‹ La farce de Patelin et ses imitationsChapitre 2 sur 81 · RUE BE LILLE · texte numérisé non relu

RUE BE LILLE

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AYKRTISSEMENT DU TRADUCTEUR

^ On se rappelle Tépigrainme latine composée

Nû sur le blason d'un Césarini :

Eedde aquUamimperio,Coluninis redde columnam, Ursam Ursis : remanet sola catena tiM,

« Rends a César l'aigle romaine

« Qu'il te donna,

« Aux Orsini leur ours , LA stèle aux Golonna :

o II ne te reste que la chaîne. »

C'est à peu près mon cas.

M. GiRARDiN , l'obligeant bibliothécaire des Facultés de Poitiers, me sachant occupé de la préparation d'un ouvrage sur la Farce de Pâtelin, m'a signalé la thèse allemande intéressante dont on a ici une traduction. A M. Gaumand, professeur d'allemand au Lycée de la même ville, je suis redevable d'une foule de patientes recherches pour élucider le sens des passages difficiles, d'autant plus nombreux pour moi, que les idiomes

germaniques ne me sont rien moins que familiers. De M. Parmentiek, professeur de littérature étrangère à notre Faculté des lettres, j'ai reçu, outre l'utile communication d'un savant opuscule de lui sur le Henno de Reiichlin et la Farce de Maistre Pierre Pathelin (Paris, Leroux, 1884), nombre d'indications et de conseils précieux, notamment sur les citations de vieil allemand.

Enfin M. Ernault, professeur adjoint à notre Faculté, a bien voulu éclairer une revision de ce travail, aux endroits les plus délicats, de sa compétence de linguiste, qui est loin de se borner au celtique, son domaine familier.

Avec de pareils secours, il semble que ma tâche ait dû être des plus faciles. Il m'a fallu cepen-^ dant lutter encore, non seulement contre les difficultés d'une langue à la gravité de laquelle l'allure dégagée du français n'habitue guère, mais surtout contre les obstacles suscités par de nombreux errata dans les citations. Faute d'avoir sous la main les matériaux nécessaires pour la reconstitution de textes évidemment dénaturés, j'ai même dû me contenter d'à peu près pour quelques mots. Toutefois, afin que le lecteur puisse lui-même combler les lacunes ou reconnaître les erreurs, j'ai partout placé en renvoi, à la suite de la traduction, les textes de vieil allemand

fidèlement respectés, et noté du signe [?] les passages les plus douteux.

Quant au latin, plusieurs corrections (entre crochets ou en petites capitales) montreront qu'il m'a été plus facile de m'y reconnaître à l'aide du texte de Gottsched (1765) ; et pour le vieux français, je me suis habituellement guidé, avec l'auteur, sur le texte de Jacob (1859), mais aussi sur la réimpression corrigée de 1876 (édition Jouaust), sans toutefois prétendre le moins du monde avoir donné des leçons inattaquables.

Qu'on veuille bien m'excuser aussi de ne pas assumer la responsabilité des idées de l'auteur. Quel que soit mon respect pour l'érudition et le goût incontestables d'un jeune et brillant savant comme M. K. Schaumburg, le souci d'un travail personnel en préparation m'impose les plus expresses réserves, surtout en quelques points dont la discussion reste pendante.

Les Notes du traducteur ne devaient donc avoir et n'ont ici d'autre objet que de rares rectifications ou éclaircissements jugés en quelque sorte indispensables. Telle est aussi la raison d'être de V Appendice y qui comprend des extraits un peu plus développés des historiens de la littérature allemande brièvement cités par l'auteur.

Pour plus de clarté, on trouvera également

intercalée dans le texte la traduction des citations produites à propos de l'analyse des pièces : cette manière de citer semble avoir l'avantage de ne pas interrompre la marche de Targumentation.

Enfin, dans Ténumération des Ouvrages consultés, l'ordre alphabétique par noms d'auteurs a été plus rigoureusement suivi que dans l'original, et quelques additions utiles ont été mises entre crochets [...].

A vrai dire, ce travail n'était pas destiné au public. Ce qui m'a porté à le faire paraître, c'est, après l'approbation d'éminents professeurs, l'espoir qu'il pourra être de quelque utilité à nos étudiants. La Farce de Patelin vient, en effet, d'être portée au programme du concours de l'Agrégation des Lettres, et rien n'empêche de penser qu'elle doive être quelque jour aussi demandée pour l'x^grégation de Grammaire.

Puisse l'opportunité de cette modeste publication trouver la critique indulgente !

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