VI PRÉFACE
si magnifique et si pauvre à la fois, un écrivain illustre, Étienne Pasquier, exprimait avec encore plus d’enthousiasme la même admiration pour la farce de PATHELIN, qu’on ne jouait plus et qu’on ne lisait presque plus de son temps. « Ne vous souvient-il point, dit-il, de la response que fit Virgile à ceux qui lui improperoient l’estude qu’il employoit en la lecture d’Ennius, quand il leur dit qu’en ce faisant, il avoit appris à tirer de l’or d’un fumier? Le semblable m’est advenu naguere aux champs, où, estant destitué de la compagnie, Je trouvay, sans y penser, la farce de MAISTRE PIERRE PATHELIN, que je leu et releu avec tel contentement que j’oppose maintenant cet eschantillon à toutes les comedies grecques, latines et italiennes. » (RECHERCHES DE LA FRANCE, liv. VIIL chap. zix.)
Malgré le mérite littéraire et dramatique de cette farce, malgré l'immense vogue qu’elle obtint à son apparition, le nom de l’auteur est resté inconnu.
Cet auteur, on le cherche depuis longtemps, et ou a cru le retrouver successivement dans Guillaume de Lorris, dans Jehan de Meung, dans François Villon, dans Pierre Blanchet et dans Antoine de La Sale. Enfin, on a même supposé un joueur de farces, un bazochien, nommé Pierre Pathelin, qui aurait inventé lui-même cette farce, qu'il représentait, comme on disait autrefois, d’ORIGINAL.