‹ La farce de Patelin et ses imitationsChapitre 32 sur 81 · Henno, derhawer, spricht · texte numérisé non relu

Henno, derhawer, spricht

Fûrwar, die sach die ist gar sohlecht, Doch muss ich in fragen allein :

Begerstu auch der tochter mein ?

Dromo spricht :

Ja, mir gefelt die weidlich dirn Fur gfom ruben v/nd holtz-hiem, Fur hutzelwasser u/nd Ôppfelwein.

Wie inôcht sie mir denn lieber sein ?

Henno, der bawer, spricht :

Geh her, Abra ! sag auch mir I Gfellt Dromo zu eim gmahel dir f

Abra spricht :

Ja, vatter, auss der massn woî.

Mein hertz steckt gen im, liebe vol, Geleich wie ein esel mit fûrtzen.

« La noce, nous la voulons aujourd'hui même, « car il se trouve chez nous beaucoup de gens hono- <c râbles. Maintenant, soyez tous invités à vous a réjouir aujourd'hui avec nous, afin que notre joie « soit pleine et entière. Allons, mé'nétrier, une danse « du pays ^! »

Alors on danse [Da dantzt raan\ comme il est dit plus loin ; quand on a dansé, le héraut conclut ainsi [wenn man gedantzt hat, so beschleuss der ehrenholdt], c'est-à-dire avec la moralité.

Cette moralité est triple : d'abord, s'il y a dans une maison un homme buveur, joueur, fripon, la femme peut être aussi économe et travailleuse qu'elle voudra, le ménage va à la dérive. Ensuite, quand une maison a des gens de service perfides, ses affaires ne sont pas florissantes, et elle finit par se ruiner^. Enfin, quiconque a souvent affaire en justice, voit son fonds et ses bénéfices filer avec son homme d'affaires ^

La comédie se termine par une exhortation aux époux de vivre ensemble dans l'amour et la concorde, sans avoir de secrets l'un pour l'autre, et

1. Die hochzeît wô'l voir hahen heut, Weil bey uns sind vil erbar leut.

Nun seyd geladen allgemein, Frôhlichen heut mit uns zu sein.

Auff das werd unser freude gantz.

Mach auff spilmann, ein bawrendantz t

2. Sie komet auch nit auffgt^nes zweyg, Fint sicU zuletzt in dem auskeren.

3. Dem geht sein handel und gewin Auch niit dem, procurator hin.

par le vœu que chacun puisse se conduire d'après les préceptes précédemment formulés.

Ce suiei allemand, comme rappelle Gervinus, l'adaptation de Hans Sachs en donne aussi, pour ainsi dire, une bonne traduction allemande. Le langage du poète convient à merveille aux personnages qui le parlent, et il leur communique comme un souffle de vie plus puissant. De même, les amplifications du texte de Reuchlin, que nous avons examinées tout à l'heure, contribuent beaucoup à nous présenter les figures de la pièce sous des traits plus nets, avec un relief mieux accentué.

Faisons encore ici une remarque importante. Il y a deux points où le poème de Hans Sachs semble indiquer directement la farce française. Ainsi la couleur du drap qui devient matière à discussion est donnée comme bleue.

Danista : « Oici, je crois avoir.., donné... un drap

[bleu^. »

Le Drappier [à Patelin] : ,

Voulez-vous de ce pers cler cy ?

Cela ne se trouve pas dans le Henno, non plus que Taveu spontané de Petrucius, quand celui-ci a été trompé par Dromo :

a Tai aussi trompé plus d'wi homme en le me- « nant par le bout du nez devant la justice ; main-

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