PRÉFACE. VII
Guillaume de Lorris, qui a fait la première partie du fameux roman de la Rose terminé par Jehan de Meung, mourut vers 1240 : iln’y a pas, dans la farce de Pathelin, un seul mot qui autorise à lui assigner une origine aussi ancienne. Cette opinion erronée et insoutenable ne repose que sur une phrase un peu légère que le comte de Tressan a laissé passer dans ses ŒUVRES DIVERSES publiées en 1776: « Il est vraisemblable, dit-il (RÉFLEX!ONS SOMMAIRES SUR L'ESPRIT), que Guillaume de Lorris est l’auteur de la charmante farce de l’AvocAT PATHELIN, qui sera toujours le modèle de la plaisanterie la plus ingénieuse et la plus naïve. Ce qui peut servir à le prouver, c’est que Jehan de Meung cite des traits de cette pièce dans sa continuation du roman de la Rose. » Le comte de Tressan tenait à son système, car, déjà dans Particle PARADE qu’il avait fourni à l’Encyclopédie de Diderot en 1765, il disait: « Quelques autcurs attribuent cette pièce à Jehan de Meung; mais Jehan de Mung cite lui-même des passages de PATHELIN dans sa continuation du roman de la Rose, et, d’ailleurs, nous avons de bien fortes raisons pour rendre cette pièce à Guillaume de Lorris. » Le comte de Tressan ne cite pas un seul de ces passages, qu’il eût été si curieux de produire, et qui par malheur n’existent nulle part dans le.roman de la Rose, quoique nous ayons