Elsa, die betorin, spricht
Dôr Dromo wûrds nit geren sehen (nâmlich, dass Abra als Magd zu Danista ginge) Weil sie einander hahen lieb, Jetzt kombt mir in mein sinn der dieb.
Henno, der bawer, spricht :
Wer ist der dieb, darvon du sagstf
Elsa, die bewrin, spricht :
Schweig ! nur kein ehr du hie erjagst.
Drq^o spricht :
Wer ist der dieb? du meinst leichtmich,
2* .... G eh vor nur hin !
Dein treuer knecht ich alzeit bin.
Joiird'hui me payer. Je n'en ai eu pourtant aucune nouvelle. Je crains que le paysan n'use de four- Iferie, Mais le voici précisément qui arrive *. »
La scèûe qui vient ensuite diffère a^vantageusement, par sa vivacité, de la scène latine correspondante. Dans aucun des personnages de celle-ci on ne saurait remarquer la moindre émotion ; et cependant Henno et Danista, aussi bien l'un que l'autre, auraient toute raison de s'émouvoir en présence des impudentes dénégations de Dromo. De même, lorsque le paysan soutient avoir envoyé l'argent, mais non reçu le drap, le marchand entre en colère et l'accuse de mensonge :
« Tu mens, et eusses-tu la Jiart au col! Je t'ai envoyé du drap, et en retour pas un « pfennig » [centime] ne m.' est parvenu ^. »
Henno réplique aussi par une imprécation énergique, lorsque Dromo conteste la réception de l'argent :
1, Ich bin heint gîegen und hab gesorgt Hab gester eim bawernknecht tuch borgt, Der sagtj sein bawer wûrt heut kommen, Mich zaln ; hab in doch nit vernommen, Ich fiirchty der bawer brauch gefer.
Dort geht er eben gleich daher.
2. Du leugst und das du werst gehang'en I Dos tu^h hab ich geschicket dir
Und ist kein pfenning worden mir,
a Ah! coquin, la maie [?] fièvre te secoue l ' »
Le jeu de mots latin entre fur et bos est adroitement tourné. Le valet sait bien aussi jouer Tinnocence offensée, et la menace de porter plainte est encore plus nettement accentuée que dans l'original :
Danista, le tailleur de vêtements, dit :
« toi, honnête valet Dromo, haMle hoynme de trois lettres [car pour dire le vrai mot, voleur, je n'en ai pas le droit) , tu n'as pas encore pour moi franchi le fossé. »
Dromo, le valet, dit :
« Que signifie homme de trois lettres ? Il me semble que tu attentes à mon honneur. Silence et plus de calme l je ne t'en dis pas davantage, n'ayant rien
1, Ey^ das schiit dich der jar-ritt !
— M. Schaumburg m'écrit qu'on peut ne pas traduire jar. Je préfère représenter ce mot embarrassant par une épithète qui rappelle nos imprécations analogues :
« Chaude fièvre le puist tenir ! »
dit la « famé au vilain » de la Farsse interposée dans la Vie Mgr S. Fiacre (Édition Ed. Fournier, Théâtre français avant la Renaissance, p. 3i &) ;
« Sanglante fièvre
Te doint Dieu ! »
dit le Juge au « Bergier » d&ns notre Patelin (i'<^ édition Jacob, p. 99). — [Note du Traducteur.]
fait de déloyal. Autrement, il te faudrait aller -devant le juge ^. »
Les scènes entre Petrucius et Dromo ne se distinguent par rien d'original, sauf un bref monologue <i^entrée :
[Petrucius \] <k II va y avoir séance au tribunal. Cependant personne ne m'a chargé de défendre ses intérêts. Personne ne veut donc aujourd'hui me graisser la patte ^ ? »
Mais dans la scène de l'audience et dans celle qui vient immédiatement après, entre le valet et l'avocat, le poète a les mêmes tendances à caractériser d'une manière plus saisissante les situations par la vivacité du dialogue.
Dans la première de ces deux scènes, c'est Da-