagrin, offensé.
MEsouEN. Dorénavant.
MrscrranT. Peu confiant.
Mor. Moue, grimace. — Jouer des moes, faire des grimaces.
MonsrTigs. Moutier, monastère ; du latin monasterium.
Mot {A unc). Au dernier mot, au dernier prix.
Moucuié. Dupé, mystifié.
Nice. Nigaud, niais, simple.
Niceré. Sottise, niaiserie, naïveté.
Nisi. Obligation sous la foi du serment.
Oncques. Toutes les fois que.
Orains. Naguère, il y a peu de temps. — Puis orains, depuis un instant.
ORNE, pour origine. — On disait aussi orine pour urine.
Parmy, employé dans le sens de par.
ParienT. Souffrant, du latin patiens.
PARTIR {verbe actif). Partager.
PEAUTRAILLE, mot équivalent à canaille. Peautre signifiait femme de mauvaise vie, ou vaurien.
Pers. Bleu (du bas latin persus).
PæysicieN. Médecin.
Piourre. Pilule.
PORTATIF, Où potatif. — Avocat portatif, avocat sans cause. — Visage potatif, visage hautain, effronté.
QuanrT Que. Combien que.
RArARDER, ou refarder, verbe itératif de farder.
RENCHEEZ ARRIERE. Retombez en arrière, retombez en faute. Rencheez, de rencheoir.
Reses. Rases, râpées.
ReTraire. Retirer, dans le sens d’acquérir.
Riace. Rieuse,
Rins (lat. res), employé souvent pour : quelque chose.
RIGOLLER , Ou se rigoller, Plaisanter. — Rigoller quelqu’un, se moquer de lui.
RoYE, pour rayonne.
Rovyé. Étoffe rayée, de plusieurs couleurs.
SANGLANT, adjectif qui s’employait pour exprimer l’idée de violence, d’exagération.
Sornrr. Conter des sornettes.
SouLoir (lat. solere). Avoir coutume.
SUFFRAGE. Objet, denrée, marchandise.
Tancer. Contredire, disputer.
Traicris. Souple, délié (du bas latin tractitius).
TRIBOUILLERIES. Confusions, perturbations, casse-tête.
TREMPERRE, pour {rompeur.
TRUDAINES. Faussetés, balivernes.
TRuT, interjection qui signifie : Allons! On disait : Trut, avant, dans le sens de : « Truand, avance! »
VesPrre (du lat. vesper). Soir.
VERVE. Vertige, folie.
Voir. Vrai, — À dire voir, à vrai dire, VouLr, pour voulut, a voulu.
Imprimé par D. JOUAUST POUR LA COLLECTION DES PETITS CHEFS-D’ŒUVRE
Septembre 1876
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