Voir GoTTSCHED, op, cit., II, p
3. Beolco Angelo Ruzante naquit à Padoue en 1502. Son genre propre consistait à mettre en scène des paysans, des gueux ou autres personnages semblables, qu'il représentait avec une vérité de vie surprenante. Cf. Klein, op. cit., IV, p. 904.
un si rapide essor. Mais toutes ces considérations se réduisent à néant, quand on compare le sujet ici en question avec les fables qui servent de base aussi bien à la commedia deW arte qu'à la commedia erudita. La différence est si profonde , qu'il faut tout d'abord abandonner l'idée que ce sujet puisse avoir été la matière d'une telle comédie. C'est tout au plus si un ou deux traits pourraient en être transportés épisodiquement dans une comédie de cette sorte. Et c'est aussi réellement le cas. En effet, un épisode correspondant à la scène des Ble se trouve dans un auteur dramatique contemporain de Ruzante, dans GrazziNi, et il est intercalé sans cause particulière et sans suite dans la comédie de VArziffogoloK De plus, le même passage se trouve également traité dans une anecdote de Domenichi, qui appartient de même au xvi® siècle*.
Examinons ces deux passages d'un peu plus près.
La pièce comique de Grazzini manque d'unité
1. h'ArzigogolOf comédie d'Antoine-François Grazzini , de l'Académie de Florence, surnommé Lasca, Florence, 1750, tome IV du Théâtre comique florentin. — Le surnom de Lasca (= gardon) fut probablement donné à Grazzini à cause de son excellente santé, d'après le dicton italien : Sono con una lasca. Cf. notre dicton populaire : « Gras comme une loche. » — [Note du Traducteur.]
2. Facéties, mots et plaisanteries [en italien]. Venise, chez Dominique Farri, 1584, p. 226 et suivantes.
d'action et glisse dans les errements ordinaires de la comédie du xvi' siècle. Le sujet , en tant qu'il appartient à notre propos, est le suivant : Ser Alesso , le vieil amoureux, adorateur d'une dame assez âgée, Monna Papera, nourrit le désir de rajeunir pour plaire aussi à de plus jeunes dames. A peine son rusé valet Valerio est-il venu à le savoir, qu'il s'arrange de manière à lui parler d'un élixir qui a la vertu de faire d'un vieillard un jeune homme de vingt-cinq ans. Ser Alesso veut à tout prix posséder la merveilleuse liqueur, et Valerio la lui procure pour une somme d'argent, qu'il emploie justement, comme l'esclave de la comédie romaine , à servir le fils du vieux. En même temps il prie les gens de son entourage, entre autres Monna Papera môme, de le seconder dans ce bon tour, c'est-à-dire de montrer un grand étonnement à l'aspect subitement juvénile de Ser Alesso. Monna Papera va encore au-delà : elle déclare qu'elle ne veut rien avoir à démêler avec le jeune Ser Alesso, et qu'elle ne prendra que le vieux pour ami et pour futur époux*. Cette déclaration et d'autres ennuis encore, que sa jeunesse supposée lui occasionne, l'amènent à prier Valerio de lui rendre,